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France

 

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Publié par Eric Nshemezimana

(Syfia Grands Lacs/Burundi) Au nord du Burundi, de nouvelles 'bières' peu chères et très fortes en alcool, détruisent les consommateurs et leurs familles. Fabriquées sans aucun contrôle dans de nombreuses petites usines locales, leur composition est plus que douteuse...

 Au nord du Burundi, les nouvelles marques de "bières" fleurissent sur le marché. Fabriqués par une multitude de petites usines locales ou importés des pays voisins dans des pochettes en plastique, ces alcools sont trois fois moins chers (500 Fbu (0,30 $) les 50 ml) que les bières classiques) et très forts (40 % d'alcool contre 5 à 7°% pour les bières de la brasserie nationale).Les conséquences sur la santé des Burundais, déjà réputés pour leurs excès en la matière, sont catastrophiques… Sur le long terme, la consommation d'alcool à doses fortes ou moyennes répétées contribue en effet à plus de 60 maladies et affections : cancers, maladies du foie et du pancréas, troubles cardiovasculaires, maladies du système nerveux et troubles psychiques. Fabriqués à base de jus de banane, de sucre et de miel mélangés avec des produits irritants comme l'acide citrique, les nouvelles "bières" favorisent en particulier le diabète, une maladie qui touche un Burundais sur dix ! Selon le président de l'association des diabétiques de Ngozi, le nombre de ces malades augmente, même dans les collines. Préoccupant, car, lorsqu'on découvre le diabète, il a souvent déjà causé des dégâts irréversibles au cœur, aux vaisseaux sanguins, aux yeux, aux reins ou aux nerfs. Les complications graves qui s'en suivent peuvent, par exemple, rendre aveugle ou nécessiter des amputations...La situation est alarmante, pourtant, à l'heure actuelle, personne ne semble vérifier la qualité des lots qui sortent des petites usines locales de fermentation. Des usines qui n'ont par ailleurs pas de laboratoires d'analyses... "Il n'est pas facile d'avoir des papiers certifiant que nous sommes en ordre quand nous voulons créer nos usines. Non seulement c'est cher, mais ça demande de nombreuses démarches. Nous devons savoir 'le jouer' (nous devons savoir corrompre, Ndlr)"semble justifierl'ancien propriétaire d'une de ces usines. Selon lui, certains des produits mentionnés sur ces boissons – généralement la banane, mise en avant, alors que le sucre et le miel dominent - ne sont pas toujours les vrais. "C'est pourquoi telle bière peut avoir un goût aujourd'hui et en avoir un autre demain…", explique-t-il.

 Ivres, inutiles et violents:Un amateurisme dangereux, aux conséquences déjà bien visibles… Dans les quartiers populaires des villes, des hommes sales, des chiques aux pieds, passent leur journée à boire et deviennent des fardeaux pour leurs femmes. Certaines n'en peuvent plus. "J'arrive à une étape où je ne nourris plus mon mari… Il m'arrive aussi de ne pas coucher avec lui !", raconte l'une d'elles du quartier Kigarama à Ngozi. Des hommes, ivres, battent ou tuent même leurs épouses… Les jeunes aussi prennent de ces alcools très forts dans les rues, comme une drogue.Selon un policier de Kigarama, à cause notamment de ces nouvelles "bières", les buveurs seraient devenus ingérables : "Tantôt ils se bagarrent, tantôt ils se poignardent et même se tuent !" Même évolution, ou presque, sur les collines. "Mon mari ne travaille plus. Il est devenu faible. Il ose boire cette 'bière' en sachet devant les enfants !", témoigne, consternée, Immaculée, dont l'époux est devenu alcoolique.Heureusement, d'autres se sont arrêtés à temps... "J'avais cette mauvaise habitude, mais j'ai commencé à sentir des douleurs au niveau thoracique. J'ai du arrêter. Depuis, je me sens mieux", raconte Nduwayo, un garagiste de Ngozi. Les dégâts causés par ces alcools très forts et de qualité plus que douteuse commencent à inquiéter certains habitants. En décembre dernier, certains ont demandé à des journalistes d'aller vérifier le danger de ces "bières" pour leur santé. Les voilà prévenus…

 

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