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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

(Syfia Burundi) Des maladies qui ne guérissent pas ou traînent en longueur, d'incessantes rechutes… Les médicaments contenant peu de matière active, vendus au Burundi créent plus de maux qu'ils n'en soignent. Les malades sont désespérés et les médecins désemparés.

                                                                      
                                                   Désiré Nshimirimana

"C’est incompréhensible ! Ma fille tousse depuis plus de six mois. Je lui ai donné les cures d’antibiotiques que les médecins lui ont prescrites. Vers la fin de la cure, la toux se calme, mais revient après quelques jours. Désormais, je ne l’emmène plus à l’hôpital, je la traite moi-même à l’umuravumba (une plante utilisée traditionnellement comme antibiotique, Ndlr) que je mélange à du miel", témoigne Jeannine, une mère de Bujumbura, la capitale du Burundi. De nombreux malades n'arrivent ainsi plus à venir à bout de leurs maux qui s'éternisent alors même qu'ils ont suivi plusieurs fois le traitement prescrit. Sans comprendre ce qui leur arrive.L'inefficacité de certains médicaments, soupçonnés de ne contenir que peu ou pas de matière active par rapport à ce qui est indiqué sur le flacon ou la boîte, expliquerait, selon certains, ces maladies qui ne guérissent pas.

 

Des maladies courantes mal traitées

Sans être exhaustive, la liste de ces médicaments peu actifs largement utilisés est longue : la quinine utilisée contre le paludisme, le chloramphénicol et la ciproflaxacine qui traite la fièvre typhoïde ainsi que les antibiotiques comme l’amoxicilline utilisée dans le traitement des infections bactériennes comme la toux. Toute une série d'autres maladies semblent être devenues résistantes aux traitements ou traînent plus qu'elles ne devraient. C'est le cas des infections urinaires, des angines, des gastro-entérites, des otites... Les enfants sont les premières victimes de ces médicaments trafiqués. Ils rechutent sans arrêt et certains finissent pas en mourir. Ces faux médicaments sont utilisés à l’insu de la plupart des médecins et par ignorance pour certains malades.

Ces derniers sont souvent attirés par leurs prix bas. "Quand nous prescrivons des médicaments aux malades, ils les achètent aux pharmaciens privés qui leur proposent plutôt des équivalents, vendus moins cher pour attirer le client. Nul ne sait si c’est un équivalent ou non. C’est ce que nous racontent les malades qui n’ont pas guéri. Nous leur conseillons de prendre exclusivement et correctement le produit que le médecin leur a prescrit", confie Dr Onesphore Ngenzebuhoro, médecin dans un hôpital privé de Bujumbura. 
Cette confusion engendre aussi la méfiance des malades à l’égard des médecins. Certains, estimant qu'un tel les a mal soignés, vont voir ailleurs espérant trouver mieux. Ils vont d'hôpital en hôpital, ce qui complique leur suivi et leur coûte très cher. De même, les traitements successifs reviennent finalement plus cher que l'achat d'un médicament certifié.. Dans les salles d'attente des hôpitaux, souvent surchargés, hommes, femmes, enfants, bébés au dos de leurs mères, vieillards toussent, frissonnent ou vomissent et se disputent pour être reçus les premiers par le médecin.

 

Les pauvres, premières victimes

Ce sont surtout les pauvres qui subissent les effets de ces faux médicaments vendus sur les marchés. Ceux qui en ont les moyens se procurent des spécialités fabriquées dans des pays occidentaux comme la France et la Belgique même s’ils sont quatre à cinq fois plus chers. "Je préfère acheter des produits originaux même s’ils sont chers, affirme Antoine Buyoya, qui souffre de diabète, car j'ai constaté que les médicaments génériques provenant d'Inde n’ont aucun effet."Au Burundi, il n'existe pas de laboratoire de vérification de la qualité des produits importés. En cas de doute, le pays recourt à un laboratoire d’Afrique du Sud ce qui est coûteux.

Cela ne concerne donc que les anti-rétroviraux qui ne sont d’ailleurs importés que sous l’autorité du Conseil national de lutte contre le sida (CNLS).
Pour les médicaments dits essentiels, des pharmacies privées, tenues par des étrangers, notamment des Asiatiques, ou par des Burundais, ainsi que certaines organisations ayant l’autorisation du ministère de la Santé, les achètent aux firmes les moins disantes et les importent aisément. La seule exigence est la garantie que ces médicaments aient encore les deux tiers de leur durée de vie. La qualité thérapeutique n'est pas contrôlée. Déo Niyonzima, directeur du Département de la pharmacie, des médicaments et des laboratoires au ministère de la Santé, reconnaît : "On se limite à identifier les laboratoires qui ont fabriqué les médicaments."

 

 

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