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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

groupe-de-travail.jpgJe ne vais pas être long.En revanche je ne dis que ce j'ai ressenti le jour où je fais cette photo. Elle est belle, cette image, me disent ceux qui me connaissent lorsque je leur ai fait voir. Les uns me demandent toujours d'elle. D'autres estiment bien qu'il faut l'écraser,car lorsqu'ils la voient, ils pensent directement à ce que je leur ai raconté. Ils m'affirment,comment peut-on vivre sans abris à cet âge dans un pays riche comme la France? Où sont les enfants de ces deux vieux messieurs? Je leur ai toujours répondu qu'ils ne doivent pas me demander la destination des enfants de ces hommes en photo. Je ne sais rien et je n'ai pas eu le courage ou le réflexe de leur poser la question. Ce n'était d'ailleurs pas le but de cette image.Tout ce que je tenais obtenir, c'est la photo de deux personnes qui se prêtaient le service de feu dans une rue de Toulouse et c'est tout. Pourquoi me demandent-t-ils au dessus  ou au delà du réel de ce que je ne peux obtenir? Oui, je n'ai eu que ce que je peux. Qu'est-ce que j'ai arraché? Vous lirez de vous-même le récit en question. A 10:48min,j'arrive à la station de bus de Sainte d'Arc de Toulouse, à la recherche des belles images comme d'habitude. Mon appareil photo et Caméra de fabrication Canon à la main droite comme la sagaie d'un chasseur africain prêt à attaquer le gibier. Je fouille des yeux de tout ce qui me parait normal,mais je ne trouve rien de l'essentiel dans cette station de bus Tisséo. Je quitte le lieu avec un coeur froid de déception. Ce n'est heureusement pas pour une grande distance. 90 mètres de la station, je vois deux messieurs qui échangent un service de feu pour allumer des cigarettes. J'allume pour ma part mon appareil et bluf, bluf,bluf, je filme en rafale leur scène. L'un deux me voit en m'interpellant:" s'il vous plait , monsieur, je ne veux pas que l'on me filme". Je ne lui répond pas.Silence de cathédrales. "Bluf, bluf, bluf!" Encore, je les filme sans avoir peur avec une façon directe de le faire. Le second homme dit: "petit , pourquoi nous déranges-tu ? "Je lui ai dit: "grand-frère, parce que votre scène me plait". Il me dit:"filme nous encore".Je lui ai dit:"Non, je préfère mieux savoir pourquoi êtes vous là avec vos bagages?" Ils me disent en choeur : "Nous sommes des sans abris ici en France ,mais".Aussitôt l'un deux, continue:"Mais,là bas au bled, en Afrique, j'ai une belle villa.Ici, je suis sans papiers et sans domicile fixe(SDF). C'est la galère." Le second homme reprend la parole en enchaînant dans le même ordre d'idées:"je suis né en France et je suis français d'origine.Mais mon épouse m'a chassé de ma maison après notre divorce. La justice lui a donné raison et finalement je suis renvoyé comme un chien africain qui n'a pas de maître." Son ami d'Afrique se tourne vers lui en demandant de n'est plus insulté l'Afrique et les Africains. Il s'est défendu en disant qu'il est lui même d'Afrique, car ses parents proviennent de l'Algérie française,pendant la période où ce pays faisait encore partie des départements de la France. Je m'impose avec mon mot en intervenant comme si je me trouvais aussi dans les mêmes conditions qu'eux: "je suis d'Afrique,car je viens dans un pays où l'injustice tue plus que le Sida."Tous les deux me répondent: "de quel pays viens-tu, monsieur le photographe?" Je leur répond: "je suis du Tchad." Différemment, ils me répondent: "je fais mon service militaire au Tchad dans les années 50. Je fais Moundou, Am-Timan et Faya Largeau. "Le second dit: "j'ai combattu les Tchadiens pendant que j'étais mercenaire pour l'armée libyenne. Mais, les Tchadiens, ce sont des hommes forts et braves surtout. Ils ne reculent d'aucun mal. J'ai trois mois avec les Libyens avant de renoncer.Car,j'ai compris que je perdrai un jour ma vie. Même maintenant, lorsque je vois un Tchadien, je ressens un ennemi qui vient vers moi. En tout cas, il nous faut des tels hommes en France." Je ne lui ai rien dit. Je dis à tous les deux: "courage chers messieurs! "Ils me répondirent: "courage cher photographe et à très bientôt!"

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