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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

 (Syfia Cameroun) Enlevés tout jeunes, quatre gorilles camerounais avaient été accueillis en grande pompe il y a deux ans à leur retour au pays après un périple de plus de cinq ans au Nigeria, en Malaisie et en Afrique du Sud. Depuis, loin des feux de l'actualité, ils n'intéressent plus grand monde : ni les autorités ni le public.

                                                              Charles Nforgang

 

À une centaine de kilomètres à l'ouest de Douala, le centre de faune de Limbe héberge depuis fin 2007 des gorilles au parcours pour le moins original. Leur périple a duré plus de cinq ans. Nés entre 1999 et 2001, ils auraient été capturés tout jeunes par des braconniers au Cameroun, puis vendus à des trafiquants d’animaux au Nigeria. Ils transitent ensuite par l'Afrique du Sud, avant de débarquer au zoo de Taiping en Malaisie en 2002.

 

Dans ce pays, les autorités locales de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) constatent que les documents d’importation ont été falsifiés et confisquent les quatre gorilles. Le Cameroun engage alors des négociations pour le retour de ses primates au pays. En 2004, la Cites les transfère cependant au jardin national zoologique de Pretoria en Afrique du Sud qui en avait sollicité la garde définitive et présentait de meilleures conditions d’hébergement.

 

"Le Cameroun a alors eu recours à des tests d’ADN pour montrer que ces gorilles étaient bien originaires de nos forêts. Le pays a également multiplié les missions d’experts pour convaincre la communauté internationale de nous les restituer", raconte Atemnkeng William Tazanu, cadre à la délégation départementale du ministère camerounais des Forêts et de la faune, tutelle du centre où vivent aujourd’hui les gorilles. Fin 2007, les quatre gorilles retrouvent le Cameroun, accueillis en grande pompe par le ministre des Forêts entouré des  autorités. On les a présentés au public nombreux à venir découvrir ces vivants succès de la diplomatie camerounaise. Le centre de Limbe bénéficiera même d’une voiture et d’une augmentation de son budget pour mieux prendre soin de ses nouveaux protégés.

 

Réadaptation difficile

Mais, les gorilles voyageurs ont eu du mal à se réadapter. "Ils se sentaient inférieurs aux autres gorilles et étaient toujours stressés, commente un guide du zoo. Leur passage dans plusieurs pays et zoos où leurs conditions de vie étaient différentes y est sûrement pour quelque chose." Appartenant à la famille des gorilles des forêts denses et humides d’Afrique centrale et d’une partie du Nigeria, ils ont été privés de leur climat d'origine pendant tout leur séjour à l’étranger. "Ces Taiping four (du nom du zoo malaisien où ils ont vécu, Ndlr) ne supportent pas la cohabitation avec les gorilles ordinaires. Nous avons été obligés de leur construire un enclos spécial", explique Jonathan Kang, responsable du suivi des primates au centre.

 

"Deux sont morts. Le premier après six mois. C’est ce qui nous a poussés à construire un enclos à part pour les autres. Le second est mort au bout d'un an alors qu’il occupait déjà son nouvel espace. Nous avons adjoint à ceux qui restaient deux autres gorilles qui les ont bien adoptés", ajoute Jonathan.Aujourd'hui, moins grands et moins costauds que la dizaine d’autres gorilles plus âgés du parc, les Taiping four sont loin d’être l’attraction des visiteurs. Ces derniers s’arrêtent certes devant leur enclos et parcourent leur histoire consignée dans les archives du centre, mais ils photographient plus volontiers les grands gorilles de l’enclos voisin dont les femelles se baladent avec leurs petits accrochés sous le ventre.

 

Quant aux autorités du ministère de tutelle, elles ne savent même pas qu’ils n’en restent plus que deux... "Ce n’est pas la première fois que le Cameroun s’investit pour rapatrier des animaux. Trois ans auparavant, nous avions ramené trois gorilles du Nigeria", explique Atemnkeng William Tazanu, avant de conclure, "des gens se demandent à présent pourquoi dépenser beaucoup d’argent pour rapatrier des animaux alors que nous en avons en quantité au pays."

 

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