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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara


                                 Photo 2008 Ahmat Zéïdane Bichara
Pendant tout un après-midi, les élèves de premières années, dont plusieurs africains ou des Français noirs issus
de l'immigration ont passer des épreuves d'intégration préparées par des étudiants plus âgés: tenues légères, peintures de guerre, et bataille de poulpes.  Nage d’une heure dans
une piscine, toucher les testicules d'étudiants assis sur le bord du bassin, puis boire d'un trait un verre d'alcool avant d'escalader un toboggan aspergé d'huile et de yaourt… C'est une des choses auxquelles ont dû faire face les élèves d'une grande école de la Ville rose il y a quelques jours. Dès sept heures, ils sont 225 à attendre les quatre bus qui les mèneront vers leur week-end d'intégration.

Parmi eux, beaucoup de premières années, mais également des étudiants plus âgés qui se chargent de soumettre les élèves de première année y compris les étudiants noirs à des birmades rituelles. Une fois à bord des véhicules, la destination, gardée secrète jusque-là, est révélée. Direction la côte d'Argent, c'est-a-dire  le littoral aquitain dans le sud-ouet de la France,  s'étendant de l'estuaire de la Gironde à la côte basque, le long des landes de Gascogne. C'est une côte rectiligne, sablonneuse, baignée par l'océan atlantique qui déferle en puissants rouleaux faisant le bonheur de surfeurs. Elle est bordée de hautes dunes (les plus hauts d'Europe ), fixées par une forêt de pins maritimes( forêt de landes) et abritant de nombreux lacs et étangs. 

La côte landaise, à cinq heures de route. Le voyage est l'occasion pour certains de se reposer après une nuit écourtée, mais est pour d'autres une mise en jambe alcoolisée. Vin rouge, bière, whisky, et mélanges divers accompagnent des chansons paillardes reprisent en cœur. La sécurité n'est cependant pas négligée, puisqu'un responsable du bureau des élèves, qui s'occupe de l'organisation, rappelle le danger des baignades non surveillées.

A midi, lorsque le cortège arrive au village de vacances, entièrement réservé pour l'occasion, quelques étudiants sont déjà saouls. « Le week-end d'intégration sobre, ça n'a aucun intérêt. Si tu veux rigoler, il faut boire », conseille Alex, 19 ans. Une fois les affaires installées, le vrai bizutage peut commencer. Les premières années sont divisées en groupes de dix personnes, qui s'affrontent tout au long d'épreuves réalisées par les « intégrateurs ». Une d'entre elles consiste par exemple à tenir le plus longtemps possible avec un poulpe écrasé sur le visage par un adversaire.

Puis, montés sur le dos de camarades, ils doivent se faire tomber à coup de céphalopodes. Une perspective peu qui fait envie, qui enchante pourtant la plupart des participants, pour beaucoup désinhibés par l'alcool.« Il ne faut pas avoir froid aux yeux, mais c'est très marrant », lâche une étudiante en maillot de bain, entièrement recouverte de peinture. Quant à ceux qui refusent de participer aux bizutages, ils sont gentiment moqués, mais jamais forcés. L'après-midi se révèle donc logiquement éreintante, et laisse place à une soirée encore plus arrosée. Et pour cause, le prix du week-end, qui avoisine les 80 euros, inclut « l'open bar », les boissons étant servies à volonté.

Cette pratique, interdite par la loi, oblige les organisateurs à prendre leurs précautions. « Prenez ces tickets de consommation, au cas où les flics viennent », explique l'un d'entre eux aux élèves. Les coupons factices ne sont évidemment pas utilisés, et la non-régulation provoque une ivresse rapide et généralisée. Le dimanche, lui, s'avère bien moins agité. Après un ultime début d'après-midi au bord d'un lac dans une ambiance bon enfant, les élèves de la grande école reprennent le chemin de Toulouse.

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