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France

 

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Publié par Sosthène Musonera Beni

 

(Syfia Grands Lacs/Rwanda) Depuis deux ans, au Rwanda, les parents peuvent gratuitement faire opérer leurs enfants nés avec un bec de lièvre. Ces derniers retrouvent ainsi le sourire et ne sont plus regardés comme une curiosité par le reste de la société.

 Assises sur des bancs de l’hôpital Rwamagana (Est du Rwanda), des mamans sont visiblement contentes. Certaines sont venues de bonne heure. D'autres ont carrément passé la nuit à proximité. Pauvres pour la plupart, elles sont venues de divers coins du pays pour faire soigner gratuitement leurs enfants qui souffrent d'une anomalie congénitale : le bec de lièvre. Egalement appelée "fente labiale" et/ou "fente palatine", cette malformation du bas du visage est détectable dès le stade fœtal. Elle se caractérise par une perte de substance de la lèvre supérieure et une fente sur la bouche qui va parfois jusqu'au nez.A l’hôpital de Rwamagana s'est déroulée, entre le 27 avril et le 4 mai dernier, l'opération Smile, destinée à arranger les malformations de ces enfants jadis marginalisés ou moqués par le reste de la société. Joselyne Nyiramahirwe est venue du district de Nyagatare, à la frontière du Rwanda et de l’Ouganda, avec son enfant de 7 mois. Dans la salle d’attente, elle manifeste sa joie de voir sa fille bientôt opérée : "J'ai deux jumelles. Celle-ci est la seule née avec un bec de lièvre. Le médecin m'a dit de la faire soigner au plus vite. C'est un moment miraculeux pour moi de la voir bientôt devenir comme sa jumelle !", ajoute-t-elle, impatiente de voir son tour arriver.Les docteurs encouragent en effet les parents à faire soigner très tôt leurs bébés (à l'âge de 9 mois environ), car cette anomalie peut causer d'autres problèmes de santé. Un bébé né avec un bec de lièvre avalerait notamment beaucoup plus d'air par sa bouche, ce qui exposerait son système respiratoire à de nombreuses infections. Selon Rwanda Smile, association qui collabore avec le ministère de la Santé, 4 000 personnes souffrent de cette malformation au Rwanda. Selon cette organisation, 250 à 300 bébés naissent chaque année avec ces fentes labiales. Depuis deux ans, le ministère de la Santé a mis en place, dans trois hôpitaux du pays - Rwamagana (Est), Ruhengeri (Nord) et Gihundwe (Ouest) -des centres de chirurgie et de soins.

 "Comme un nouveau-né":Les patients téléphonent à Rwanda Smile ou vont directement dans ces centres de santé qui recensent les cas à opérer. Des équipes de médecins y viennent ensuite deux fois par an et opèrent les enfants enregistrés. Ces hôpitaux voient affluer des patients de tous âges. Plus de 1 800 personnes auraient ainsi été opérées.Dans les familles, les enfants ne sont plus une honte pour les parents. "J'étais obligé de lui mettre un petit tissu sur la bouche… Souvent, les voisins l'entouraient pour observer cet enfant étrange à leurs yeux"se souvient Godelive de Ngoma (Est). Certains ont été même envoyés loin de chez eux. Zacharie se souvient du calvaire de son petit frère actuellement âgé de 15 ans et guéri de sa malformation : "Certains d'entre nous ne savaient même pas qu'ils avaient un frère ! Il avait été envoyé chez notre grand-père pour apaiser la honte et les moqueries. Actuellement, c'est un bon adolescent !", se réjouit-il pour son cadet qui a retrouvé le sourire après avoir tout de même passé 15 longues années loin du toit familial…De leur côté, les adultes opérés interpellent les parents. James Ngarambe, récemment opéré, confie : "J'ai passé 20 ans dans la honte et le mépris de mes proches et voisins. Rien ne pouvait me faire rire. Après l'opération, je me vois comme un nouveau-né. Je suis confiant en moi-même." Il ajoute que s’il ne s'est pas fait soigner avant, c'était à cause des coûts. Une difficulté qui n'est plus d'actualité, grâce à Rwanda smile, qui prend en charge la totalité de l'opération. "Les enfants aujourd'hui ne sauront jamais qu'ils ont eu un bec de lièvre, parce que c'est vite fait et à l’âge avancé aucune trace de la malformation n'est plus observable", se réjouit James.Fort de ces premiers résultats et pour avoir dans chaque coin du pays un hôpital capable d’être un centre d'opération, le ministère de la Santé veut inclure dans son dispositif l’hôpital militaire de Kanombe et le centre hospitalier universitaire (Kigali), de même que l’hôpital de Butaro (Nord).

 

 

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