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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                                       Ahmat Zéïdane Bichara
« Les Guadeloupéens attendent toujours des réponses aux questions qui sont posées. Nous n’avons pas de réponse », a-t-il séchement fait savoir à la presse.
 
Les Guyanais et les Martiniquais attentifs  aux propos du chef de l’Etat en visite aux Antilles ont sûrement comme beaucoup d’autres français entendu cette étonnante  phrase lâchée de la bouche du président Sarkozy, ce samedi 27 juin 2009 en Guadeloupe. Cette phrase en dit long sur les intentions cachées dans le subconcient du Président Sarkozy concernant l’avenir de ces populations antillaises.

 Cette phrase rappelle curieusement une autre phrase  devenue célèbre du président lors d’une conférence de presse tenue à l’Elysée, répondant à une question sur le pouvoir d’achat, il  dit  en ces termes : « … s’agissant du pouvoir d’achat, qu’est-ce vous attendez de moi, je vide les caisses qui sont déjà vides ! » Dont acte sur l’impatience d’un président qui a battu campagne sur le pouvoir d’achat qu’il entendait redonner aux français s’il était élu.


La similutide entre les deux phrases s’arrête juste au niveau de l’impact sur l’attente des populations à un moment donné. Sur le fond, les deux cas diffèrent totalement par le contexte et la volonté politique à trouver des solutions. Pour revenir à la phrase prononcée en Guadéloupe par le président Sarkozy, disons clairement, ce n’est ni un refus , ni l’absence des réponses adéquates. Cette affirmation procède d’un choix personnel délibéré.

 

Conscient de la grogne née d’une révolte nourrie d’une longue période de violentes manifestations ayant paralysé les îles au cour desquelles un syndicaliste Guadeloupéen trouva la mort d’une balle dans la tête, le président voulait se montrer prudent et en même temps, il croit tenir un langage de vérité. Pour autant, Nicolas Sarkoz a eu tort d’adopter une telle posture face à des administrés qui en entendaient tant de lui.

Si toutefois, la déclaration a le mérite de ne pas fragiliser la paix  aux Antilles, les syndicats et les antillais sont vigilants et attendent des solutions concrètes car ils ont assez d’entendre des discours et des promesses sans lendemains des gouvernants de toutes les sensibiltés politiques. Certes, le président a manqué de diplomatie ou tout simplement du respect à l’égard de ses compatriotes, descendants d’esclaves. C’est une erreur politique très grave même s’il ne l’admet pas.


Mais si on ausculte l’histoire lointaine de ces populations, melange des noirs et des békés, descendants d’anciens esclavagistes négriers, on pourrait donner raison à l’actuel président français. C’est une façon pour lui d’aider ces peuples  considérés par leurs compatriotes comme des français de seconde zone, de prendre conscience de leur statut identitaire et surtout de les amener à une autonomie de gestion financière, politique, sociale, économique et culturelle de leurs îles respectives. 


Sarkozy suscite là un autre débat très intéressant et de haut niveau sur le respect et sur l’autonomie financière de tous les habitants des îles françaises qu’on nomme géographiquement territoires d’Outre-mer. Ces différents peuples ont besoin d’être libres et se sentir français à part entière, au même titre que ceux de la métropole. On doit en principe les appeler français tout court.  Si dans la constitution française, aucune loi ne fait la différence entre citoyens d’un seul pays bien qu’ils ne partagent pas géographiquement un même territoire, il est absolument  maladroit et inadmissible de distinguer d’une part, français de la métropole et ceux d’outre-mer, de l’autre.

Cette façon de les nommés français d’Outre-mer, même si cela sentant et ne pose aucun problème du point de vue géographique, quelque part cela renvoie à des considérations d’ordre historiques et socio-économique de ces poplutations française. Si l’on admet l’hypothèse que  l’administration métropolitaine se sente incapable de répondre aux attentes des populations d’Outre-mer, il faudrait désormais leur ouvrir la voie vers une prise en main de leur devenir sous forme d’indépendance totale ou d’une large autonomie.

C’est d’ailleurs la seule possibilité de permettre à ces différents peuples d’être vraiment libres et de s’assumer dignement comme beaucoup d’autres pays ou territoires.  C’est dans le même ordre d’idée que le premier président de  Guinée Conakry,  Ahmat Sékou Touré s’adressait aux colons français par le biais du Général De Gaulle, en ces termes : « Nous préférons être des pauvres libres, que d’être des esclaves riches. »      

Bien que cette déclaration peut être considérée comme un détail de l’histoire sans saveur à notre époque, les Antillais pourraient bénéfiquement s’en inspirer pour gérer eux-mêmes leurs territoires respectifs au lieu de dépendre éternellement de la France métropolitaine. Etre dépendant de la France métropolitaine n’est pas un problème si tous les français se valent et tous égaux devant les lois de la République.

Tout ce qui est à proscrire par un combat vigoureux de la communauté internationale, c’est de cultiver subtilement une forme  d’esclavage moderne ou  de racisme politique qui met une barrière entre communautés d’une même nation. Tel est aujourd’hui le combat des antillais qu’ils soient descendants d’esclaves ou d’anciens esclavagistes négriers. Et c’est avec raison qu’ils se moblisent pour la conquête de leur liberté. Car la liberté s’arrache et tout peuple aspire à la liberté. Elle n’a ni odeur ni couleur.  
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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