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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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Publié par Annette Kouamba Syfia

(Syfia/CRP) Au Congo Brazzaville, plusieurs femmes battues racontent leur calvaire sur un blog. Leurs témoignages représentent une libération pour elles-mêmes et pour d'autres victimes. Quant aux associations, elles trouvent là un outil rapide et efficace de communication et d'échange d'informations.


 "Un jour, j’ai reçu la visite de ma petite sœur et de son collègue de travail. Pour mon mari, ce dernier était mon amant. Après leur visite, il m’a battue et m’a menacée avec une arme blanche. Cela s’est répété plusieurs fois jusqu’au jour où j’ai décidé de le quitter(…)", témoigne en substance Hortense, sur le blog de l’Association des  femmes solidaires (AFS). Sur le même site, Élise raconte aussi son histoire : "J’étais enceinte. À l’hôpital, le test a révélé que j'étais séropositive. Quand mon compagnon a su que son test était négatif, il a commencé à me maltraiter physiquement et psychologiquement jusqu’à dévoiler mon statut. Cela a duré six mois, puis un de mes frères m'a délivrée de lui (…)".Sur Internet, ces victimes ont trouvé un soutien. "Si mon témoignage peut aider d’autres Congolaises à parler de leurs problèmes(coups, injures, mainmise sur l'argent, Ndlr), cela ne peut que me réjouir", se félicite Élise. De son côté, Hortense avoue avoir eu "un choc" la première fois qu'elle est allée sur Internet : "Quand j’ai lu les témoignages, j’ai réalisé que je n’étais pas la seule à être battue. J’encourage les femmes à créer leur blog." "Ces aveux permettent aux visiteurs d’avoir une idée des violences faites aux femmes et aident les victimes à dénoncer leurs partenaires et à se sentir moins seules", résume Arlette Bakou, chargée de coopération multilatérale au ministère de la Promotion et de l’Intégration de la femme au développement.

 

 "Espaces d’expression et de réflexion"

Pour les associations spécialisées, cet espace de liberté a aussi son utilité. "Cet outil permet de travailler en réseau avec desOSC Organisations de la Société civile, ndlr) et peut servir de vitrine pour une association", explique Alain Ndalla, directeur au ministère des Postes et des Télécommunications chargé des nouvelles technologies. "J'entrevois la collaboration possible avec d’autres associations : partage d’expérience, annonce de nos travaux et invitations à participer à nos activités", précise Sylvie Mfoutou de l’Association pour les droits de l’homme et l’univers carcéral.Vivienne Dzobo, de l’Agence régionale d’information et de prévention du sida, est, elle, devenue fan de ce moyen de communication depuis un an qu'elle met à jour le blog de cette association qui traite aussi des viols conjugaux : "Je reçois des réactions et des suggestions. Des OSC viennent me voir pour que je parle de leurs activités. Certaines femmes me demandent des adresses de gens à contacter quand elles sont victimes de violences au sein de leur foyer." Vivienne espère que ce blog "sera un miroir pour notre structure, qu’il suscitera des partenariats et attirera des subventions pour nos prochaines activités."

 Outil très utile

Même si le taux de fréquentation reste minime (à peu près une visite par mois selon les blogs), on constate une volonté de maîtriser cet outil de la part de certaines OSC congolaises. "Quand on est dans le bain, on reste scotché pendant des heures à échanger et discuter sur un document. Ce support permet de gagner du temps et d'échanger avec des internautes du monde entier !", prêche Arlette, qui a son propre blog, mais reste lucide en raison de la faible présence des Congolaises sur Internet.Une préoccupation relayée par Sylvie Niombo,coordinatrice d’Azur Développement : "Elles ne sont pas nombreuses à utiliser les blogs et se limitent aux mails. Cet espace n’a pas encore la renommée qu’il mérite dans les rangs des OSC. À cela s'ajoute le coût de la navigation, l’accès difficile à Internet et les interminables coupures d’électricité." Sylvie reste cependant optimiste, convaincue de l'utilité de "ces journaux en ligne, espaces d’expression et de réflexion enrichissants."

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