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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                                                     Moussa Torna                                   


Si le Tchad, pays en grande difficulté pour retrouver la paix et la concorde nationale depuis l’émergence le 22 juin 1966 du Front de libération nationale du Tchad (Frolinat) et ses différents tentacules a besoin de tous ses fils, cependant, les démarches des uns et des autres dans cette direction sont largement contestables étant donné le manque d’un engagement sincère et désintéressé des acteurs. Et comme le ridicule ne tue pas dans le pays des Sao, on assiste de manière sporadique à des allers-retours au bercail totalement stupides qui n’ont rien à voir avec les vrais problèmes du Tchad. Il n’est nullement question ici, d’épingler le système Frolinat même si à bien des égards, sa responsabilité directe est engagée dans la descente aux  enfers  de l’Etat Tchadien. Nous y reviendrons amplement dans un autre article. Entre temps, les retours au bercail de certaines personnalités politiques à titre individuel ou collectif, devenus presque la spécialité tchadienne suscitent chez les citoyens, les  observateurs nationaux et internationaux quelques interrogations dans la mesure où toutes ces initiatives n’ont jamais apportés les fruits escomptés à cause de la mauvaise foi du Président Deby et pas seulement car tous les opposants qui se réclament comme tels ne sont guère des personnes irréprochables.

Finalement, le peuple tchadien assiste impuissant et résigné, à un spectacle désolant digne d’une pièce de théâtre où chaque acteur joue remarquablement bien sa partition pour l’avoir bien apprise. Nous n’allons pas  faire l’apologie de toutes les négociations ayant abouti au retour des opposants, depuis les accords de Khartoum de 1978 entre le  CCFAN d’Hissein Habré et le gouvernement du Président Félix Malloum  à nos jours mais la décision de l’ancien président Goukouni Weddeye de rentrer définitivement au Tchad mérite un éclairage quant aux motivations réelles d’un tel retour et le timing choisi pour le faire. En guise de rappel, Goukouni Weddeye né vers 1944 à Zouar, dans le Tibesti accède à la présidence du Tchad le 21 Août 1979 à la faveur de la conférence de Kano II succédant à Lol  Mahamat Choua. Il est contraint de quitter le pouvoir le 7 juin 1982 forcé par les Forces Armées du Nord de son éternel rival Hissein Habré pour trouver exil en Algérie.Vingt ans après, il décide de rentrer définitivement au pays  et « entend apporter sa contribution pour la consolidation de l’unité nationale et de la paix », selon l’interview accordée à la presse nationale à l’issue d’une audience au palais présidentiel.



Si personne n’est contre le retour d’un compatriote au bercail, de surcroit un ancien président, pourtant force est de constater qu’un tel retour presque en catimini cache beaucoup des non-dits dont les citoyens ont le droit de savoir la vérité. Exalté le retour d’un compatriote ayant joué à un moment donné, un rôle fut-il de premier plan dans la vie politique mouvementée du pays pour en faire une récupération purement politique est loin de convaincre les tchadiens sur les en-dessous des discussions et les réelles  motivations à la base d’une telle décision. Un observateur attentif des tractations politiques ayant requis l’anonymat, laisse clairement entendre qu’il y a bien eu une contrepartie financière accordée par Idriss Deby à l’ancien président criblé de dettes et ne sachant plus à quel saint se vouer.


Le début de cette histoire un peu ambiguë comme tant d’autres à élucider un jour, remonte aux obsèques du feu Omar Bongo au cours desquels Goukouni Weddeye a retiré de façon paternelle l’actuel président dans un coin le tenant par la main pour lui signifier à quel point il croule sous le poids d’énormes dettes. Ce,  à quoi Idriss Deby a promis de faire le nécessaire dans un bref délai si toutefois l’ancien président décidait  de rentrer définitivement au pays. Nous ne saurons jamais du moins jusqu’à nouvel ordre le montant réel du jackpot touché par Goukouni Weddeye en échangde son retour à mère patrie.La date choisie n’est pas un hasard, auréolée par une victoire politique au lendemain de la signature des accords de paix avec le Mouvement National dirigé par Hassaballah Soubiane ; le gouvernement entend marquer davantage des points et isoler davantage les rebelles de l’Est.

La jonction de ces deux évènements traduit pour le gouvernement de Deby, une volonté politique de tendre la main à tous les opposants au pouvoir central.  Pourtant, les négociations au cas par cas ont souvent accouché d’une souris, précisément lors de leur mise en application. En général, la faute incombe au régime de Deby en position de force qui foule allègrement les dispositions de tels accords. Usés parfois par de longues années de luttes armées ou d’exil politique, les opposants au régime de Ndjamena  signent les accords de paix presque les yeux fermés faisant uniquement confiance aux médiateurs internationaux qui n’assument pas d’ailleurs leurs responsabilités jusqu’au bout.


Par ailleurs, le retour de Goukouni Weddeye  serait également lié à l’absence du Président Félix Malloum décédé le 12 juin 2009 à Paris qui semble lui faire de l’ombre de son vivant.  Contrairement à son prédécesseur qui s’est retiré définitivement de la vie politique publique, Goukouni Weddeye montre une disponibilité politique alors même qu’il a échoué lamentablement dans une tentative personnelle soutenue par le défunt président gabonais de jouer les bons offices entre le gouvernement et les rebelles tchadiens. Enfin, en qualité d’ancien président, Goukouni Weddeye bénéficiera notamment d’une indemnité mensuelle de trois millions de FCFA, l’équivalent de quatre mille cinq cent soixante dix euros, deux véhicules avec chauffeur et une prise en charge des frais de santé.

 

                                                                  

 

 

 

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