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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                                               Ahmat Zeidane Bichara

Nous sommes non loin de la station du métro Palais de Justice, la ligne B pour ceux qui connaissent Toulouse, la Capitale de la Haute-Garonne. Pour nos lecteurs qui sont éparpillés partout dans le monde, les informations sont vérifiables grâce à la magie de l’internet. Tout est possible avec la performance de l’informatique via le moteur de recherche google. Mais revenons au coeur de notre observation d'un lieu d'animation. Nous sommes donc dans un débit de boissons géré par un petit groupe Tchado-Centrafricains situé au quartier Saint michel.


Mais, il n’est pas du tout facile pour des gens qui arrivent pour la première fois sur le lieu, en l'absence de toute indication claire et précise, de savoir là où est logé ce petit bar pour les uns et une vente à domicile pour les autres. En un mot l’endroit dégage une odeur de sauce africaine et aussi d’alcool dès qu’on s' y approche.
Le local qui abrite ce lieu d'animation se compose d'un grand appartement sectionné en deux pièces: au fond le bar et à l'entrée le Cybercafé avec une dizaine d’ordinateurs et quatre édicules privés pour des appels téléphoniques locaux ou internationaux payantes.
  C’est un lieu des petites affaires commerciales ou des petits services proposés à divers clients et visiteurs. Qu’on arrive le matin ou tard dans la nuit, dans cette première pièce, règne un silence total propice à un travail de recherche sur internet.

Bien qu’on observe de temps à autre, des allers-retours, il y a quand-même une porte entre les deux compartiments, étouffant le son doux de la musique et les bruits gênants des buveurs du petit bar en majorité des Centrafricains discutant allègrement en  passant du français au Sango (une des langues nationales) et vice versa. Cette façon de parler utilisant à la fois deux langues n’est pas propre aux Tchadiens ou aux Centrafricains, beaucoup d’Africains la pratique depuis toujours. Les Tchadiens qui étaient là font la même chose en revenant tantôt en arabe et tantôt en français.


 
Généralement quant on veut partager un secret à son ami ou prochain, on préfère le dire en dialecte pour éviter qu'il y ait de fuite ou cela tombe dans les oreilles d'une personne inconnue. Et pour éviter toute sorte d'incompréhension  de la part  des "amis de table", le retour au français s'opère d'une manière subite avec un sujet qui ne cadre souvent pas aux discussions précédentes. Nous sommes toujours  en train de contempler là, l’intérieur à la première pièce avec la description de tout ce qu’elle contient. Tous les décors proviennent d’Afrique subsaharienne, des arts et de la musique.

 
Progressivement quand on avance vers la seconde pièce où est logé le petit bar, psychologiquement on est transformé par la force du bar et nous préparons à affronter les regards des inconnus et l’odeur d’alcool. Dès que la porte s’ouvre, les yeux des buveurs vous dépouillent du bas en haut et inversement sous un brouhaha des salutations, peu équilibré qui vous bourdonne aux oreilles comme les moustiques des pays tropicaux. Voilà nous sommes bien  au bar africain sans nom particulier.

 
Si les choses et les tables sont à l’occidental, les clients sont presque exclusivement africains et quelques antillais commençant à prendre goût  à la belle ambiance offerte grâce  à la  douceur, à la finesse et aux charmes des plus jolies serveuses au maquillage ordinaire, les têtes couvertes des chapeaux de perruques à la mode des mannequins ou hôtesses américaines noires. Il faut souligner qu’avant l’arrivée des vacances d’été, les clients ont été servis pendant longtemps par une ronde Franco-tchadienne, à la parole douce et à la volonté immesurable de répondre à  l'attente de « monsieur tout le monde ».

Presque tous les habitués du lieu connaissent son nom et ils n’hésitent pas de s’approcher auprès d’elle pour  lui adresser des compléments. « Tu es très belle et très gentille. », « Tu as une bonne manière de nous comprendre. Jamais je n’ai rencontré une Tchadienne comme toi. » « Tu as une bonne forme et c’est toi la vraie africaine. » Bref, la Franco-tchadienne a marqué ces clients avant de voyager au Tchad pour ces vacances d’été.  

