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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

  

Tout commence en décembre 2008 à la veille de l'année 2009, précisément un 31 décembre. Je cherchais à souhaiter les vœux à mes proches. Je me suis: "pour la nième fois je vais tenter de joindre ma meilleure amie ivoirienne que j'ai perdue de vue depuis que la crise a éclaté  dans ce pays. Surprise. ça marche. Quelle joie ! Mais tout de suite, un détail m'a tiqué : son numéro que j'ai toujours connu est avec son beau frère. Je cherche à comprendre. Elle me dit  qu'elle est partie de chez son type (pas de mariage mais père de ses 3 enfants) parce qu’il y avait des problèmes. Mais pourquoi son frère a ton numéro?  "C'est long à expliquer" me dit-elle "mais je te raconterai quand tu viendras". Effectivement, on a fait un programme pour que je vienne la voir depuis août mais entretemps j’ai eu des soucis avec mon ordi. Les choses se sont compliquées et finalement c'est en ce décembre que je me retrouve ici après  un voyage en train, plus que  long et difficile, je dirais. Moins de 1100 km en deux jours (quitter Ouaga samedi pour arriver à Abidjan lundi). Je n'avais pas trop de choix mais surtout pas la bonne information pour m'accrocher à un autre moyen de transport. Bref, clopin clopan, je suis quand même arrivée à destination.

Comme il y avait trop d'arrêts, je m'ennuyais et appelais ma copine pour bavarder et elle était trop contente qu'on se rencontre après pratiquement neuf ans de séparation. Le dernier coup de fil, c'était à partir de Bouaké, la capitale de la rébellion comme on l'appelle. Elle était super contente. Quelque soit l'heure d'arrivée, appelle moi et je viendrai te chercher" me dit-elle. C'était dimanche aux environs de 20h. Le train stationne le lendemain à la gare d'Adamé en plein cœur d'Abidjan à 8 h du matin. J'appelle aussitôt mon amie. Pas d'enthousiasme dans la voix. Pire, elle me fait le plan de là où elle se trouve et me demande de prendre le taxi et qu'elle m’attend en route." Mon sang fait un tour et la panique me gagne un peu. Je n'arrive pas à bien saisir ce qu'elle me disait.

Je passe le téléphone à une autre dame qui la comprend  et la bonne dame appelle un taxi, me met dedans et... destination la maison. Et là je me rends compte que ma copine a regagné le domicile du père de ses enfants mais pas trop de surprise car je n'ai eu aucun problème avec ce monsieur que je connaissais déjà quand nous  étions  étudiantes. Ma copine y  habitait quasiment avant mon retour dans mon pays.  Je venais lui rendre visite et tout se passait très bien... A l'instant T où elle m'accueille en ce 21 décembre, intérieurement je me pose une grande question : " Mais pourquoi elle ne m'a jamais dit qu'elle s'est réconciliée avec son gars?" Par politesse, je ne pose pas la question à haute voix...Elle reçoit correctement... Je me lave, je mange... Tout se passe vite car le voyage a duré deux jours et  je voulais aussi me reposer. Quand j'ai fini de manger ma copine se lève, attache son enfant de deux ans au dos et me dit "repose toi, je reviens tout de suite..." Où vas-tu ? Lui ai-je demandé. "Je vais régler un problème sérieux. et j'arrive tout de suite". 

 Mais surprise car à peine dix  minutes après ma copine revient et me dit: "lève toi, on va partir ensemble". La panique me gagne: "Où allons-nous ma copine?" " Allons, je vais t'expliquer en route." "Je prends mon sac à main?" "Oui, c'est mieux, il faut prendre et allons". Je commence à m'inquiéter sérieusement mais je suis quand même ma copine. On monte dans un taxi. Et subitement, elle lance une phrase. "Aujourd’hui là, j'irai pleurer devant mon mari, tomber à genoux devant lui, le supplier." Je n'y comprenais rien. "Mais qu'est ce qui se passe Colette?" lui ai je demandé en élevant plus ou moins le ton. Je ne pouvais pas imaginer la réponse à ma question: " Tu sais, quand tu m’as dit que tu venais, j'en ai parlé avec mon mari, il a été d'accord et très content même que tu viennes mais ce matin (c'est dire au moment où le train se garait à Adjamé), j'ai eu un coup de fil d'un jeune de notre église me demandant 1000 FCFA.

Mon mari a suivi cela et  a fait  beaucoup de problèmes me traitant de femme infidèle, et il m'a dit: "Comme tu es infidèle, cherches où tu vas loger ta copine mais pas dans ma maison". Je ne sais pas s'il faut pleurer ou il faut rire. " Et où tu m'amènes maintenant?" lui ai je demandé. "A son boulot, (le mec est un douanier) il est en mission sur la route de Dabou, on y va ensemble, je vais le suplier et en te voyant, il va peut être revenir à de meilleurs sentiments". Après une correspondance, on arrive donc au service de son type (pas de fatia, pas de mariage, rien donc il n'est même pas son mari mais quand même le père de ses trois gosses). Mais quelle humiliation? Le monsieur a fait comme s'il ne m'a jamais vue un jour... Il a une mine de chien pour ne pas dire patibulaire. Quant à ma copine, elle tremblait de tout son corps, au bord des larmes. Bizarrement, la situation m'amuse un pu. Une situation bizarre qui me fait plus que mal et pitié en même temps. A la barrière donc, après un temps de je ne sais quoi (discussion peut être), un douanier qui est en service avec le gars de ma copine, vient nous dire, du moins à ma copine : "Ton mari dit qu'il reste sur sa position".

Elle est au bord des larmes mais je me mets à rire pour l'en dissuader... Je croyais rêver. Je ne comprends pas le rapport entre mon arrivée et le coup de fil que ma copine "a reçu d'un jeune de l'église" qui est aussi fréquentée par ce monsieur... Après, j'ai causé longuement avec mon amie, et j'ai compris qu’elle est embarquée dans une secte ou une église à tendance sectaire. Elle est complètement isolée, manipulée, pas de contact même avec sa propre famille... Dès lors qu'un certain nombre de personnes connaissent son numéro de téléphone, on l'oblige à le changer. C'est pourquoi il était difficile de la joindre alors qu'un de ses beaux frères avait l'un de ses anciens numéros. Elle est totalement "embrigadée". Elle vit un drame à mon avis mais elle manque aussi de courage pour se tirer de là. J'ai peur pour elle.

 Elle est sortie deux fois (plus d'un an ailleurs) de là mais elle est revenue sous prétexte que le monsieur ne s'occupait pas des enfants alors qu'elle est salariée de la fonction publique avec presque 350 000 frs par mois. N'y a t-il pas de justice dans ce pays? Franchement, je n'y comprends rien. Je ne sais pas pourquoi elle a accepté que je vienne sans me dire ce qui se passait réellement dans sa vie. Sa réponse: "Si je t'avais dit la vérité, tu ne serais pas venue".J'ai pitié. Elle m'aime bien mais elle est dépassée. J'ai mal qu'une femme (enseignante de français au second cycle) avec un bac plus cinq soit dans cet "ouragan". N'ayant pas d'autres cartes à sortir tout de suite pour avoir où loger, j'ai essayé d'entrer en contact avec l'ami d'une cousine mais trop compliqué tout cela... néanmoins, j'ai dormi deux jours chez elle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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