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France

 

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

(Syfia Grands Lacs/Rwanda) : L'eau que doivent souvent apporter les élèves rwandais à l'école leur sert à la fois à boire et à nettoyer leur établissement. Sans hygiène, ils attrapent de nombreuses maladies des mains sales qui perturbent leurs études.
                                                     Diane Uwanyirijuru

Chaque matin, les écoliers, qui égaient sentiers et chemins dans les collines rwandaises, transportent non seulement leurs sacs avec leurs livres et leurs cahiers, mais des récipients pleins d'eau, petits jerrycans ou bouteilles en plastique, dont la propreté laisse souvent à désirer. L'eau sert à étancher leur soif et souvent à nettoyer leurs établissements. Dans cette école primaire de Muhanga au sud du Rwanda, par exemple, les élèves doivent nettoyer les toilettes avant de commencer les cours. À l'aide de balais, raclettes et jerrycans, sans avoir les mains ou les pieds protégés, ils évacuent les saletés. Ce matin de mars, deux petits ont failli en venir aux mains, l'un voulant utiliser toute l'eau d'un petit jerrican plein de poussière et de saletés pour nettoyer les murs des toilettes, l'autre voulant garder la moitié du précieux liquide. "Ne verse pas toute mon eau : je veux en garder pour boire, car il fait très chaud", dit-il.  En effet, de nombreux centres scolaires du pays ne sont pas raccordés au réseau. Chaque élève doit apporter son eau, faute de quoi les sanctions des enseignants pleuvent. "Ici comme ailleurs, l'eau apportée et consommée par les élèves est puisée dans les marais, dans les flaques d'eau ou au robinet et doit, dans tous les cas, être purifiée pour devenir potable", témoigne un animateur de santé de Kamonyi, Sud. 
Maladies des mains sales

De plus, les récipients utilisés à l’école sont rarement nettoyés. Les enfants s’en servent à la fois pour boire et pour nettoyer. Inutile donc de se demander d'où viennent les "maladies des mains sales" dont souffre une bonne partie des élèves du primaire. Une étude menée en 2007-2008 par le ministère de la Santé en collaboration avec le projet Access de l'Université de Columbia, sur la prévalence des vers intestinaux, révèle que 65 % des enfants d'âge scolaire souffrent de vers intestinaux et 69,5 % de bilharziose. "Les enfants peuvent, à travers ces objets sales, attraper les verminoses comme les amibes, trichomonas, ascaris,...", précise Alice Akingeneye, une infirmière de Muhanga.

"Nous reconnaissons qu’il y a de la saleté. Mais nous ne sommes pas en mesure de payer un ouvrier pour assurer l’hygiène de toute l'école, reconnaît le directeur d’une école primaire publique. L’école fait tout son possible pour sensibiliser les enfants à porter des chaussures et laver leurs vêtements au moins deux fois par semaine". La plupart des écoles publiques n'ont pas de budget pour le ménage. "Les enfants perdent trop de temps à nettoyer les écoles et à se faire soigner des maladies d'hygiène au lieu d'étudier. C'est pourquoi les résultats des écoles publiques restent médiocres", estime un parent de Gitarama, Sud.

 Mauvaise santé, mauvaises études
"Plus de 30 écoliers des 1re et 2e années ont passé plus d'une semaine, en février, sans venir à l’école. La plupart souffraient de vers intestinaux, dit une enseignante de l’école primaire de Gahogo à Muhanga. Ce retard affecte leur réussite aux tests et examens. Les enfants qui sont toujours malades ont de mauvais résultats. Pourtant, ceux qui sont victimes des maladies des mains sales ne sont pas nécessairement ceux qui viennent des familles pauvres, mais ceux qui sont toujours sales". Mme Nyiramana, dont deux enfants ont eu des vers au début de l’année, est en colère et estime que l’école devrait être plus vigilante: "Nous faisons tout notre possible à la maison pour assurer l'hygiène des enfants. Mais à l'école, ils attrapent des cochonneries. Les enseignants devraient regarder de plus près." De petites initiatives qui ne coûtent pas grand-chose pourraient limiter les risques. L’initiative Kandagira ukarabe (Pédale et lave-toi) permet par exemple de se laver les mains sans toucher au récipient. En appuyant sur une pédale en bois reliée par une corde à un jerrycan suspendu en hauteur, celui-ci s'incline et l'eau coule. Ce dispositif est utilisé actuellement dans les lieux publics comme les marchés et les hôpitaux…

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