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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

(Syfia Congo) Au Congo Brazzaville, les mariages coutumiers sont devenus des occasions de sensibiliser contre les comportements sexuels à risques et les montants abusifs de la dot. Des médiateurs traditionnels, regroupés dans une association soutenue par le Conseil national de lutte contre le sida, abordent le sujet en chanson et sans tabou, faisant réfléchir mariés et invités.
                                                                         Bertier Batebi

 "Nous devons faire extrêmement attention, le sida fait des ravages. À vous tous qui me suivez : fidélité, abstinence ou préservatif ! Dépistez-vous pour connaître votre statut sérologique. Pour les séropositifs, les examens et le traitement sont gratuits." Nous ne sommes pas à une séance d’information dans un hôpital, mais à un mariage coutumier et Basile Sinza, la personne qui parle, n’est pas agent de santé, mais médiateur traditionnel. Dix minutes durant, il agrémente son message d’une chanson en kituba "Sida ke maladie ya yimbi" (Le sida est une mauvaise maladie), reprise avec un léger étonnement par les 200 personnes présentes au mariage d'Anouck Lipanda et de Francine Gombo, ce mois de septembre à Brazzaville.


Notre médiateur remet ensuite aux mariés deux tee-shirts sur lesquels on peut lire : "Fermez les portes de vos familles au VIH/sida". Le jeune époux  est satisfait : "Je bénis la personne qui a eu l’ingénieuse idée d’insérer ce genre de messages. Nous ferons attention pour ne pas tomber dans le piège.Depuis mai dernier et jusqu’en décembre prochain, 150 médiateurs traditionnels, appelés couramment nzonzi (en kongo au sud du pays), twèrè ou totelé (en mbochi dans le Nord) se mobilisent contre le sida, en utilisant des proverbes, des contes, des anecdotes et des chants. Le Conseil national de lutte contre le sida (CNLS) assure leur transport à hauteur de 5 000 Fcfa (près de 8 €) par cérémonie et finance les présents qu’ils offrent aux mariés.

 

 

Sexualité responsable, dot raisonnable

Ces unions sont aussi l’occasion d’amener les deux familles à s’accorder sur un montant raisonnable pour la dot. Fixé à 50 000 Fcfa (75 € environ) par le Code de la famille congolais, ce dernier est en effet parfois multiplié par dix dans la réalité ! D’après une estimation du CNLS, certains hommes doivent réunir au moins un million de Fcfa (plus de 1 500 €) pour se marier selon la coutume. Pierre Kinkonda, président de l’Association des médiateurs traditionnels du Congo (AMTC), explique qu’au cours de leur formation dispensée par le CNLS avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), ils ont ainsi appris que plus le prix de la dot est élevé, moins les jeunes se marient et plus ils sont exposés au VIH. Aujourd’hui, ils relaient ce message. Le Dr Franck Mboussou, conseiller technique principal au CNLS, explique : "Ce n’est pas en quelques mois qu’on pourra faire baisser ce montant. C’est un travail méthodique. Nous avons décidé de sensibiliser pour cela les chefs de quartier et de village."


Les efforts des médiateurs traditionnels commencent à porter leurs fruits. Guillaume Loubaki, l’un d’entre eux, par ailleurs agent du CNLS, affirme que le nombre total de mariages où se fait la sensibilisation est passé de 18 en mai, à 33 en juin, 24 en juillet et à plus de 70 en août. Au-delà des chiffres, l’opération provoque un déclic chez certains couples et parmi leurs proches. À l’image de Didier Makedi, marié en juillet dernier : "Tous les jours, le tee-shirt que j’ai exposé dans ma chambre, me rappelle que le sida existe et que je dois faire attention." Lionel Ouidi, invité au mariage coutumier d'Anouck, explique de son côté : "Ma fiancée et moi devons faire notre dépistage avant de célébrer notre mariage coutumier.Selon les données de l’enquête réalisée par le CNLS 2003, le taux de prévalence au Congo est en moyenne de 4,2 %. Le nombre de personnes infectées par le VIH est estimé à 110 000.

 


 

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