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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

 

                                            Moussa Torna
La tension est encore montée d’un cran au Niger entre le Président Mamadou Tandja et le front pour la défense de la démocratie, une coalition des syndicats et des partis politiques qui s’opposent au projet de l’organisation du référendum pour l’adoption d’une nouvelle constitution.  Puisque la constitution actuelle interdit toute modification de la durée du mandat présidentiel, le président nigérien veut marcher sur les pas d’autres présidents  africains  qui ont usé de toutes sortes de subterfuges pour se maintenir au pouvoir contre la volonté de tout un peuple.  Nous y reviendrons sur cette tendance à vouloir s’éterniser au pouvoir par des pratiques malsaines de changement de constitution sous des apparences légales et démocratiques.

Le Niger risque de basculer vers la violence et l’horreur à cause des ambitions égoïstes d’un seul homme à qui son peuple lui a accordé sa confiance en l’élisant respectivement en 1999 et 2004. Au terme de ces deux mandats, Mamadou Tandja devait logiquement céder son fauteuil à la fin de l’année 2009. Mais comme beaucoup de ses pairs, il pense être le seul nigérien capable de conduire son pays vers le progrès et le développement intégral. En réalité, il vise des objectifs bien sordides à savoir faire main basse sur les  ressources minières très prometteuses avec la récente signature d’un important contrat minier d’uranium.


 C’est ainsi qu’il lance le  processus de modification de la  constitution qui vise essentiellement à sauter le verrou de la  limitation de mandat présidentiel. Les réactions sont immédiates pour dénoncer ce macabre projet qui constitue un véritable recul démocratique. Peu des Nigériens sont enthousiasmés par cette aventure présidentielle à l’issue incertaine qui menace dangereusement le consensus national. Cela n’empêche pas au président Tandja de mettre à exécution son projet  dont l’acte 1 fut la dissolution de l’assemblée nationale prononcée le 26 mai 2009 par décret présidentiel.

L’acte 2 c’est le bras de fer qui l’a opposé à la cour constitutionnelle.  Cette institution républicaine a rejeté la demande de tenue des élections référendaires prévues pour le 4 août au motif que c’est une entreprise anticonstitutionnelle à la quelle le président s’est engagé. Décidé à défier  tout le monde, il se confère des droits exceptionnels et finit par prononcer la dissolution de la cour constitutionnelle. Entre temps, il remanie son gouvernement après la défection des ministres issus de la convention démocratique et sociale (CDS) pour marquer leur opposition à ce projet. On voit mal comment le président Tanja parviendra à tenir ne serait-ce que son référendum dans un climat aussi tendu ?

Il est tant pour la communauté internationale de sortir de son hypocrisie en usant de toutes les pressions pour obliger ce mégalomane à revenir sur sa décision au risque d’exploser ce pays.

On demande aux pays occidentaux de condamner vigoureusement ces genres des pratiques avant qu’il ne soit trop tard. Si de telles pratiques se sont multipliées en Afrique, c’est en partie à cause de la communauté internationale dont les réactions parfois timides voire inaudibles ont fini par encourager les pratiquants.

 Les peuples africains comprennent mal que certains dirigeants des pays riches se complaisent à soutenir des hommes assoiffés du pouvoir au détriment des peuples. L’alternance démocratique dans les pays africains devient une véritable gageure tellement les présidents en exercice, arrivés au terme de leurs mandats s’accrochent comme des sangsues au pouvoir dont la légitimité est en principe aux mains des électeurs. Malheureusement ils bénéficient du soutien actif ou passif de multiples  réseaux et des complicités internes et externes.

D’ici la tenue de l’hypothétique référendum populaire voulue par Tanja, la mobilisation et la pression doivent être jouée à fond pour le faire reculer sans quoi le pire est avenir pour toutes les forces vives du Niger. Les nigériens ont besoin des dirigeants honnêtes et respectueux des institutions républicaines. Pas des hommes cupides et versatiles comme des prostituées.

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