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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

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Monsieur Adjim Danngar, vous êtes un dessinateur de presse et auteur de Bandes dessinées (B.D). Vous êtes d’origine tchadienne, mais réfugié politique en terre française depuis plus de 7 ans. Actuellement vous vivez à Paris, mais vous effectuez souvent de voyages de travail et des festivals à travers le monde. Vous venez de publier « I Have A Dream, un Nouveau Monde se dessine » de Martin Luther King avec beaucoup de vos confrères dessinateurs avec l’appui des Reporters d’Espoirs et d’autres organisations, dont nous ne pouvons pas tout citer. Un album collectif hommage à l’engagement de Martin Luther King.

1-Quel rapport a-t-il, je parle de ce discours avec vous qui êtes un tchadien d’origine ? En quoi cela pourrait-il être important pour votre pays de naissance ?

Le Discours de Martin Luther King parle de Droit… Et le Tchad est tout sauf un État de Droit. Et en temps que citoyen du monde, ce qui se passe au Bahamas comme à Singapour me concerne.

2-Monsieur Adjim Danngar, Idriss Dèby votre président de la République est arrivé au pouvoir le 1er décembre 1990. Nous sommes en 2013. Il a précisément 23 ans au pouvoir. Pourtant à chaque fois qu’il intervient, il dit sans honte que le Tchad est un pays démocratique : mythe ou réalité selon vous ?

« Je vous apporte ni or ni argent, mais la répression » histoire de parodier son discours à la télétchad pour la prise de pouvoir en 1990. Le Tchad est tout sauf un État de droit.

3-Vous avez toujours eu à faire la caricature de votre président de la République. Mais jamais, celle de la coopération chinoise ou française au Tchad. Qu’est-ce qui explique cela ?

Mais si, j’ai beaucoup dessiné à propos de la présence chinoise au Tchad et en Afrique en général. J’ai d’ailleurs exposé ces dessins aux RIDEP (Rencontres Internationale du Dessin de Presse) de Carquefou. La Françafrique, j’ai aussi réalisé plusieurs dessins.

4-L'écrivain, auteur et compositeur tchadien Kaar kaas Soon a fait une grève de faim pour dénoncer les arrestations des journalistes et des leaders de partis politiques d’opposition de votre pays. Pourquoi n’aviez-vous pas fait autant ?

J’ai été le soutenir lors de son passage sur le parvis des Droits de L’Homme au Trocadéro. C’est une action louable, en ce qui concerne l’alerte lancée en direction de l’opinion internationale. Je préfère garder mes forces pour continuer à dénoncer ces injustices que le régime actuel fait subir au peuple tchadien… Ces hyènes au pouvoir ne peuvent que ricaner en assistant à l’agonie des grévistes de la faim, on leur facilite la tâche. Non, je préfère rester debout et me battre tant qu’il le faudra.

5-Dans un pays incrédule comme le Tchad.Observer une grève de faim a-t-il un sens pour vos dirigeants ?

L’action de Kaar Kass Sonn vise plutôt à alerter l’opinion internationale sur le cas des journalistes et des opposants politiques arbitrairement arrêtés. Voilà pourquoi je fais le choix de rester, debout tout en était, solidaire de l’action de Kaar Kass Sonn.

6-Quel acte le plus urgent à faire pour permettre au Tchad de changer de président et surtout en devenant démocratique ?

 UNE Révolution ! C’est si facile de le crier ainsi, mais il suffirait qu’un peuple fort dit un matin « NON ! »…

15-La France vous a accordé un statut de réfugié politique. Mais vous arrive-t-il encore à dénoncer le soutien qu’elle apporte à Idriss Dèby ?

La France est un État de Droit, la liberté d’expression en fait partie.

7-Un journaliste de la Chaîne arabe Al-Jazira, disait-il dans son reportage diffusé en direct que le Tchad est un pays arabe, parce que l’arabe que l’on trouve dans ce pays est la mère de toutes les langues arabes parlées dans le monde. Est-ce que c’est une publicité ou c’est la vérité ?

C’est de la propagande rien de plus.

8-Vous sentez-vous concerné de l’attachement des autorités tchadiennes aux pays arabes ?

 Absolument pas, j’ai d’ailleurs réagi à ce sujet il y a quelques années quand Déby a voulu faire entrer le Tchad dans la ligue des Etats Arabes.

9-Vous arrive-t-il de rêver d’un lendemain meilleur comme Martin Luther King pour le Tchad et pour l’Afrique ?

Je suis un Afro optimiste en ce qui concerne l’Afrique… Pour le Tchad, je dirais que le serpent se mordra la queue un jour, rien ici bas n’est immuable.

