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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Moussa Yowanga/Ahmat Zéïdane Bichara

64707 10151554162762497 185645350 nMonsieur Makaïla Nguebla,vue l’importance des actualités qui se sont déroulées ce dernier temps dans votre pays, « Regards d’Africains de France » a le grand plaisir et l’honneur de vous avoir afin d’aborder avec vous sans détour l’essentiel de ce qui se passe dans votre pays et ici en France, désormais votre pays d’accueil.

RAF : Moins de quatre mois après votre arrivée en France, on apprend que vous venez d’obtenir votre statut de réfugié politique. En quoi c’est important pour vous d’obtenir le statut de réfugié ?

 

Makaila Nguebla : Merci chers frères et confrères Ahmat Bichara Zeïdane et Moussa Yowanga pour le travail informatif que vous accomplissez dans l’exercice de votre métier de journalistes pour couvrir l’actualité nationale. Avant tout, permettez-moi de remercier l’ensemble des organisations au niveau africain, français et international qui se sont mobilisées depuis le 7 mai 2013, à propos de mon expulsion du Sénégal. Aujourd’hui, l’octroi de ce statut de réfugié par l’Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides (OFPRA), confirme effectivement que je rempli pleinement les critères pour bénéficier ce précieux sésame et cela vient corriger les erreurs commises à mon égard par le gouvernement sénégalais. L’accord de statut de réfugié pour mon cas est d’abord une décision éminemment politique et la France a assumé sa responsabilité et son engagement international. Maintenant, je suis totalement sous la protection juridique et administrative des autorités françaises à qui je renouvelle mes profondes gratitudes de m’avoir accueilli sur leur sol. La France en acceptant de me délivrer un visa d’entrée sur son territoire a déjà montré un acte politique significatif qu’il faut prendre en considération et interpréter positivement. La suite des événements et de mon installation nous édifiera davantage sur l’avenir.

 

Comment avez-vous accueilli cette nouvelle vous annonçant l’obtention de votre statut de réfugié renouvelable tous les dix ans ?  

 

 Vous savez le statut m’a été accordé depuis l’Ambassade de France en Guinée, donc, c’est toujours un sentiment de satisfaction pour moi, ma famille, mes amis et tous mes soutiens du monde entier. C’est un satisfecit général pour les démocrates et hommes épris de paix, de libertés et de justice.

 

Que comptez-vous faire concrètement maintenant que vous avez un statut de réfugié vous permettant de voyager là où vous voudrez ?

   

Très bonne question ! vous savez, je dois désormais consacrer l’essentiel de mon temps à sensibiliser certains pays amis du Tchad à travers un travail de plaidoyer et de lobbying sur la situation qui prévaut dans notre pays depuis 23 ans où règne une dictature féroce et abjecte. Je dois rencontrer plusieurs institutions sous-régionales, régionales et internationales en vue de susciter chez elles de s’intéresser à la question tchadienne en vue de nous aider à trouver des voies et moyens pour changer la donne actuelle qui ne plait à personne.

 

Dans votre publication du 9 novembre 2013, vous titrez « la liberté de la presse : l’observateur veut prendre les propos de Deby au pied de la lettre ». Pensez-vous que les journalistes tchadiens qui vivent au pays peuvent encore inquiéter le président Idriss Deby ?

                 

En fait, Idriss Deby a habitué l’opinion publique nationale et internationale ainsi que les médias étrangers à des déclarations fantaisistes et flatteuses. Il est lui-même conscient que si les journalistes tchadiens bénéficient de totale liberté de presse, son régime ne survivra pas 48heures. Mais, vu que son message est destiné à la communauté internationale, on n’attend pas grand-chose de lui. Les journalistes tchadiens ne peuvent pas créer des difficultés à Idriss Deby dès lors qu’il est lui-même le principal prédateur de la liberté de pensée et de presse. Ce qui est sûr, il est pris dans son propre piège. Soit, il laisse les gens s’exprimer librement, soit, il est en porte à faux avec ses déclarations creuses.

 

D'après vous, que cherche monsieur Idriss Deby qui a d’abord attendu la présence du secrétaire général de l’ONU, Ban-Ki-moon pour déclarer : « qu’un monde sans presse est comme un corps sans âme? 

