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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                               Par Moussa T. Yowanga
Le peuple du Gabon vient de rendre un dernier hommage, le mardi 16 juin 2009, à leur président, décédé en Espagne, des suites d’un cancer de foie lors des obsèques nationales en présence d’une quinzaine des Chefs d’Etat dont  Nicolas Sarkozy  et son prédécesseur Jacques Chirac.

La présence d’une forte délégation française composée d’un aréopage de personnalités de tous acabits témoigne des relations plus que bonnes  entre Omar et les autorités françaises même si  ces derniers temps, on note clairement un coup de froid entre Libreville et Paris à cause des procédures judiciaires à répétition intentées contre Bongo.  Bien avant cela, le retour forcé au bercail d'un ressortissant gabonais  avait déjà mis en colère Oumar Bongo.  Bien qu'il soit sans-papiers,mais Bongo se demandait  comment on pouvait expulsé une personne qui s’apprêtait à célébrer un mariage avec une Française. C’est à se demander si ce n’est pas ce désamour qui était à la base de son refus de venir se  faire soigner en France. 
Les autorités gabonaises n’avaient pas du tout apprécié ce qu’ils considèrent comme un acharnement voire une humiliation sinon un péché de lèse majesté de la justice française à l’égard de leur président. Et pourtant, l’enrichissement illicite de Bongo comme d’autres chefs d’Etat africains  ne relève pas d’un simple fantasme créée de toutes pièces pour nuire à un dirigeant africain mais ce sont des pratiques érigées en système par nombre des présidents africains sensés donner le bon exemple de bonne gouvernance et d’honnêteté à leurs concitoyens.

Malgré la persistance de la nébuleuse Françafrique, Bongo et certains de ses pairs n’ont pas compris que la roue de l’histoire tourne, les époques changent. S’il y a encore des gens comme lui, et bien sûr, ils sont encore quelques uns en vie à  ne pas comprendre que ce sont eux qui devraient radicalement changer d’époque et non le contraire. Bongo s’en est allé laissant derrière lui un héritage empoisonné, comme l’était la Côté d’Ivoire après le décès  du président Houphouët Boigny où la guerre de succession a fait rage avec toutes les conséquences que l’on sait aujourd’hui. Gageons simplement que les gabonais aient plus de chance, en tirant expérience du cas ivoirien pour ne pas tomber dans une guerre fratricide de succession. Le respect de la constitution et celui des suffrages des urnes, l’expression de la volonté populaire est la seule voie par laquelle  le peuple gabonais pourrait préserver son unité chèrement  acquise au prix de  subtils jeux politiques orchestrés par celui qui se fait appeler affectueusement « papa Bongo » par son peuple. Cette stabilité du Gabon est à mettre au crédit du feu Omar Bongo même si les méthodes utilisées pour y parvenir peuvent être vérifier.

Le drame du Gabon et aussi son avantage, c’est la proximité suspicieuse du régime Bongo avec les autorités françaises de toutes classes politiques confondues se succédant  au gré des changements des chefs d’Etat français du Général De Gaule à Nicolas Sarkozy en passant par Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac. Bongo aura entretenu des relations personnelles et intimes avec  presque tous ces présidents à qui il avait tout donné même au-delà de son propre pays moyennant cette longévité au pouvoir et de nombreux privilèges dont il était le seul président africain d’en avoir bénéficiés tout au long de son règne à la tête de l’Etat gabonais. Seul Giscard d’Estaing semble être l’exception qui confirme  la règle en faisant des révélations fracassantes sur l’éventuel financement de la campagne de Chirac par Bongo. L’histoire nous apprendra davantage sur les combines politiques passées et en cours. Les africains en ont assez d’éloquents discours sans lendemains. Ils attendent des actes concrets des autorités françaises, un véritable  changement de cap dans leurs relations avec le continent africain.

Le soutien inconditionnel de la France politique aux chefs d’Etat africains controversés au détriment des peuples doit cesser pour faire place à des rapports plus sains, basés sur des liens historiques indéniables et un respect mutuel. Disons clairement l’exaspération  des africains à l’égard de la politique africaine de la France a atteint son paroxysme. Citons à titre d’exemples le parti pris des autorités françaises dans le conflit inter-tchadien soutenant ouvertement le régime d’Idriss Deby qui nie catégoriquement l’existence des rebelles tchadiens qu’il traite des mercenaires soudanais. Le devoir de la France comme pays ami devrait être du côté de la vérité au lieu de se compromettre comme une prostituée qui se donne au plus offrant. Une attitude indigne qui décrédibilise l’imagine de la France aux yeux du peuple Tchadien.Le rôle de la France c’est de convaincre, d’exercer des pressions par son influence pour ramener les protagonistes à s’asseoir autour d’une table de négociation à la place d’aider militairement un camp pour aller tuer d’autres tchadiens.

Pareil en cote d’Ivoire où la France a lamentablement échoué, heureusement ici les ivoiriens ont su montrer aux français qu’ils ont compris leur jeu dangereux d’opposer les uns contre les autres pour en tirer meilleure partie.La stratégie coloniale qui consiste à diviser pour mieux régner ne fait plus recette dans certains pays qui en ont marre de l’hypocrisie  des européens et en particulier des français. Cela fait sourire lorsqu’on entend les réactions et les protestations qui fusent de toutes parts pour condamner à ce qui ressemble invraisemblablement comme un holdup électoral en Iran alors qu’en Afrique une situation similaire n’émeut personne à part les défenseurs des droits humains. Pire, la France plus que tout autre pays européen participe activement dans certains pays, soit directement soit  par des obscures officines interposées aux tripatouillages des résultats présidentiels. Tel  en est le cas  lors des élections présidentielles tchadiennes de 1996 où le président sortant, favori de la France était battu à la régulière par un opposant, on connait la suite.

Comment comprendre qu’au Niger, aux lendemains de la visite du président Sarkozy au cours de laquelle d’importants contrats d’exploitation d’uranium ont été signés au profit d’Areva, une société française, son homologue nigérien se lance envers tout et contre tous dans un processus de révision constitutionnelle avant d’être stoppé net par la cour constitutionnelle qui vient d’abroger le décret présidentiel pour les consultations référendaires sur le sujet. C’est alors que la France se fait timidement entendre pour appeler au respect de la constitution nigérienne. Voilà le grand pays qui incarne et défend les grands principes universels de démocratie et des droits de l’homme. Vivement la mort d’Omar Bongo, grande figure de l’Afrique mais surtout l’un des maillons forts de la françafrique sonne le glas de cet indésirable système qui a tant fait du mal aux africains et continue encore de les maintenir dans la dépendance, l’esclavage moderne et finalement dans le sous-développement. Démanteler la françafrique c’est créer  les conditions optimales pour la liberté et l’épanouissement total des pays du pré carré de la France et au-delà de l’Afrique toute entière.  

 

 

 

 

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