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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

(Syfia-Grands-Lacs/Burundi): Durant la campagne électorale pour les élections communales, qui s'achèvele 21 mai, les leaders politiques n'ont pas joué sur la fibre ethnique. Le seul qui l'a fait a été unanimement décrié.

                                                       Anaclet Hakiz

 Le dimanche 23 mai, débutent les élections générales au Burundi initialement prévues le 21. La première étape est celle des communales, déjà éclipsées par les présidentielles de fin juin, nœud crucial de la longue série de scrutins. Durant la campagne électorale démarrée le 5 mai, les leaders politiques ont fait des démonstrations de force sur le terrain n'hésitant pas à violer le Code électoral : utilisation du charroi de l’Etat, calomnie ou diffamation à l’endroit des adversaires, confrontations violentes. "La fièvre électorale fait malheureusement des victimes innocentes, regrette un défenseur de droits humains. Quatre personnes ont déjà trouvé la mort depuis le début de la campagne. Il faut prier tous les dieux pour qu’on ne nous ramène pas en guerre civile comme celle entre Hutus et Tutsis de 1993 !" Mais si les injures et parfois les coups ont souvent fusé, les candidats n'ont pas joué sur la fibre ethnique pour s'attirer les bonnes grâces des électeurs. C'est pourquoi Métuschélah Nikobamye, porte-parole du parti FNL-Nyakuri-Iragi rya Gahutu, plus connu sous le nom de Pasteur Habimana, s'est attiré les foudres de toute la classe politique lorsque le 16 mai, il a lancé à Mutambara, en commune Rumonge (sud-est du pays) : "Votez pour le parti CNDD-FDD au pouvoir, vous l'aurez ainsi remporté sur la minorité tutsi !", et a appelé les 12 candidats hutu aux présidentielles du 28 juin à se coaliser pour battre les Tutsi. Le lendemain, des messages de condamnation fusaient de tous les états-majors des partis. "Aucun Hutu ne l’a mandaté pour plaider sa cause !", a rétorqué Léonce Ngendakumana, président du parti Frodebu. "Habimana a perdu la boussole et n’a pas de respect pour les Hutu, s'indigne de son côté Bonaventure Niyoyankana, président de l’Uprona. Ces derniers ne votent pas l’ethnie, mais plutôt des projets de société."

 L'ethnie ne met plus d'accord

"Pasteur Habimana est déconnecté du monde réel car l’ethnie n’est plus un ressort politique, contrairement aux années 1993 et 2005, estime Kibuga Ramadhani, analyste politique. Il oublie par ailleurs que les candidats présidents de poids sont tous des Hutus à savoir ceux du CNDD-FDD, du FNL et de l’UPD-Zigamibanga". Aujourd'hui, il n'existe plus de partis à prédominance hutu ou tutsi. Et les politiciens d'une même ethnie n'hésitent pas à se combattre. Le CNDD-FDD à peine arrivé au pouvoir n'a-t-il pas emprisonné l'ancien président, Domitien Ndayizeye, hutu lui aussi, et l'ancien président de ce parti, Hussein Radjabu, remarque K. Ramadhani. De même, les relations entre les policiers, ex-combattants CNDD-FDD, et les membres du FNL, qui avaient combattu le pouvoir ensemble, ont ensuite été marquées par une haine tenace. A la Commission électorale nationale indépendante (CENI), on menace d’appliquer des sanctions prévues dans le Code électoral contre Pasteur Habimana. "Il s’agit d’une incitation à la haine ethnique qui se punit par une amende ou une arrestation. On ne comprend même pas pourquoi l’administration communale lui a donné l’autorisation d’aller battre campagne seul. Ayant décidé de soutenir le CNDD-FDD, les membres du FNL-Nyakuri devraient se présenter avec les militants du parti au pouvoir", indique Prosper Ntahorwamiye, porte-parole de la CENI. Entrés en conflit avec Agathon Rwasa, président des FNL, Pasteur Habimana, ancien porte-parole du dernier mouvement de la rébellion et ses collaborateurs avaient créé, fin 2009, un nouveau parti, le FNL-Nyakuri-Iragi rya Gahutu, allié au CNDD-FDD au pouvoir.Aujourd'hui, la vie politique burundaise n'est plus dominée par les clivages ethniques. La préoccupation première des citoyens est surtout de vivre mieux et en paix.

 

 

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