Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

(Syfia Congo) Au Congo Brazzaville, de plus en plus de femmes battues, qui vivent un enfer quotidien, osent briser les tabous familiaux et porter plainte contre leurs maris. Des associations, appuyées par les autorités, les aident à se reconstruire.                                                

                                         Annette Kouamba Matondo

 
"J’ai rencontré Julien il y a deux ans dans une bibliothèque. Comme moi, il avait une passion pour les livres. Nous nous sommes mariés. Puis, il a plongé dans la boisson sans que je puisse faire grand-chose. La fusion des premiers jours a fait place aux disputes, aux injures, aux coups et aux humiliations", se souvient douloureusement Jeannine, dans la vingtaine, les yeux fixés sur le sol. "Marc, mon mari, entretenait une relation avec une autre femme. Un soir, je suis allée la voir. Mon époux a débarqué et m’a tabassée. Sans l’intervention des voisins, je serais morte. Un soupçon de paix est ensuite revenu dans notre cocon. Marc a pleuré et s’est excusé. Je croyais qu’il avait changé, mais deux semaines plus tard, les disputes, les blâmes et les bastonnades ont repris", raconte Michelle.Au Congo Brazzaville, en 2008, selon l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH), plus de 2 000 femmes étaient chaque semaine battues par leurs maris.

S'appuyant sur des statistiques de la Banque mondiale, Amnesty International estime qu'une femme sur cinq dans le monde est ou a été victime de violences physiques ou d'agressions sexuelles, le plus souvent commises par des membres de sa famille, de sa communauté ou de son employeur. Au Congo comme ailleurs, les mentalités peinent à évoluer et certains hommes estiment toujours que battre sa femme est un acte d’amour ou un moyen juste de la réprimander. Il n’y a pas si longtemps, il était hors de question de parler de ces violences à l’extérieur du foyer. "Laver le linge sale en public était strictement interdit. Cela mettait en cause l’honneur de toute une famille qui devenait la risée du quartier. Dans le secret, on conseillait le couple et on demandait à la femme de se rapprocher de sa belle-famille en cas de récidive", reconnaît maman Angélique.

 Les mentalités évoluent

Aujourd’hui, débarrassées du poids de la tradition, certaines brisent le mur du silence. "Ces femmes nous arrivent dans un état lamentable. Il leur faut du temps pour s’ouvrir et parler. Elles se reconstruisent petit à petit, grâce aux différentes réunions où elles prennent la parole", explique Bertin Nimi Batotoula, de l’Association génération sans risque, une ONG qui les prend en charge médicalement et psychologiquement et les oriente vers les cliniques juridiques et la gendarmerie. "Un homme qui bat sa femme n’est pas moins coupable qu’un homme qui agresse un inconnu. Pour changer les mentalités, il faut que les auteurs de ces crimes soient punis", soutient M. Bertin.De plus en plus de femmes, surtout les plus indépendantes financièrement et qui connaissent mieux leurs droits, osent désormais poursuivre leurs maris en justice. Mais, les pressions familiales restent très fortes. "À la suite d’une horrible dispute, mon mari m’a fracturé la main. J’ai décidé de porter plainte contre lui. Je suis allée trouver ma mère qui m’a conseillé de garder le silence. Elle m’a rappelé que, sans son aide, mon frère ne serait pas en France pour ses études. Mon mari était le porte-monnaie de ma famille, moi à côté je pouvais mourir... J’étais désespérée. Même ma meilleure amie m’a traitée d’ingrate", poursuit Jeannine, au bord des larmes.

 Aujourd’hui, en attendant le divorce, elle vit chez son père. Ce dernier l’a accueillie après une tentative de suicide. D’un commun accord, les deux familles ont décidé de la séparer de son époux qui devenait de plus en plus violent.Toutes les plaintes n’aboutissent pas d'autant qu'il n’existe pas au Congo de loi spécifique sur les violences à l’intérieur d’un foyer. Les condamnations sont très rares et se résument, la plupart du temps, à des emprisonnements d’une semaine à un mois et à des amendes. "Sur dix plaintes enregistrées, seul quatre arrivent au tribunal. Mais, les femmes prennent de plus en plus conscience que la violence à leur égard est un acte condamnable. Elles sont les seules à pouvoir dénoncer leurs agresseurs", rappelle le maréchal des logis Ida Reine Mankou, de la gendarmerie nationale. Entre le 22 mars et 13 avril 2009, soit en moins d'un mois, la gendarmerie a ainsi enregistré 100 plaintes de femmes. "On assiste à un changement de mentalité des hommes. Après un arrangement ici ou au tribunal, les couples ne reviennent plus. On suppose que tout marche à présent", ajoute Ida Reine Mankou.

 "Enceinte de ce monstre"

Ce n’est malheureusement pas toujours aussi simple et se reconstruire après pareil traumatisme prend généralement du temps. "Aujourd’hui, je suis divorcée de Philippe et je vis seule avec mon fils. Je ne suis pas prête à me remettre en couple. Je continue à faire des cauchemars. Le psychologue me dit que je vais guérir avec le temps, mais c’est une page de ma vie que j’aurai du mal à tourner", témoigne Magali, qui, pendant quatre ans, a vécu un véritable enfer. Hospitalisée à de nombreuses reprises après avoir été battue par son mari, elle a finalement porté plainte, soutenue par une amie, quand elle a su qu’elle était "enceinte de ce monstre"."Mon compagnon m’a promis de se venger et de récupérer son fils. Mais le fait d’avoir osé parler et vivre sans lui m’a libérée de mes angoisses", se félicite pour sa part Murielle, séparée depuis quatre mois. Elle qui vivait en union libre, savoure aujourd’hui, seule, une vraie liberté retrouvée.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

sommoskemegni 21/11/2010 00:53


viens lire les révélations den mon blog pour comprendre que le diable est sous les traits humains et vit par par ses multiples au sein des familles partout dans le monde.
Comprendre le côte immatériel des personnes aveec qui l'on vit est capital pour mettre à nu celui ou celle qui se cache sous une enveloppe matérielle pour violenter, violer, affamer, tuer.