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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Marie-Agnès Leplaideur

 

Tous les témoignages convergent. En RD Congo où l'espace ne manque pas, comme au Burundi où il est très restreint, les transactions sur les terres se multiplient et les prix grimpent en ville comme dans les campagnes. La terre est devenue une marchandise sur laquelle le plus riches se ruent, spéculant sur sa rentabilité future.Investir dans la terre peut, en effet, être très rentable. C'est ainsi que, en RD Congo, ceux qui en ont les moyens achètent directement aux paysans ou par l'intermédiaire des chefs coutumiers, gestionnaires de ces terres souvent communautaires, des dizaines d'hectares, à vil prix. Certains, comme au Bas-Congo, les laissent parfois en friches, dans l'attente que leur prix monte pour les revendre et faire de bonnes affaires. Un désastre pour les agriculteurs qui n'ont plus de parcelles à cultiver.Aux alentours de Goma, au Nord-Kivu, où les terres sont très fertiles et les bouches à nourrir nombreuses, les commerçants, hommes politiques, militaires… investissent, eux, dans de grandes exploitations qu'ils modernisent etapprovisionnent ainsi les villes en lait, manioc, légumes… Une valorisation due aux importants investissements consentis, qui sont hors de portée des paysans. Ceux-ci trouvent du travail sur ces fermes, mais regrettent les collines. qu'ils ont vendues pour une bouchée de pain.Cette ruée des nationaux se double de celle des investisseurs étrangers qui se sont déjà vus octroyer plus de 11 millions d'hectares par le gouvernement congolais.Au Burundi, où la densité démographique est onze fois plus importante qu'en RDC (312 hab/km2 contre 27), la terre est une ressource vitale pour la grande majorité de la population qui s'enfonce dans la pauvreté. En ville, les parcelles se vendent chaque jour plus cher et les plus démunis préfèrent vendre et retourner dans les collines. Là, ils achètent à leur tour des terrains à cultiver faisant grimper les prix. Tandis que les plus nantis se constituent peu à peu de grandes exploitations à la périphérie des villes, dans les collines, le moindre petit bout de terre peut être sujet à des disputes, parfois mortelles.Dans ces deux pays, l'insécurité foncière reste forte qu'elle soit liée à des conflits armés récurrents ou à l'absence de titres fonciers. Les procédures d'acquisition, souvent floues et mal connues des exploitants agricoles, et la corruption de certains agents favorisent les conflits. L'enregistrement des terres qui commence au Burundi devrait permettre d'améliorer la situation.Au Rwanda, ces trois dernières années, l'essentiel des terres du pays a été enregistré. Toutefois, des problèmes subsistent au sein des familles nombreuses pour le partage de parcelles de plus en plus petites dans un pays, dont la densité atteint 443 hab/km2. Ici aussi, la terre est devenue monnayable, plus facilement qu'auparavant et sans litiges comme le prouve la baisse du nombre des procès fonciers dans les tribunaux.



 

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