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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara


(Syfia Belgique) Après le commerce et le tourisme dits équitables, d’autres secteurs cherchent à établir des relations de ce type entre le Nord et le Sud. Dernière-née : la musique équitable. Une notion encore floue, discutée, mais porteuse d’espoirs pour les artistes d’Afrique.
                                                           André Linard
 
Les festivals de musique du monde organisés cet été en Belgique ont remis en débat l’enjeu de la notoriété des artistes africains. Si Couleurs café, fin juin, fidèle à sa nature plus commerciale, a programmé de grands noms (Alpha Blondy, Amadou et Mariam…), le festival altermondialiste Esperanzah, début août, a confirmé sa vocation à faire découvrir des artistes moins connus (Tiken Jah Fakoly), voire très peu (Fredy Massamba, Bassekou Kouyaté et quelques autres). L’équipe du magazine belge Imagine-Demain le Monde a diffusé sur le site d’Esperanzah un dossier spécial pour tenter de populariser la notion de "musique équitable" qu'il définit par ″une rémunération plus juste pour les artistes, une réduction des intermédiaires, un juste prix pour les acteurs, une plus grande transparence, le respect des droits sociaux élémentaires.″  À peine le principe du commerce équitable commence-t-il à être connu du grand public que déjà l'équité cherche à s’étendre à la musique. La célèbre encyclopédie en ligne Wikipédia affirme : ″

La notion de musique équitable a pour objectif d'appliquer les principes du commerce équitable à la musique. Elle insuffle de nouvelles valeurs dans l’industrie musicale et permet de créer des rapports plus solidaires, équitables et transparents entre ses différents acteurs. La suppression des intermédiaires est l'un des fondements de la musique équitable.
Mais encore ? Concrètement ? Le commerce équitable consiste à mieux rémunérer les producteurs de biens, généralement dans les pays du Sud, à condition que ceux-ci respectent certaines conditions sociales et environnementales. Dans le même esprit, le tourisme équitable favorise des prestataires qui, à la différence des grands opérateurs du secteur, font bénéficier la population des retombées de leurs activités. Le concept est moins clair appliqué à la musique. S’agit-il de mieux payer les artistes des pays du Sud qui respectent certaines conditions ? Et lesquelles ? Pas si simple !

 

 Se faire connaître en ligne

Chez les organisateurs d’Esperanzah, on se demande même si l'expression "musique équitable" n'est pas source de grande confusion. Pour Jean-Yves Laffineur, le directeur du festival, ce terme renvoie surtout à la question de la diversité musicale et culturelle. Il y a un énorme dysfonctionnement dans le marché de la musique, qui est aux mains d’une poignée de majors (multinationales de la culture, comme Universal, Ndlr). Celles-ci visent avant tout la rentabilité, alors que de nombreux artistes peinent à émerger. Or, pour contourner les majors, il faut se faire connaître. L’Internet le permet, mais encore faut-il se faire repérer sur la toile. En attendant, il faut vivre, dans des pays où généralement, comme le note Fredy Massamba, congolais vivant en Belgique, les artistes sont peu respectés.

C’est là qu’intervient la musique équitable, d’abord en offrant une visibilité à des artistes méconnus, africains notamment. Ce qui suppose de franchir pas mal d’obstacles avant d’acquérir une notoriété suffisante. Tiken Jah Fakoly, ivoirien exilé au Mali, raconte qu’il a commencé dans son village natal, avant d’y faire la connaissance d’un couple français qui s’est intéressé à lui, jusqu’à l’amener, de fil en aiguille, au Zénith de Paris. Mais tous n’ont pas cette chance. Les sites de musique équitable comme www.fairtrade-music.com, en France, ou www.muziekpublique.be, en Belgique, ouvrent donc des portes. Ce dernier site a édité son premier album en 2008 : celui de Malick Pathé Sow, sénégalais et spécialiste du hoddu, un instrument peul. Les initiateurs de ces sites permettent d’écouter en ligne des artistes lointains et organisent parfois des concerts.


Mieux payés, parfois

Les premiers avantages de la musique équitable sont donc, du côté du public, la découverte d'artistes très divers qui, sans cela, resteraient ignorés et, du côté de ceux-ci, une meilleure visibilité. Parfois, cependant, la démarche va plus loin et s’attaque aux conditions de rémunération. En Belgique toujours, l’association Colophon Records a déjà produit 34 titres de musique traditionnelle, de Birmanie comme de Cuba, en passant par le Sénégal, la Mauritanie, le Soudan… Comme dans le commerce équitable, les artistes reçoivent leurs droits d’auteur avant la diffusion du disque qui peut s’étendre sur des années.

Des droits qui ne sont pas obligatoires pour la musique traditionnelle, tombée dans le domaine public. Colophon ne s’intéresse pas à des musiciens connus, mais à des communautés, comme ces femmes de Malemba, à l’est de Dakar, au Sénégal, où l’enregistrement de Niani, un CD de musique mandingue, a donné naissance à un groupement d’intérêt économique qui devrait devenir porteur de projets locaux. Malgré ces pratiques, la notion de musique équitable n’est pas encore claire. Les interlocuteurs ne semblent pas toujours parler la même langue. Certains parlent de musique éthique, invoquant des nuances que le profane a parfois du mal à comprendre. Mais après tout, le commerce équitable aussi a eu besoin de quelques années pour se définir, et il fait aussi encore parfois l’objet de débats.

 

 

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