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France

 

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

fite à tous(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Fini les désordres dans les cimetières de Lubumbashi où retrouver la tombe d’un être cher était un casse-tête quelques années à peine après  l’enterrement. La mairie les gère désormais correctement grâce à la contribution des habitants qui payent sans hésiter la taxe funéraire.

 

                                                      Régine Kapinga(Syfia)

Sept ans après l’enterrement de son père au cimetière Pengapenga, à 10 km au sud de Lubumbashi (chef-lieu du Katanga, sud-est de la RDC), Alpha Mukuna est allé poser une pierre tombale là où repose le défunt. Son soulagement était grand, car il n’a pas eu beaucoup de peine à retrouver la sépulture. "J’ai juste donné la date de son enterrement au service d’inhumation de la mairie. Ils ont vérifié dans leurs registres et m’ont indiqué l'endroit", raconte-t-il, heureux. Au cimetière, il a retrouvé la vieille croix en métal sur laquelle avait été inscrit le nom de son défunt père.

À quelques mètres de là, une autre famille venue enterrer un enfant est aussi bien accueillie. "Il n’y a pas 30 minutes que nous sommes arrivés au cimetière. Le surveillant nous a juste demandé les quittances de la mairie. Quand on les lui a montrées, il a enregistré les coordonnées dans son cahier puis nous a indiqué la tombe déjà creusée", explique un membre de cette famille éplorée. Ces trois dernières années, les Lushois (habitants de Lubumbashi) qui se rendent dans les différents cimetières de la ville pour un enterrement, poser une dalle ou une gerbe de fleurs sur une tombe ne se perdent plus comme c’était souvent le cas auparavant. Ils constatent que les services qui leur sont rendus se sont beaucoup améliorés. Cela tient à l’organisation et à la bonne gestion des fonds funéraires par la mairie, qui contrastent avec la pagaille observée dans la plupart des cimetières de grandes villes de la RD Congo.

 

Des formalités administratives simples

La bonne organisation des services funéraires encourage les habitants à s’acquitter sans rechigner de leurs taxes avant l’enterrement. "Parfois les gens ont peur et pensent que les services de l’État coûtent cher, fait observer Jean Marie Mutolwa Kibuye, chef de l’administration générale et gardien des cimetières de Lubumbashi, chargé aussi d’informer les gens sur la procédure à suivre. Ce manque d’information pousse certaines familles démunies à enterrer clandestinement leurs morts dans des cimetières déjà saturés et fermés. Et quand les moyens se présentent, elles ne savent plus retrouver leurs tombes."Pour une mort survenue à l’hôpital, explique-t-il, le médecin délivre à la famille du défunt un certificat de décès.

Une copie de ce document est présentée à la commune du ressort de la personne décédée ainsi qu’au service de l’État-civil de la mairie. "Puisque nous enregistrons les naissances, nous devons aussi enregistrer les décès pour pouvoir contrôler l’évolution de la population, explique Godefroid Kalunga, coordonnateur adjoint de l’État-civil. Sinon nous garderons dans nos registres les personnes déjà décédées parmi les vivantes". Après l’enregistrement, son service délivre un acte de décès moyennant 1 500 Fc (environ 1,8 $). Ce document permet d’obtenir ensuite un permis d’inhumation, dont le coût varie en fonction de l’emplacement de la tombe. "Au cimetière Pengapenga, la place ordinaire coûte 3 000 Fc (3,4 $). Les plus chères coûte dix fois plus", explique Freddy Kakez, chef de section inhumation.

 

Ordre et propreté assurés

Au Sapin 1 et 2, comme dans les autres cimetières de la ville, une équipe d’une dizaine de travailleurs s'active chaque jour ouvrable de 8 à 16 h. Ils creusent les tombes, replantent les croix, nettoient les allées, entretiennent les fleurs et les plantes qui ornent les nécropoles. Ils portent des tenues rouges sur lesquelles on peut lire "Mairie de Lubumbashi, cimetière sapin 1 & 2"’ ou "Mairie de Lubumbashi, cimetière Pengapenga". "Avant, je dépendais des familles qui sollicitaient mes services. Je pouvais passer des jours sans trouver de clients, rappelle un ex-fossoyeur du cimetière Tabacongo, aujourd’hui saturé. Ici, j’ai un salaire à la fin du mois."


Le service qu’ils rendent est apprécié par les habitants. Après avoir facilement retrouvé et refait la tombe de son père, Alpha Mukuna se félicite aujourd’hui de l’organisation de la mairie : "Je n’avais pas assez de sous pour lui construire une belle tombe. Si le cimetière était désordonné, j’aurais peut-être perdu sa trace pour toujours".

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