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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Monsieur Martin Ziguélé, Regards D'Africains de France est très honorée de s'entretenir avec vous à coeur ouvert sur la vie politique de votre pays, la République Centrafricaine, sur les raisons de votre exil ici en France, sur le regard que vous portez sur la politique de la France à l'égard des Africains de la diaspora et du continent.Vous êtes un homme politique Centrafricain, ancien premier ministre  de la RCA entre avril 2001 et mars 2003 du gouvernement de l'ex-président Ange Félix Patassé. Lors de l'arrivée au pouvoir du général François Bozizé par un coup d'Etat le 15 mars 2003, vous êtes démis de vos fonctions du premier ministre et aussitôt vous avez décidé de partir en exil en France.Vous étiez candidat à l'élection présidentielle du 13 mars 2005, mais votre candidature a été invalidée par la Cour constitutionnelle le 30 décembre 2004 ainsi que celle de Patassé et deux autres candidats. Le 4 janvier 2005, devant les protestations et avec la médiation du président gabonais Omar Bongo Ondimba,le président Bozizé avait utilisé l'article 22 de votre constitution pour vous permettre de vous présenter aux élections présidentielles comme candidat indépendant.Lors du premier tour de la présidentielle le 13 mars 2005, vous obtenez 23, 5% des voix et vous vous retrouvez au second tour face au président Bozizé, et vous perdez largement avec 35,4% des voix.

 

Quels souvenirs gardez-vous de votre fonction du premier ministre centrafricain au temps de l'ex-président Ange Félix Patassé?

 

Martin Ziguélé:Je garde le souvenir d’une fonction très exigeante sur le triple plan physique, psychique et intellectuel, surtout dans le contexte à l’époque où notre pays était profondément meurtri par des crises militaro-politiques et de graves difficultés financières et économiques, et sevré de toute appui extérieur.

 

Pourriez-vous nous  dire ce qui a été le plus difficile dans votre fonction du premier ministre au temps d'Ange Félix Patassé?

 

Je peux dire que le plus difficile pour moi fut cet état de défiance collective des centrafricains les uns envers les autres, ce qui ne pouvait déboucher que sur une espèce de démission collective face aux nombreux défis auxquels notre pays était confronté. Dès ce moment, le moindre incident dans la vie de tous les jours devenait un grave problème qui accaparait l’énergie de tous, au détriment des actions de construction de notre pays.

Ange Félix Patassé était-il un président démocrate?
 

Le Président Patassé a été démocratiquement élu en octobre 1993 face à plusieurs candidats dont Bozizé lui-même. Est-ce qu’il fut démocrate et a-t-il bien gouverné?C’est au peuple centrafricain et à l’histoire d’en juger.
 

Pouvez-vous nous dire les raisons exactes qui ont poussé Bozizé à renvoyer Patassé du pouvoir par les forces des armes?
 

Je pense qu’il faut poser la question à Bozizé lui-même, car je souhaite qu’il explique lui-même les raisons exactes de ses actions, surtout lorsqu’on voit la situation actuelle de notre pays.

 

Que dire de la République Centrafricaine d'aujourd'hui? Est-ce que tout va bien aujourd'hui? Il y a-t-il des mécontents et pour quelles raisons?

Je souhaite là également que vous lisiez vos confrères de la presse centrafricaine, pour avoir votre opinion de l’état du pays. Notre pays est tout simplement dans une impasse politico-économique, avec comme première conséquence une très grande paupérisation de la population.


Parlera-t-on d'une vraie démocratie aujourd'hui dans votre pays? Les journalistes, les opposants civils font-ils bien leur travail?
 

La démocratie est toujours un état d’esprit et des institutions à consolider. Je suis dans l’opposition donc mon jugement peut être considéré comme partisan. Je peux néanmoins dire que si la démocratie était satisfaisante dans notre pays, il n’y aurait pas de mouvements de rébellion politico-militaire, et il n’y aurait pas eu de Dialogue Politique Inclusif.
 
D'où vient l'insécurité en Centrafrique?

 

L’insécurité comme partout naît de la conjugaison des crises politiques mal ou pas du tout résolues et des conditions socio-économiques difficiles.

Pourquoi avez-vous choisi la France comme terre d'exil? Comment faites-vous pour vivre au quotidien avec votre famille et d'autres qui sont vos proches?
 

Je suis venu en exil en France suite au coup d’Etat de François Bozizé le 15 mars 2003, parce que c’est le pays qui m’a accordé l’asile politique. J’ai mis fin à cet asile depuis lors puisque j’ai déjà renoncé à mon statut de réfugié politique. J’ai démarré dès 2004 à Paris des activités de consultant international en assurances et en finance, c’est de cela que je vis.

 

Quelle est la situation des étrangers aujourd'hui chez vous en Centrafrique?

 

A ma connaissance,les Centrafricains sont un peuple accueillant, et à l’esprit de tolérance et d’ouverture reconnu. C’est Barthélemy Boganda, le Père de notre Indépendance qui nous l’a appris car le nom de notre pays, lA République centrafricaine était originellement destinée aux pays de l’Afrique centrale.

 

La diaspora centrafricaine en France vous aime-t-elle? Est-ce que vous avez l'impression qu'elle compte sur vous?

 

Je vous invite à faire votre propre enquête de journaliste sur cette question, car ce serait présomptueux de ma part d’affirmer telle chose ou telle autre.
 

Quand vous pensez de la France de Sarkozy, des Etats-Unis de Barack Obama, du Tchad de Deby, du Cameroun de Paul Biya, que ressentez-vous au fond de vous?

Je pense que tout acteur politique africain ou d’ailleurs se doit de suivre la politique des pays amis et ou voisins au sien, pour en connaître la quintessence et les évolutions prévisibles. Pour ces mêmes raisons, il serait malvenu que je juge la politique de pays amis et voisins.

La diaspora centrafricaine à Toulouse parle souvent des militaires tchadiens dans l'armée centrafricaine pour assurer la sécurité de Bozizé, confirmez-vous cette information? Si oui, avez-vous eu à réagir?

 

Je ne suis absolument pas au courant de cette affaire.
 

La France respecte-elle les Centrafricains de la diaspora? Si oui pour quelles raisons? Si non dites-nous le pourquoi?

 

Les Centrafricains de la diaspora séjournant en Europe sont dans des Etats de droit, où existent des législations définissant leurs droits et leurs devoirs. C’est dans ce cadre que mes compatriotes doivent assumer leurs devoirs envers leurs pays d’accueil, et faire valoir en tant que de besoin leurs droits.

 

Dites-nous ce que vous faites pour occuper votre journée: la politique  ou le sommeil?

 

J’ai trois activités:mon travail politique, mon travail de consultant et ma vie de famille.

Quel est votre dernier mot?
 

Je demande aux africains et aux centrafricains qui vous lisent de ne pas désespérer, ni en leur pays,ni en l’Afrique. «Quelle que soit la longueur de la nuit,le jour vient toujours» disait Sylvanus Olympio,le premier Président du Togo.

Propos reccueillis par Moussa T. Yowanga 

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MAHAMAT+DAHAB+oumar+amir 09/06/2009 12:10

Toutes mes félicitations pour cet interview,j'aurai souhaité que vous rendiez un grand Hommage au défunt Abel GOUMBA décédé le mois dernier.Pensez de temps en temps à ecrire des articles sur des personnalités Africaines mortes ou vivantes pour susciter l'union,le patriotisme et la solidarité Africaine,merci.