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France

 

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Publié par Nabila Hamdani

 

 

 

 

Nabila Hamdani

Le 7 août 2010, la censure sur les journaux soudanais est enfin levée. Voilà ce que nous apprend un communiqué de presse  de Reporters Sans Frontières.

 Porte-parole du gouvernement, le directeur de communication de l’appareil de sécurité tente d’expliquer les raisons de cette censure préalable. Une mesure qui apparaît comme évidente puisque la presse soudanaise relayait de fausses informations. Attitude jugée inacceptable. Ainsi, le directeur de la communication n’hésite pas à condamner les organes de presse et à les accuser de vouloir briser sinon fragiliser les relations entre le Soudan et les pays voisins. Des médias qui prennent des allures de propagandistes. Des informations deviennent des messages subliminaux de haine et de division. « Face à un tel problème de sécurité nationale, que faire ? » se demande alors le gouvernement. Et la sentence ne tarde pas à tomber. « Limitons la liberté d’expression, évitons que le peuple soudanais n’en sache trop. Le début d’une rébellion signifierait la fin d’un Etat fort ».

Et comme le veut le bon sens, après avoir flagellé les journalistes, voilà que le directeur de la communication est maintenant chargé de les caresser. Flatteries en tout genre, félicitations officielles devant une assemblée de soudanais, éloges à n’en plus finir. Une récompense méritée pour ceux qui agissent de façon positive avec les instructions et qui n’hésitent pas offrir leur aide au personnel des services de sécurité. Mais en parfait orateur, le directeur de la communication rappelle aux médias le principe de l’autocensure. Un bon moyen de prouver à qui souhaite l’écouter que la presse jouit de son entière liberté. Il rappelle à chacun son sens des responsabilités et sa capacité à taire une ou plusieurs informations si elle constitue un danger pour la sécurité nationale. Les autorités soudanaises étant toujours prêtes à intervenir selon le droit constitutionnel en cas de menace pour la stabilité du pays. Un droit constitutionnel qui pourtant ne semble pas exister au Soudan mis à part dans l’esprit des officiels. Cet argument d’autorité ne serait-il pas, à en juger l’annonce plus que douteuse du directeur de la communication, davantage un leurre pour tromper la scène internationale ? Effets de manche, discours pompeux. A vouloir trop en faire, les autorités soudanaises ne font qu’éveiller les soupçons.

Officiellement, la censure est levée…

Mais officieusement, il est évident que la situation restera inchangée. Et que le gouvernement soudanais aura bien sûr le droit de jeter à tout moment un coup d’œil par-dessus l’épaule du journaliste. Aussi pénible que cela puisse paraître, certains sujets sensibles comme la question de l’autonomie du Sud-Soudan seront à bannir. Et tous les moyens sont bons pour se faire obéir. Egalement la distribution en juillet d’un questionnaire à l’ensemble des journalistes. Les informations demandées portées sur leur conviction politique, leur adresse et plans détaillés de leur maison, l’identité et profession de leur proche ainsi que le numéro d’immatriculation de leur véhicule. Une véritable campagne d’intimidation. Et les plus réticents ont été invités aux bureaux de la sécurité nationale et prier de répondre aux questions des agents. Reporters Sans Frontières n’hésitent pas à souligner l’atteinte aux libertés individuelles et ne cachent  pas leur inquiétude quant à la sécurité des journalistes. Ils se disent même choqués.

Depuis le 9 août, la BBC n’a plus le droit de diffuser le service arabe sur les ondes FM du pays. Une décision qui émane du régime soudanais et qui ne fait que confirmer ce que l’on craignait tous. A savoir priver le peuple soudanais d’un des moyens d’information les plus importants du pays. Et si la BBC semble plus qu’optimiste quant à l’issue favorable des discussions, nul ne peut nier que la liberté de la presse au Soudan reste un sujet plus que sensible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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