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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                                                             Paul Duran
(Syfia Niger) Ce mardi 4 août, les Nigériens votent pour changer ou pas de Constitution. Un "oui" permettrait au président Tandja de se maintenir au pouvoir au moins encore trois ans. Depuis début juillet, un décret autorise le président du Conseil supérieur de la communication à décider seul de sanctionner, sans préavis, tout média qui troublerait l’ordre public.

 

Ce mardi 4 août, les électeurs nigériens sont appelés à participer à un référendum. L’enjeu est important, puisqu’il s’agit de faire adopter une nouvelle Constitution qui permettrait à l’actuel président, Mamadou Tandja, âgé de 71 ans, de rester au pouvoir encore trois ans et de se présenter aux prochaines présidentielles prévues fin 2012. Si l’ancienne Constitution était appliquée, le chef de l'État devrait quitter le pouvoir au terme de son deuxième et dernier quinquennat c'est-à-dire le 22 décembre prochain.

 

Depuis plusieurs mois, pro et anti Tanja manifestent. Le climat est donc tendu et les critiques des médias de plus en plus mal venues. Le 8 juillet dernier, le chef de l'État a signé un décret qui renforce les pouvoirs du président du Conseil supérieur de la communication (CSC), instance de régulation des médias : "Lorsqu’un organe de presse publie un article ou diffuse une émission de nature à porter atteinte à la sécurité de l’État ou à l’ordre public, le président du CSC peut prendre toute mesure conservatoire sans mise en demeure préalable (…)." Désormais, le président du CSC peut sanctionner sans même de consulter les dix autres membres du conseil, qui décidaient auparavant par consensus ou par vote.

 

La mesure découle de l’application de l’article 53 de la Constitution qui confère au président de la République des pouvoirs exceptionnels. Un "abus de pouvoir" estime un juriste : "C’est une atteinte à la liberté de la presse. En dotant le président du CSC de pouvoirs exceptionnels, le président de la République a détourné l’article 53 de la Constitution qui ne renforce que ses propres pouvoirs. Il n y a pas de sous-traitance."

 

Journalistes en grève

 La presse privée n’a pas tardé à dénoncer cette mesure qui, selon l’entourage du président de la République, "vise à prévenir tout dérapage dans ce contexte de crise politique". "L’existence des médias indépendants est menacée", estime un responsable de la Maison de la presse de Niamey. "Cette mesure prive le peuple de son droit à l’information plurielle pendant cette période de débats contradictoires sur l’avenir du pays", ajoute un dirigeant de l’Association nigérienne des éditeurs de la presse indépendante (ANEPI). "De la même manière qu’ils ont domestiqué la presse publique, ils veulent mettre la presse privée au service du projet référendaire", analyse un journaliste radio de Niamey. "Les temps de l’Inquisition et de la pensée unique sont révolus", affirme un journaliste de presse écrite.

 

Selon les organisations socioprofessionnelles des médias, le décret présidentiel limitant la liberté de la presse fait suite au désaveu du président du CSC par ses pairs et par la Justice, après sa décision unilatérale de suspendre les programmes de la radio et télévision Dounia (le monde, en haoussa). Celle-ci avait diffusé, le 27 juin dernier, un discours d’une coordination de partis politiques qui, selon le président du CSC, appelait "à l'insurrection des forces de défense et de sécurité". Trois jours après, la Justice ordonnait la réouverture de ce média, déclarant illégale sa fermeture.

Pour exiger l'abrogation du décret qui renforce les pouvoirs du président du CSC et permettre aux journalistes de remplir leur devoir citoyen de rapporteurs de toutes les opinions, les organisations socioprofessionnelles des médias privés indépendants ont observé une grève du 20 au 25 juillet. Une soixantaine de titres, vingt-trois radios et quatre télévisions ont cessé le travail. "La mobilisation a été de taille. Les confrères ont bien compris les enjeux de cette lutte", se réjouit un responsable du Syndicat des travailleurs de la presse privée.

 

"Liberté citoyenne"

"Nous devons résister à cette dérive autoritaire", tempête un dirigeant de la Maison de la presse. Les journalistes ont appelé les syndicats, les partis politiques, les associations et les ONG à se joindre à eux. "La liberté de la presse n’est pas l’apanage des seuls journalistes. C’est une liberté citoyenne, socle de la démocratie", souligne un collectif regroupant des organisations socioprofessionnelles des médias. Un appel plutôt bien entendu, jusqu’ici, du côté des syndicats et des partis politiques qui ont exigé, dans des déclarations publiques, l’arrêt de la censure des médias. Dans une lettre datée du 10 juillet 2009 adressée au président de la République du Niger, le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ), basé à New York, a par ailleurs demandé "d'abroger le décret présidentiel et de mettre fin à la censure". Certains médias, notamment des stations de radio et des chaînes de télévision, ont peur des représailles, s’autocensurent et évitent désormais tout débat sur la situation politique du pays.

 

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