Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Mathieu Mokolo

 

(Syfia Grands Lacs /RD Congo) Objet d’un commerce effréné, le perroquet, même en captivité, est devenu très rare à l’Equateur au nord-ouest de la RDC, principal pourvoyeur de cet oiseau parleur et coloré. Il faut aujourd'hui aller  très loin ou même à l'étranger pour en  trouver.

 Ancien agent de la Division provinciale de l’Environnement et conservation de la nature à la retraite, à l’époque, commis à la surveillance des frontières, Ekolo Colon se dit surpris par la baisse sensible des arrivages de perroquets dans les différents ports et embarcadères de Mbandaka, chef-lieu de l’Equateur. "Je connais des commerçants qui emportaient jadis en moyenne plus de 400 perroquets par voyage mais qui, aujourd’hui, arrivent à peine à en totaliser ne serait-ce qu’une vingtaine. Tous avouent que les oiseleurs ont du mal à les trouver et à les capturer comme par le passé…", raconte-t-il avec surprise. Un constat similaire est fait par Willy Katuka. Cet officier des migrations est formel. Au port Mainghain où il est affecté, il n’enregistre plus de ces oiseaux : "Il peut s’écouler des mois et des mois sans qu’un seul colis de perroquets ne passe par ici. Je pense qu’il n’y en a plus dans la forêt…".Dans la ville, ces faits sont vérifiables. Alors que le spectacle offert par les volées de ces oiseaux a quasiment disparu du ciel de Mbandaka, voici plusieurs années, à ce jour, il est devenu rare de trouver des perroquets s’amusant à "parler" avec les enfants dans des parcelles du chef-lieu de l’Equateur, comme autrefois.

 Victime de son langage…:Oiseau de la forêt équatorialele perroquet est depuis longtemps recherché, apprivoisé et domestiqué en raison de ses facultés à imiter la parole de l’homme. Cependant, la forte demande des autres continents, notamment l’Europe et l’Asie, a poussé certains Congolais à en faire un produit de commerce international très lucratif, malgré les restrictions administratives mises en place par l’Etat pour protéger cette espèce d’oiseau menacée de disparition. Les exploitants doivent notamment être inscrits au registre du commerce et disposer d'un numéro d'identification nationale et d'une carte des services de quarantaine. Et chaque année, l’administration congolaise délivre des permis d'exportation aux opérateurs sur la base d'un quota annuel de 10 000 spécimens, confirmé annuellement au Secrétariat général de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et flore sauvages menacées d'extinction) à Genève.La province de l’Equateur, située au cœur de la forêt équatoriale était la principale pourvoyeuse de cet oiseau à bec crochu, au plumage coloré de la famille des psittacidés. Pour le capturer, les braconniers recourent aux grimpeurs qui, après avoir repéré un nid, s’en vont recueillir les petits, ou utilisent un piège fait d’échafaudages enduits de colle artisanale. Selon Timothée Bonkanya, agrovétérinaire et chercheur indépendant, ces techniques apparemment simples se sont avérées très dévastatrices pour cet animal et ont conduit à son dépeuplement. "Déjà, dit-il, en captivité, les perroquets ne se reproduisent pas parce qu’ils ne retrouvent pas les conditions qu’ils avaient dans leur milieu naturel ; ceux qui sont en forêt sont continuellement chassés, comment voulez-vous que leur population s'accroisse ?", s’interroge-t-il.

 Arrêter l’hémorragie:Devenues infructueuses aux environs de Mbandaka, les expéditions des oiseleurs se sont tournées vers des contrées plus lointaines. Certains vont même au-delà des frontières nationales, dans la région de la Cuvette en République du Congo voisine où l’on en trouve encore.D’après les estimations des observateurs, le perroquet disparaitra si l’on y prend garde. Mais le Coordinateur provincial de l’Environnement et conservation de la nature, Jean Babolongo se dit déterminer de démentir les prédictions. En août dernier, il a reçu de la coopération japonaise un lot important de véhicules tout terrain, de motos, vélos, canots rapides et équipements informatiques. "Avec tout ce matériel, promet-il, nous allons traquer les contrevenants partout où ils séviront!".

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article