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France

 

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Publié par Annette Kouamba Matondo

Mal aimés, traités de voleurs ou de brigands, des orphelins de Brazzaville ont retrouvé l'estime d'eux-mêmes et la joie de vivre grâce au théâtre, à la musique ou au dessin. Une fois la représentation et l'exposition finies, certains continuent à se réunir et à s'exprimer grâce aux arts. Une première réussite pour l'ONG organisatrice.

 

Bruit de boîtes de conserve, battements de mains, voix d'enfants chantant à tue-tête… Dès qu'il franchit le portail de l'orphelinat Cœur immaculé à Brazzaville, le visiteur est accueilli par un concert singulier. Sous la véranda, d'autres gamins dansent ou font de courtes représentations théâtrales sous les acclamations et les rires. Hugues, 15 ans, fait office de formateur. Il espère qu'un des artistes qui les ont encadrés, lui et ses copains, sera bientôt au rendez-vous ce mercredi. "Les enfants ont naturellement gardé en tête ce rendez-vous. C'est un moyen pour eux de se distraire", explique un des responsables des lieux. "Ils continuent à s'exercer seuls avec l'appui ponctuel des artistes", raconte Sherif, musicien formateur, qui souhaite pouvoir se rendre disponible le plus souvent possible pour ses anciens élèves.Pour aider les orphelins à exprimer leurs émotions, une ONG italienne installée au Congo depuis 1993, Comunit à Promozione esviluppo (CPS, Communauté promotion et développement) a initié 20 enfants aux arts de la scène (théâtre, danse, musique, chant) et 14 autres à la sculpture et à la peinture, entre mars et septembre dernier.

 

Ces enfants et adolescents, âgés de cinq à 18 ans, recueillis par les orphelinats Cœur immaculé, La Semence et Yamba Ngai, étaient encadrés par des artistes formateurs sollicités pour la circonstance.Chacun à leur façon, les orphelins ont pris goût à ces activités artistiques. À Yamba Ngai, même si la responsable a arrêté ces rencontres à cause de la reprise des cours, "les enfants se réunissent brièvement, le temps d'évoquer quelques souvenirs et de gribouiller quelques dessins", rapporte Gastineau Massamba, qui voudrait pouvoir les aider en apportant du matériel de peinture (gouache, pinceaux et toiles). Les orphelins artistes de La Semence continuent eux à se réunir. Quant à ceux de Cœur immaculé, ils ont tellement pris goût au chant et à la narration qu'ils espèrent monter un nouveau spectacle pour Noël. "On se chamaille moins, on s'entraide" Le pari de CPS est donc en bonne voie d'être gagné. Luca Genovese, volontaire international, résume ainsi l'ambition initiale de son ONG à travers Apprentissart 2010 : "Jeter des graines avec l'espoir qu'en certains enfants naisse une passion qui puisse les aider à exprimer leurs sentiments à travers des créations artistiques."

 

Une belle opportunité, selon le professeur Mbougou Victor du département de psychologie pour qui "l'activité artistique est très importante dans la vie de l'enfant, car elle lui offre la possibilité de s'exprimer, l'aide à organiser sa pensée, rehausse son estime, l'encourage à améliorer ses relations avec les autres".Il y a quelques semaines, au moment des répétitions, les premiers bienfaits de l'opération étaient déjà visibles. "Je chante, je danse, mais ce que j'aime par-dessus tout c'est dessiner des avions. Plus tard, j'aimerais être pilote", lançait Dieuvi, en exécutant des mouvements de danse. "Je suis content, parce que nous apprenons beaucoup de choses avec mes frères. On se chamaille moins .On s'entraide en expliquant aux autres quand ils ne comprennent pas le texte à répéter", se félicitait alors Damien, 10 ans. "Ils ont extériorisé leurs émotions" Le spectacle Mbongui bantu (La joie de se retrouver, en lari) qu'ils ont présenté en septembre au Centre culturel français (CCF) de Brazzaville, devant une salle comble, a consacré leurs efforts. Christian Muzika, un artiste comédien qui les a formés, a été bluffé par leur sang-froid : "Sur scène, ils se sont libérés. Ils ont extériorisé leurs émotions. C'était impressionnant !" Le public, essentiellement composé d'enfants accompagnés de leurs parents, a savouré cette représentation ponctuée de conseils ("Tous les enfants ont besoin, d'amour, d'éducation et de considération.

 

Les orphelins ne sont pas différents des autres") et de réflexions ("On nous qualifie de voleurs et de brigands, mais, nous ne sommes pas inciviques"). Presque au même moment, le CCF organisait l'exposition de 14 tableaux et de cinq sculptures réalisées par les orphelins de Yamba Ngai. En voyant certaines toiles de Pulcherie et de Marc, des enfants se sont esclaffés. Le premier tableau représentait un homme avec une grosse tête et de petites jambes, entouré de poissons et d'engins semblables à des avions. Le second était un coeur énorme à l’intérieur duquel se juxtaposaient des couleurs flamboyantes. "Ces tableaux, certes puérils, expriment simplement la vison des enfants. C'est la preuve qu'ils ont quelque chose à dire, malgré les drames qu'ils ont connus", se félicite Gastineau Massamba, l'encadreur, visiblement satisfait de l'expression artistique de ses élèves. Annette Kouamba Matondo Octobre 2010

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