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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Tchad 2005 170-Vous êtes en France depuis longtemps, vous êtes Français et certaines personnes ayant la nationalité française oublient leurs origines : parlez-vous souvent de l’Afrique et de votre pays d’origine, le Congo ?
-Rassurez-vous, chaque fois que j’ai un peu de temps, je vais au Congo, je suis très attaché au Congo parce que l’éducation que j’ai eu, je l’ai eu au Congo, j’y ai encore de la famille, c’est un pays qui m’est cher comme le continent africain m’est également cher. La majorité de mes amis ici sont Africains, je ne peux pas oublier le continent africain et si je peux aider au développement de l’Afrique, je ferai de toutes mes forces.
-Que voulez-vous faire, concrètement,  pour la jeunesse africaine - qu’elle soit ici, au Congo ou dans le reste de l’Afrique ?
-La jeunesse africaine de Toulouse, je l’aide au maximum de mes possibilités. En ce qui concerne la jeunesse vivant dans le continent africain, je suis prêt à coopérer avec les gouvernements et les élus locaux pour mettre en place des mécanismes  pour lui venir en aide.
-L’immigration vide l’Afrique de ses ressources humaines, qu’en pensez-vous ?
-C’est un problème global, il faut que les chefs d’États africains pensent à développer leurs pays : tant qu’ils en s’engageront pas  à développer ce contient, les jeunes Africains tenteront toujours de venir en Europe pour une vie meilleure. Mais la solution n’est pas de venir en Europe, c’est de bâtir l’Afrique, et ça relève de la responsabilité des chefs d’État africains : il faut arrêter d’accuser les Européens, et mettre en place des mécanismes pour le développement de l’Afrique. Ensuite seulement, l’Occident devrait apporter son aide pour la mise en place de ce développement.
-Pour en revenir à l’intégration par les langues, y aura-t-il, avec votre contribution, un centre d’apprentissage de langues Africaines telles le lingala, le swahilie et autres ?
-La problématique des langues est liée au développement : plus un pays se développe, plus il a de l’influence et plus sa langue intéresse les autres. Aujourd’hui le nombre de personnes qui apprennent le chinois est croissant, parce que la Chine se développe  et  devient attractive. Ce sera exactement la même situation avec l’Afrique, car actuellement, quel est l’intérêt (en dehors des natifs), pour un centre français d’apprendre et d’enseigner le lingala si le Congo n’existe quasiment pas dans la sphère économique ?  Il faut que l’Afrique puisse se développer pour que, naturellement,  les gens puissent se tourner vers elle pour les affaires, le tourisme, les loisirs.  Et là,  ils apprendront les langues africaines. On va vers d’autres cultures par intérêt et par égoïsme, et les gens vont en Chine non pas parce que  ils se sont subitement rendus compte que les Chinois sont gentils, mais parce que la Chine est aujourd’hui le pays où les affaires se font.    
-Beaucoup d’artistes congolais, comme beaucoup d’autres artistes africains, ont espéré, grâce à votre présence à la marie de Toulouse, pouvoir monter des spectacles ici. Mais rien de tel n’est arrivé au cours de l’année écoulée.  Avez-vous une explication ? 
-La Mairie soutient les acteurs culturels à travers des projets : un acteur culturel qui arrive avec un projet doit le soumettre à examen, son projet devra avoir un intérêt pour ce qu’il représente mais aussi pour la ville de Toulouse. Exemple : un artiste malien qui bâtit un projet en lien avec Toulouse, où les intérêts de la ville de Toulouse se retrouveront, verra son projet accepté. Mais il est clair que la Mairie de Toulouse ne pourra soutenir un projet dont le contenu n’a rien à voir avec les attentes de sa population, qu’elle soit étrangère ou toulousaine. Je suis prêt à soutenir tout projet culturel, mais il faut qu’il soit bien structuré et qu’il ait un intérêt pour la population de Toulouse
-On entend parler aussi d’un nombre croissant d’associations de femmes, ainsi que de coopératives, avez-vous déjà eu l’occasion de les rencontrer pour discuter et comprendre ces structures ?
-En tant qu’élus, nous avons le devoir de faire un tour d’horizon et de nous informer mais il revient aussi aux citoyens et aux citoyennes de notre ville d’aller vers les élus pour les informer de leurs projets. Il est difficile, dans une ville de 450 000 habitants, d’être informé de tout. Il faut que les personnes qui ont des projets, des initiatives se rapprochent de la Mairie et de leurs élus, car nous sommes prêts à les accompagner dans la mise en œuvre de leurs projets.
-A propos d’éducation, l’Afrique manque terriblement de livres scolaires. Pour pallier ce handicap, beaucoup de villes ouest africaines lancent des jumelages avec des villes françaises, qui les fournissent en matériel pédagogique. Toulouse entretient des échanges de ce genre avec des pays africains, et notamment avec le Tchad. Que faites-vous, concrètement, dans de domaine ?
-La ville de Toulouse a une coopération avec la ville de N’djaména, au Tchad.  Ce n’est pas un jumelage. Nous travaillons sur la circulation et le réseau de bibliothèques ; Quant au volet aéronautique, du fait même de l’histoire de l’aéronautique, la ville de Toulouse a un accord de coopération avec St Louis au Sénégal. Ce sont juste des approches. Dans les accords de coopération, dans la coopération décentralisée, ce  sont des échanges qui se font sur demande et sur présentation des intentions des 2 parties. Aujourd’hui, Toulouse n’est pas à la recherche de coopération, ce sont plutôt les pays qui sont dans le besoin qui nous font des demandes, et si les demandes sont agréées, nous sommes prêts à  les accompagner
- la victoire du PS est une chance pour vous et aussi pour la ville de Toulouse. Que promettez-vous aux populations de Toulouse et à ceux qui comptent sur vous ?
-Je les accompagnerai dans la mesure où leurs projets seront validés, éligibles, ma porte est ouverte à tous les Toulousains, à tous les Midi-Pyrénéens, je suis prêt à entendre tous ceux qui veulent bien travailler avec moi.
-Un dernier mot pour les pays africains en guerre, pour tout ce qui, en ce moment,  est en train de se négocier.
-Je dis que 50 ans après les Indépendances africaines, qu’on arrête de se battre, il est temps qu’on construire nos pays, qu’on se dise enfin que l’heure des dictatures, l’heure des coups d’États est passée, parce que 50 ans après les Indépendances, nous reculons au lieu d’aller de l’avant.

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