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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                             Ahmat Zéïdane Bichara
A l’occasion de l’élection présidentielle organisée en Mauritanie ce samedi, 18 juillet 2009, l’association Survie dénonce l’attitude de la diplomatie française qui, par l’intermédiaire de ses réseaux plus ou moins officieux, apporte son soutien à la junte arrivée au pour par les armes. D’après survie, la France poursuit ainsi en Afrique une politique inacceptable de soutien aux dictateurs et de déstabilisation de processus démocratiques, allant à l’encontre des aspirations des populations.

Cette association des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales rappelle que le 6 août 2008, des militaires avec à leur tête le général Mohamed Ould Abdel Aziz renversaient le président élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi provoquant des protestations et manifestations violemment réprimées. Selon elle, cette prise de pouvoir par la force des armes a été condamnée par l’ensemble de la communauté internationale.

De leur côté, les responsables français ont été plus ambigus: si le discours officiel a été de condamner le putsch et l’organisation d’une présidentielle, le secrétaire d’Etat à la Coopération Alain Joyandet déclarait dès août dernier que « les revendications des militaires ne sont pas toutes illégitimes ». Les responsables de Survie poursuivent que la communauté internationale a tout de même amené à la table des négociations les putschistes et leurs opposants démocrates (FNDD et RFD) aboutissant à la signature, le 2 juin dernier, des accords dits de Dakar.

Ces accords prévoyaient la dissolution de la junte, la démission du président légitime renversé et une nouvelle élection présidentielle, ce 18 juillet organisée par un nouveau gouvernement de transition nationale. Les défenseurs français des droits de l’Homme et des libertés constatent que depuis, la junte au pouvoir a multiplié les manœuvres dilatoires afin de retarder la  mise en place de cet accord s’assurant ainsi un avantage certain face à une opposition sans moyen et n’ayant que pue de temps pour battre campagne.

Survie souligne que de nombreux observateurs et analystes constatent toutefois que le général-candidat ne devrait même pas passer le premier tout malgré l’argent distribué pour acheter des voix. Ceci suscite leur inquiétude grandissante, ainsi que celle des démocrates mauritaniens et d’une majorité de la population, quand à l’ampleur des fraudes. Le général Abde lAziz a même menacé à plusieurs reprises et publiquement de réaliser un nouveau coup de force si les choses n’évoluaient pas en sa faveur.

 Face à cette situation, l’association Survie exprime ses plus grandes préoccupations quant aux fraudes prévisibles en faveur du candidat putschiste Abdel Aziz et le soutien que les plus hautes autorités françaises lui apportent. La junte a, en effet, très rapidement trouvé des relais parmi les réseaux de la diplomatie française, notamment autour de la personne de Robert Bourgi, avocat et conseiller  de nombreux dictateurs africains  ainsi que du président français Nicolas Sarkozy. Principal soutien international de la junte, l’Elysée a ainsi réussi à empêcher l’Union Européenne et l’Union Africaine de promulguer des sanctions individuelles à l’encontre des putschistes et de leurs soutiens, contrairement aux Etats-Unis.

Survie note par ailleurs, de multiples témoignages accusent  le premier secrétaire de l’ambassade de France d’être le conseiller de l’ombre de la junte. En outre, lors de son dernier séjour à Paris, Abdel Aziz a rencontré Erard Corbin de Mangoux, le directeur général de la Sécurité extérieure française (DGSE), Guéant, secrétaire  général de l’Elysée, et Bourgi. Le numéro deux de la junte s’est lui aussi récemment rendu en France pour acheter du matériel militaire au salon du Bourget.

 Ces derniers jours, Bourgi a même fait campagne à Nouakchott pour le général candidat. Les membres de  Survie interpellent les parlementaires français sur cette situation et appellent les autorités françaises à cesser tout soutien au candidat Abdel Aziz et de clarifier la fonction de Bourgi. Survie dénonce toute fraude lors du scrutin  présidentiel de ce samedi 18 juillet  2009 et surtout invite les autorités françaises à s’abstenir de reconnaître tout résultat qui ne sera pas accepté par l’ensemble des candidats et notamment ceux de l’opposition  et condamne toute menace portée au processus démocratique.

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