Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                                    Fulgence Niyonagize

(Syfia Grands Lacs/Rwanda) Les démunis sont devenus la poule aux œufs d'or de certains responsables d'association au Rwanda. Ceux-ci n'hésitent pas à inscrire des personnes fictives ou leurs proches sur les listes des bénéficiaires des aides... Les contrôles se multiplient.

 

Au début de l’année scolaire, des élèves de Muhanga, au sud du Rwanda, qui étaient pris en charge depuis trois ans par des associations, ont été surpris de ne pas se retrouver sur les listes des enfants à aider. C’est le résultat du contrôle de CHAMP (Community HIV/AIDS Mobilization Program), une Ong qui aidait les associations locales à subvenir aux besoins des pauvres et des personnes vivant avec le VIH. "Tout a commencé à la fin de l’année 2009, quand certaines associations ont été obligées de transférer leurs enfants dans une autre association, SWAA Rwanda, car leur budget était épuisé”, explique une femme qui a fait des contrôles physiques de ces jeunes. En effet, ajoute-t-elle, au début, ces associations transmettaient régulièrement des listes à CHAMP. Mais peu à peu, elles ont cessé de le faire : leurs responsables "inscrivaient un seul enfant sous trois noms différents, avec un père ou une mère différente, d’autres étaient fictifs… Après ce contrôle, les vrais enfants à aider ont été réinsérés et les autres rejetés”, poursuit-elle.

 

Les aides destinées aux plus démunis sont ainsi trop souvent détournées par ceux qui dirigent les associations chargées de les distribuer agissant sans véritable contrôle. De nombreuses supercheries ont ainsi été découvertes. Ainsi, alors que certains inscrivaient ces enfants fictifs pour détourner leur argent, d'autres, à qui étaient destinées initialement ces aides, faute de moyens, ne pouvaient pas aller à l’école. Selon, S. Jean de Dieu, qui fait des audits dans les coopératives et associations, c'est le manque de surveillance qui facilité ces détournements et ces vols dans les associations où les plus hauts placés et leurs proches sontintouchables. Il raconte ainsi le cas d’un gérant d’une coopérative saisi par la Justice : "Il utilisait l’argent comme il voulait, sans justifier les sorties de fonds. J’ai montré, partant des factures et d’autres justificatifs, le déficit de la coopérative et j’ai laissé la Justice faire son travail."

 

Tricheries en tous genres

Dans les écoles secondaires, le Fonds d’assistance aux rescapés du génocide (FARG) procède lui à des contrôles rigoureux des élèves qu’il prend en charge depuis 2006. Ceci après avoir constaté que non seulement certains directeurs inscrivaient des élèves qui n'existaient pas sur les listes, mais aussi que ceux qui n'étaient pas concernés, en connivence avec les autorités de base, obtenaient des papiers de rescapés et touchaient de l’argent. "Aujourd’hui, il y a des comités d'élèves qui connaissent les enfants rescapés. En plus, il y a des contrôles physiques réguliers. Nous faisons attention parce que nous risquons l’emprisonnement si ces tricheries arrivent chez nous",affirme Murekezi, comptable dans une école secondaire au Sud.

Ces fraudes n’affectent pas seulement les écoles. L'agent d’une Ong, qui œuvre pour la promotion des artisans locaux, dévoile comment une présidente d’une coopérative de Muhanga trompait ses collègues. "Elle récupérait l’argent des produits fabriqués et en payait seulement la moitié à ses membres et mettait l’autre partie dans sa poche. Nous ne l’avons découvert que quand, curieuses, deux femmes de l'association sont venues s’informer sur le prix." Après vérification, l’Ong s’est rendu compte que la femme avait volé plus de 500 000 Frw (870 $) à ses membres. En outre, elle présentait à différents bailleurs une coopérative de plus de 200 membres alors que moins de dix sont opérants, confie cet agent.

De même, en 2008, le ministère de l’Éducation à travers le SFAR (Student Financing Agency for Rwanda) a demandé à tous les étudiants qui veulent bénéficier d'une bourse d’études de montrer leur attestation de pauvreté émanant des autorités de base. Tous, même ceux qui ont des parents occupant de hautes places dans l’administration rwandaise, l'avaient obtenue sous prétexte "qu’ils sont des pauvres sans moyens de se prendre en charge à l’université". Pour être financées, les associations doivent maintenant inspirer confiance. C'est ainsi que l'USAID/Higa Ubeho a choisi cette année d'aider Caritas Catholique, l’Église presbytérienne du Rwanda (à Muhanga) et d’autres associations sérieuses parce qu’"après contrôle, confie un de ses agents, nous avons remarqué qu’elles ne font pas de favoritisme, quand elles sélectionnent des enfants à aider.”

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article