 

Une opération de communication de la présidence tchadienne. Idriss Deby a attendu une semaine pour présenter ses condoléances à Rfi et à la France en saisissant l’occasion de la visite au Tchad du Secrétaire générale de l’ONU. Il sait très bien que sa déclaration à un impact médiatique. Pour moi, c’est toujours de la poudre aux yeux. Idriss Deby n’intéresse plus la société tchadienne, mais, le pantin de la communauté internationale qui lui fait allégeance.

 

De quelle presse s’agit-il au juste ?  

 

Il s’agit de la presse internationale à qui il fait allusion, mais, la presse locale est celle qu’il a brimée et réprimée durant 23 ans.

 

A votre avis, le président tchadien est-il bien placé pour exhorter les journalistes à continuer de rechercher la vérité partout où elle se trouve ? Lui qui n’hésite pas d’enfermer ceux qui lui paraissent récalcitrants et qui empêche la publication sur les réseaux sociaux des informations dénonçant sa mauvaise gouvernance ?

 

Vous avez répondu à la question. Idriss Deby est un lui-même réfractaire et allergique à une presse indépendante et libre au Tchad. La preuve, la censure s’abat sur les sites et blogs tchadiens de l’opposition en exil qui ne sont pas accessibles dans le pays. Aujourd’hui, encore avec la nomination de son frère au poste des télécommunications, nous avons la certitude que le contrôle des communications au Tchad va s’intensifier dangereusement à l’instar des pays liberticides tels que la Chine, la Corée du nord et autres….

 

Croyez-vous que la plume du directeur de publication de l’hebdomadaire « L’observateur » est assez acerbe pour faire fléchir le président tchadien, quand on sait que l’ancienne directrice et Co- fondatrice du journal fut désignée par le Tchad pour assumer le rôle de porte-parole de l’ONU à Goma en RDC entre 2004 et 2005 ?

 

Vous savez, je vis à l’étranger depuis plusieurs années, votre affirmation n’est pas fausse. Il y a toujours des jeux de compromission qui caractérisent la société tchadienne. Cela ne me surprend pas dans la mesure où plusieurs responsables des médias locaux ont fini par atterrir comme directeur de communication à la présidence ou bien se trouvent attaché de presse à la primature. Mais de notre point de vue, la plume du directeur de publication de l’hebdomadaire ne pourra pas ramener Idriss Deby à la raison.

 

N’y a-t-il pas un « jeu malin » entre le président tchadien et monsieur Samory Ngaradoumbé, le directeur de publication de l’Observateur ?

 

S’il y a un « jeu malin » entre Idriss Deby et Samory, pour berner l’opinion publique, je pense que cela est dangereux pour le second.Car, aujourd’hui, le Tchad est l’un des pays le plus « monotorié » par les organisations internationales qui vérifient les actes que posent tous les journalistes.

 

Est-ce ce ne sont pas les informations qui font état d’un mauvais classement par les Reporters sans Frontières au classement mondial de la liberté de la presse qui commencent à faire fléchir le président tchadien ?

 

L'image du Tchad à tous les niveaux, est méconnaissable. Le classement de Reporters Sans Frontière (RSF), sur la situation de la liberté de la presse au Tchad, peut en être pour quelque chose. Il faut dire qu’Idriss Deby est dans une posture délicate au point qu’il est obligé de faire des concessions à tous les niveaux ce qui lui sera fatale.

 

N’est-ce pas aussi une façon de faire croire aux Reporters sans Frontières que le Tchad change de comportement à l’égard des médias indépendants, avec l’espoir de gagner un bon rang au prochain classement 2014 de la liberté de la presse ?

 

Mais non ! Au niveau de RSF, les gens ne sont pas dupes. Car, RSF a suivi de près la détérioration des rapports entre la presse et le régime d’Idriss Deby durant l’année 2013.Ce qui veut dire quelque soit le compromis que fera Deby, le Tchad sera sévèrement noté en 2014.

 

Peut-on réellement croire aux déclarations du président tchadien ?

 

Les déclarations d’Idriss Deby ressemblent comme toujours à des promesses électorales qui ne concernent que ceux qui croient ce qu’il dit.