 

Lors de ce reportage, les clients se régalent de la présence de deux jeunes serveuses dont l’une est une Française d’origine Réunionnaise et l’autre, une Centrafricaine. La Réunionnaise, une métisse avec beaucoup de cheveux et elle a une très belle peau. Quand à la Centrafricaine, bien qu’il soit très difficile de savoir si elle a beaucoup de cheveux ou pas, puisqu’elle a fait une tresse avec des perruques, elle a une vraie peau noire d’Afrique.

 

Il ya donc deux serveuses avec deux mondes différents, mais elles se comprennent. Personne n'a encore assisté à une altercation  conduisant  à des violentes querelles.  D’ailleurs les clients venus pour boire et discuter  n’ont pas le temps de surveiller le comportement de l’une ou l’autre . Ce qui  intéresse les clients, c’est leur promptitude à répondre présente à leurs demandes.

 

Les clients ont besoin d’être servis et le plus vite possible. Jamais d’après les clients ils n’ont vécu  des moments et semaines si agréables depuis que le bar a été ouvert. «  Bien que la Franco-tchadienne ait sa manière de nous servir, il faut dire les deux filles retiennent forcement l'attention  et elles donnent envie dépenser encore et encore  avant de rentrer à la maison. » « Mon vœu est de voir les deux jeunes filles pour longtemps, même si la Franco-tchadienne revient de son voyage. Il faut la diversité qui constitue bien une richesse. » C’est  l’habitude de tout client qui a  toujours besoin des nouvelles choses. Il ya de la musique à gogos, et notemment le rythme zaiko langa-langa, les merveilles du passé. Touchés par cette musique, trois clients Centrafricains se sont  levés démontrant leurs aptitudes dans la danse.

 
Pendant que les quatre Tchadiens qui étaient là, discutaient de leur problème comme si rien n’était dans la salle. Et cela surprend presque tout le monde. Il est curieux de constater que les Tchadiens qui venaient  dans ce bar, se mélangeaient très peu ou pas du tout  aux Centrafricains sans raison apparente.  Peut-être les raisons proviendraient du fait que les Tchadiens ont pris l’habitude de se servir des verres pour boire leur bière, alors que les Centrafricains pour des raisons de sécurité personnelle  préfèrent la méthode de boire au clairon, consistant à boire à la bouteille.

 

Les Tchadiens partagent leurs bouteilles de bières  à plusieurs. Tout dépend des moyens dont ils disposent.  Même s’ils n’ont qu’une seule bière, ils la partagent ensemble. Alors que les Centrafricains la boivent individuellement et n’ont pas du tout cette culture de partage. Si un Centrafricain invite un ami, il lui achète sa bouteille d’alcool, d’où la méthode clairon.


 
Les Congolais quant à eux, varient leur façon de boire. Tantôt ils se servent des verres, tantôt, ils prennent au clairon. Généralement un Congolais seul n’utilise pas des verres. La bière coule donc à flot et l’alcool monte progressivement sur les veines des buveurs. Le ton monte et les sujets des discussions se succèdent comme  les voitures formant un train. Ce n’est pas une surprise et cela ne fait peur à personne. Tout le monde a l’habitude de parler fort et direct. Sauf les sujets politiques ne se disent pas tout haut. Est-ce par peur? Difficle d'en savoir plus. 

Ce sont des sujets auxquels les Centrafricains n’accordent pas trop d’importance, alors que les Tchadiens ne se privent pas de parler politique surtout pour épingler le régime clanique de  Deby, la gestion calamiteuses des revenus pétroliers sans oublier de décocher des flechettes à l'endroit des rebelles qui sont incapables d'apporter des réponses alternatives cridibles. Quant aux Congolais, c’est la culture et surtout la musique  qui les intéressent le plus. Ils viennent pour passer du temps avec les autres et partager de la bière avant de rentrer tout heureux chez eux. Voilà, l’ambiance à l’Africaine. Car, quelque soit la distance dont on se trouve, on n’oublie pas sa culture et sa façon d’être.

 

 

 

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