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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

(Syfia Grand Lacs/Burundi) La solidarité et la bonne organisation des chauffeurs de Kayanza au nord du Burundi leur réussissent. Leur association bien gérée vient en aide à ceux qui en ont besoin, s'efforce d'améliorer la satisfaction des voyageurs et favorise le recrutement des chômeurs.

                                                                             Eric Nshemezimana

"N’eût été l’association des chauffeurs ACQKa (Association des chauffeurs qualifiés de Kayanza) dont mon mari est membre, toute la famille serait morte ou elle serait devenue mendiante", déclare Amina, vendeuse de tomates au marché de Kayanza, au nord du Burundi. Elle explique que, alors que son mari Nyandwi Idi éprouvait d’énormes problèmes à nourrir les siens, l'association lui a payé une place au marché pour 15 000 Fbu (15 $) et lui a prêté sans intérêt environ 20 $ pour acheter des tomates. Ismaïl est lui aussi au chômage. Mais grâce à un crédit de 50 $ de l’ACQKa, il peut réparer sa maison qui allait s’écrouler à cause des pluies alors qu'aucune banque ne voulait lui faire crédit.

 

C'est Bigirimana Ahmadi, un chauffeur, qui a lancé cette association en 2005 pour regrouper les chauffeurs maltraités par la police de roulage. De 30 conducteurs inscrits au début, ils sont aujourd'hui 145. Leurs objectifs sont d'améliorer les conditions de vie des chauffeurs et de leurs familles, d'aider les familles des membres en difficulté, de les sensibiliser à la lutte contre le VIH/sida et d'entretenir de bonnes relations avec les passagers.

 

Satisfaire les passagers

Pour avoir les moyens d'agir, ils comptent sur les contributions des membres : un dollar par mois. Ils ont aussi créé un garage où travaillent des chômeurs qui ont des notions en réparation des véhicules ; ils ont également une école où ils donnent des cours de conduite payants aux gens. La gestion est faite par les trois responsables de l'association qui décident de l'attribution des prêts et en informent les membres lors de la réunion générale mensuelle. Tout le monde est satisfait de cette organisation de solidarité qui permet d'aider les chômeurs, de payer les frais funéraires des membres décédés et d'aider les veuves et orphelins.

 

Mais au-delà de cette entraide, commune à de nombreuses associations, l'ACQKa s'efforce d'améliorer les relations entre les chauffeurs et les passagers et/ou les patrons. "J’avais complètement perdu confiance en les chauffeurs transporteurs, car j’avais une fois oublié mes effets dans un bus et quand je suis allée les réclamer, le chauffeur a failli me frapper en me disant qu’il ne me connaissait pas", déclare Générose, une cabaretière du quartier Kurubaho, toujours de Kayanza. Mais aujourd’hui, ajoute-t-elle, elle voyage tranquillement sans devoir tenir ses bagages à l'oeil. Désormais, lorsque quelqu'un perd un colis, il lui suffit de bien se rappeler dans quel véhicule il a voyagé et de s’adresser à l'association pour le récupérer. Celle-ci a sensibilisé les transporteurs au respect des clients, en particulier de leurs effets. Aujourd'hui, ils les rapportent à l’ACQKa qui les remet au propriétaire ou fait un communiqué en cas de nécessité.

 

Cette association défend aussi les droits des chauffeurs face à leurs patrons. Jadon Nkurunziza, qui avait un jour eu un écart dans le carburant utilisé, a été incarcéré à la demande de son patron sans même avoir pu s'expliquer. L’association suivra le procès tout en payant la différence de carburant constatée. Son siège est aussi le lieu où les chauffeurs sans relations peuvent rencontrer les employeurs et se faire embaucher ce qui limite le favoritisme : généralement lorsqu’un patron achète un véhicule, il a tendance à choisir un conducteur parmi les membres de sa famille ou ses amis proches….

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