Vous avez publié le 8 novembre 2013 une image des jeunes patriotes de la Diaspora tchadienne de France qui appellent leurs frères et leurs sœurs tchadiennes et les organisations solidaires à un rassemblement citoyen lors de la cérémonie de moulage de Toumaï à l’UNESCO le lundi 11 novembre 2013 à 11 h pour montrer leur mécontentement contre le régime de N’Djaména.

 

Pourriez-vous nous dire d’où proviennent ces patriotes ?

 

Tout à fait, il s’agit d’une initiative des Tchadiens vivant en France qui veulent se faire entendre par rapport à l’arrivée à Paris d’Idriss Deby. Ce sont des réfugiés et demandeurs d’asile tchadiens qui sont écœurés par la situation des violations des droits de l’Homme et des libertés et la confiscation du pouvoir par une oligarchie clanico-régionale. Ils entendent protester contre l’exploitation par Idriss Deby du patrimoine national à des fins politiques pour soigner son image internationale alors que sur place les réalités sont douloureuses pour nos compatriotes restés au pays.

 

Sont-ils compétents dans leur lutte contre le régime dictatorial de leur pays, lorsque l’on sait que l’un de leurs responsables avait offert en septembre dernier un toit pendant plus d’une semaine ici même en France à l’un des pilotes d’Idriss Deby ?

 

La légitimité de cette initiative est d’abord citoyenne et impersonnelle. Donc, s’il y a des personnes qui se sont permis de faire cela, elles se reconnaîtront dans votre question.

 

Pourriez-vous nous décrire ce que vous avez déjà vu et entendu de la manière où les opposants au régime tchadien s'organisent et leurs moyens de lutte ?

 

Vous savez, ce n’est pas facile de gérer ses activités politiques en tant qu’opposant et la vie au quotidien des dures réalités d’exil. Les gens font déjà des efforts pour dénoncer et attirer l’attention de l’opinion publique sur le drame actuel. Le mérite serait de les encourager.

 

Existe-t-il des vrais opposants au régime tchadien ?

 

Il y a des gens intègrent qui refusent toute compromission politique avec le régime. Ceux là, on dirait qu’ils sont de vrais opposants.

 

Et avez-vous remarqué la présence des faux opposants au président tchadien depuis que vous êtes à Paris ?  

 

Oui ! Il y a de faux opposants en France. Car, on ne peut réclamer le statut de réfugié politique et être avec l’Ambassadeur du Tchad du matin au soir. Le moment viendra où ces derniers seront démasqués.

 

Des informations provenant de N’Djaména nous font état d’une division entre le clan de Deby qui lutte pour que Zakaria Idriss Deby prenne la relève de son père en cas d’empêchement pour raison de santé. Et de l’autre côté il ya celui de Mahamat Ali Abdallah et Daoussa Deby Itno qui n’admettait pas qu’un autre Zaghawa prenne le pouvoir, sauf Zakaria Idriss Deby ?

 

Je ne me remets pas en cause ces informations. Nous sommes au stade des rumeurs. Mais si Idriss Deby prétend céder son pouvoir à son fils Zakaria, ça sera une révolte générale sur l’ensemble du territoire. Je pense sincèrement qu’il n’y osera pas. Je vous dis que ni Mahamat Ali Abdallah encore un autre Zaghawa n’envisagera reprendre le pouvoir après Idriss Deby. Si c’est le cas, qu’est-ce qui justifie notre exil ?

 

Les Tchadiens seront-ils toujours d’accord qu’un Zaghawa remplace un Zaghawa ?

 

Le Tchad appartient à tous les Tchadiens y compris aux Zaghawas qui doivent comprendre cette fois-ci qu’après Idriss Deby, il n’y aura pas un autre Zaghawa qui le remplacera. Idriss Deby est aussi conscient de cet état des faits.

 

Peut-on parler des retombées positives par rapport à ce que vit le peuple tchadien, trois mois après votre rencontre avec les parlementaires européens à Bruxelles ?

 

Les retombées de la rencontre avec les parlementaires ne sont pas encore signalées, car, les investigations sont en cours et les gens travaillent d’arrache-pied sur la question tchadienne. Vous le saurez bientôt ! Je vous remercie

Propos recueillis par Ahmat Zeidane Bichara/Moussa T. Yowanga

 

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