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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

(Syfia/CRP) Les autorités tentent de mettre de l'ordre sur les campus de l'Université Marien Ngouabi de Brazzaville en délogeant des étudiants qui ne libèrent pas leurs chambres à la fin de leur cursus. Associations spécialisées et nouveaux bacheliers obligés de sous-louer attendent d'autres mesures pour régler durablement le problème.

                                                                     Aiguille de Moussakanda

"Je vivais au campus avec mes deux petits frères qui viennent d’avoir leur baccalauréat. Je ne sais plus où aller vivre maintenant", s’exclame un étudiant finaliste, en résidence universitaire depuis dix ans. Comme lui, 116 étudiants en dernière année habitant encore dans les six campus de l'Université Marien Ngouabi à Brazzaville ont été chassés, en avril dernier. Un doctorant regrette : "Je suis en pleine rédaction de ma thèse, c’est dommage que les autorités agissent ainsi.""C’est sous l’impulsion d’Antoine Abena, ministre de l’Enseignement supérieur, qu’on a décidé de mettre de l’ordre dans les campus qui, depuis dix ans, fonctionnent de façon anarchique", explique Jean-Baptiste Moussa, directeur général à la Direction générale des Affaires sociales et des oeuvres universitaires (DGASOU). "Même quand les étudiants libèrent des chambres, ils ne le signalent pas à l’administration et préfèrent donner la clé à un ami", déplore-t-il.

 

Selon le règlement intérieur de ces résidences, celui qui a fini ses études doit quitter la chambre qu’il occupait. Chaque année, celui qui désire une chambre dépose son dossier au niveau de la DGASOU qui convoque une commission d’attribution. Depuis la guerre de 1997, certains étudiants ne font plus de dossiers, convaincus que l’administration ne gère pas convenablement le renouvellement. "En 2005, on n’avait pas pu les déloger à cause des pesanteurs administratives. Cette situation est restée depuis sans solution…", reconnaît un des responsables d'un campus.

 "Six au lieu de deux par chambre"

Les étudiants qui s'éternisent dans les résidences justifient leur comportement par le manque de moyens. "Je vis ici depuis plus de cinq ans. Je suis obligé de rester pour m’organiser avant d’aller louer ailleurs. Ici, je ne paye que 7 € environ l’année…", témoigne l'un d'entre eux. Un argument jugé individualiste par certains anciens. "J'ai vécu au campus quand j’étais à l’École normale supérieure. À la fin de ma formation, je suis allée louer en ville",commente Esther. "Les ressources universitaires sont réservées aux inscrits de l’Université. Celui qui a fini ses études doit libérer la chambre quelle que soit sa condition sociale. Il ne peut pas prétexter qu’il n’a pas de parents à Brazzaville pour rester encore quelque temps", insiste le DGASOU.

 

En attendant que les plus âgés leur cèdent la place, bon nombre de nouveaux bacheliers originaires de l’intérieur du pays sont obligés de sous-louer. "Il faut l'accepter pour avoir une place", regrette un étudiant de la faculté de droit. "Certains se retrouvent à six au lieu de deux par chambre", déplore Fréderic Menga, président du Mouvement des élèves et étudiants du Congo (MEEC). "La gestion des chambres devrait se faire comme celle des bourses. Ce sont ceux qui remplissent les critères qui les méritent", lâche Armel Sidobé, président du collectif des étudiants de l’Université Marien Ngouabi. De son côté, Christian Epouma, vice-président de l’Association des parents d’élèves et étudiants du Congo, l’idéal serait de construire d’autres campus pour répondre à la demande croissante. D’après des estimations du MEEC, plus de 2 000 étudiants habiteraient ces résidences pour une capacité d'accueil de 1 106 lits. Raison pour laquelle le MEEC, dans une déclaration en avril, recommandait de mettre en place un fichier avec une liste à jour des étudiants résidents, afin de favoriser le renouvellement et l’attribution annuels des chambres, conformément au règlement intérieur des campus.

 

 

 

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