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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                                                        Moussa Torna

A la veille d'une nouvelle rentrée universitaire, les soubresauts nés d'un long mouvement de  grève demeurent encore présents dans tous les esprits notamment ceux d'étudiants qui sont les premières victimes d'un tel bras de fer si  regretable. En effet, l’année universitaire 2008- 2009 aura été marquée par une crise sans précédent à cause du mouvement de grève d’une grande envergure qui a  paralysé  plus de la moitié des universités de France. Jamais de mémoire, le bras de fer entre le monde universitaire et le gouvernement n’aura autant été si tendu et  difficile à dénouer  tellement les positions des uns et des autres étaient très éloignées.

La genèse de la crise, rappelons-le brièvement,  remonte au mois de janvier avec l’Assemblée générale de la coordination nationale des universités, réunissant le 22 janvier 2009, les délégués  provenant de quarante six (46) universités au cours  de laquelle deux motions  ont été votées à savoir d’une part la  condamnation de  la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppression d’emplois, l’exigence  du rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes  de recherche d’autre part,  l’appel immédiat à la rétention des notes, la non transmission de la maquette de formation des enseignants du premier et du second cycle et le soutien aux mouvements de grève et qui  ont déjà commencé ainsi l’appel au renforcement dans tous les domaines.


Outres, les motions, la Coordination nationale a prévenu le gouvernement d’entrée en grève si, le ministère de tutelle ne retire pas, sans préalable, le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et  la réforme de la formation des maîtres et des concours  de recrutement des enseignants du premier et du second degré. Face à la mobilisation unanime des enseignants-chercheurs, suivie par la solidarité massive des étudiants à leurs enseignants,  Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur a su habilement jouer la carte de l’usure et de la ruse. Sans vraiment lâcher sur le fond, la réécriture du décret mis en cause par le monde universitaire étai tout simplement une manœuvre de diversion et de mauvaise foi, juste pour gagner du temps et affaiblir la dynamique  de mobilisation générale contre les réformes engagées et menée par  elle. Ce mouvement s’est illustré particulièrement par des actions  communes à l’échelle nationale comme les journées nationales de manifestation, puis des actions ciblées circonscrites au niveau de chaque université, Le blocage comme moyen extrême des actions pénalise autant les étudiants que le  personnel administratif ainsi que les enseignants.

Face à l’enlisement de la situation et la position de fermeté  affichée par le gouvernement, la solidarité des étudiants s’est fissurée petit à petit avec  d’un côté le camp des extrémistes et de l’autre celui des modérés.  Les Assemblée Générales qui se tiennent pratiquement toutes les semaines pour analyser les progrès accomplis dans les négociations et en appeler éventuellement à la reprise ou non des cours, se transforment en tribune de pro et anti gouvernement. Les premiers se composent essentiellement des militants et sympathisants de droite qui accusent les seconds d’appartenir, et c’est aussi la thèse du gouvernement, à l’extrême gauche constitués seulement d’une petite minorité tenant en otage tous les étudiants.


Soucieux de sauver leur année, la majorité des étudiants et d’universités ont opté pour le principe de la reprise des cours malgré le statu quo.  Les unes après les autres, presque toutes les universités ont levé le mot d’ordre de blocage ou de grève à l’exception seule de l’université de Toulouse II, dernière à faire autant au mois de juin rendant absolument intenable dans le délai la tenue des examens de fin d’année , reportés finalement pour la fin d’août –début septembre avec toutes les conséquences possibles. Même si les conséquences sont fâcheuses pour tous les étudiants, il n’en demeure pas moins que le cas des étudiants étrangers mérite bien une attention particulière en termes de coût financier, des résultats  universitaires et des démarches administratives puisque tous ces paramètres se tiennent entre eux au final.

Ces mouvements de grève ont le mérite tout de même d’amener les acteurs sur la table de négociation et de trouver une porte de sortie acceptable par tous même si tel n’est pas souvent le cas. Il faut reconnaître par ailleurs, le gouvernement prend généralement très au sérieux, les mouvements de revendications du monde universitaire. En guise de rappel, le gouvernement de Dominique de Villepin, Premier Ministre d’alors, pour avoir commis la maladresse d’imposer le Contrat Première  Embauche (CPE) en 2006 était contraint d’abdiquer suite à une forte mobilisation des élèves.  Mais quelle est particularité de ce contrat pour être tant décrié par le public ? En fait, dans le cadre du contrat CPE, salarié et employeur ont la possibilité de le rompre sans motif durant la période d’essai de deux ans. Ce genre de contrat est destiné aux jeunes de moins de 26 ans et aux entreprises de moins de 20 salariés.


Si en Europe, et en particulier en France, les étudiants entrent en grève pour des motifs fonctionnels et structurels du système de l'enseignement supérieur et accessoirement de conditions d’études, en Afrique, la plateforme revendicative d’étudiants est essentiellement motivée par des considérations financières. Ils entrent en grève pour réclamer d’arriérés des bourses. Alors que les universités africaines dans leur majorité souffrent d’énormes carences structurelles qui appellent des réponses politiques fortes. Au lieu de cela, les gouvernants s’amusent à investir sur des projets souvent coûteux qui sont tout sauf des investissements utiles pour le développement de la jeunesse et partant pour le pays. Quand ici, les forces de l’ordre font preuve d’humanisme et de professionnalisme pour dissuader les manifestants, en Afrique c’est plutôt l’usage de la brutalité qui prédomine. Les bavures policières sont légions d’où les bastonnades et parfois la mort d’homme.

 

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