 10-Vous êtes un réfugié politique de nationalité tchadienne. Vous vivez en France dans un pays de Droit. Vous sentez-vous bien à l’aise en France ou bien êtes-vous préoccupé par votre pays le Tchad ?

 Quelqu’un m’a dit un jour « vas où tu veux et meurs où tu dois » j’ai beaucoup aimé cette phrase. Le pays de mon enfance me manque effectivement, sans être nostalgique. Pour l’instant je vis en France et tout va bien. Je me préoccupe de tout ce qui se passe au Tchad, mais également des pays voisins tel que la RCA. Des parents, des amis vivent dans ces pays.

 11-Monsieur Adjim Danngar, vous êtes un écrivain jeune de l’âge Mais assez vieux dans la caricature ou les dessins de presse. Quelle analyse ou comparaison faites-vous entre la « grande épopée du Tchad » que vous avez publié avec l’association de ABC (atelier Bulles de Chari) et « I have A Dream » publié ici en France ?

« La grande épopée du Tchad » parle d’histoire, du passé colonial du Tchad. Le titre de cet album, financé par les brasseries du logone, en dit long. Je n’aime pas ce titre qui me renvoie les fameux débats sur les bienfaits de la colonisation en Afrique. Je tiens à préciser que je n’ai pas participé à l’élaboration de cet album qui a été publié en 2005, un an après mon départ de N’Djaména.

12-Monsieur Adjim Danngar, comme vous n’êtes pas le seul auteur à publier « I Have A Dream » Pourriez-vous nous dire de qui vous est venue cette belle idée ?

 Faro est l’initiateur du projet « I have a dream », un dessinateur de presse que j’avais rencontré à la 12ème édition du festival RIDEP (Rencontres Internationales du Dessin de Presse) à Carquefou, il y a deux ans. On a beaucoup échangé pendant le festival sur nos projets respectifs, et l’envie de travailler ensemble a suivi naturellement. Avant « I have a dream » il y a eu « Dégage ! » toujours en album collectif sur le printemps arabe…

 13-Lorsque l’on publie un livre ou une bande dessinée avec d’autres personnes, a-t-on le temps de bien réfléchir vers des idées bien précises ?

On a largement le temps de réfléchir, car les projets se font en fonction de la charge de travail à réaliser, que ce soit en bande dessinée ou en dessin de presse.

14-Quel rôle avez-vous joué dans l’élaboration de cet album « collectif hommage à l’engagement de Martin Luther King » ?

J’ai tout simplement proposé le dessin sur le thème « I have a dream » qui a été accepté et apprécié…

15-Avez-vous accepté de faire parti de ses auteurs de cette B.D SUR Martin Luther King pour passer vos idées ou c’était naturellement pour gagner un peu d’argent ?

D’abord le plaisir de réaliser le dessin et ensuite de le voir publier par un éditeur. Pour répondre à votre question, je dirais que ce n’est pas pour l’argent que je dessine… Je déprime rien qu’en répondant à cette question – je ris ! Mais un travail doit être rétribué comme il se doit, bien sûr.

 16-Le discours de Martin Luther King a eu lieu le 28 Août 1963. Nous sommes en 2013. Est-il encore important de parler de cela ? Et quel rôle joue-t-il dans votre vie quotidienne ?

Le discours de Martin Luther King est toujours d’actualité, en France nous avons le Front National (FN) et dans le reste du mon des néo-nazis qui se multiplient comme des lapins… Le dessin que j’ai proposé parle de la misère, qui aujourd’hui n’a pas de couleur… Contre le règne sans vergogne de la finance sauvage et des firmes.

17-Marin Luther King a donné ce discours lorsque les noirs étaient sous domination des blancs. Les Américains blancs de l’époque se sont crus plus importants que les noirs d’origine africaine, un vrai produit de l’esclavage suite à la traite négrière qui a vu la participation de la France ancienne et d’autres pays occidentaux. Vous Adjim qui vivez finalement en France, que dénoncez-vous dans cet album « I Have A Dream » ?

Je répondrais présent à ce projet même si je vivais au fin fon de Bangoule. Le message de Luther King est universel, alors je le réitère en épinglant les firmes… Je dénonce le « tout est profit » au détriment de l’humanité. Les firmes, les banques qui bâillonnent et spéculent sur la misère des plus démunis.

18-Souvent, vous aimez parler de la maison de Journalistes, de ce que vous faites avec des élèves français ou autres. Pourriez-vous nous dire en peu de mots cet amour que vous avez à la maison des journalistes et de votre présence en France en tant que dessinateur de presse ?

La Maison des journalistes a été pour moi plus qu’un refuge, j’y ai fait de belles rencontres et surtout repris le dessin de presse grâce au site l’œil de l’exilé.

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