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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

 Elu dès  la création de l’association des Tchadiens du Midi-Pyrénées, le 2 février 2005, monsieur Oumar Amir Mahamat Dahab, la trentaine dépassée, s’est confié à notre rédaction du blog-infos à cœur ouvert pour nous présenter son organisation, ses activités  et surtout parler de ses points forts et faibles. Il  nous donne ensuite  ses impressions concernant la société française et évoque également  d’autres sujets assez importants touchant sa sensibilité.Le Président de l’association des Tchadiens de la diaspora du Midi-Pyrénées nous a parlé aussi de son récent voyage privé en Arabie Saoudite en vue d’accomplir son devoir religieux.  Direct et objectif, monsieur Oumar nous informe de la création du Conseil Toulousain des résidents étrangers (COTRE) dont il est membre et participe avec beaucoup de volontarisme aux débats qui réunissent vingt sept pays représentant 160 nationalités se côtoyant  à Toulouse.Tout cela, d’après le Président de l’association des Tchadiens du Midi-Pyrénées a été possible grâce à la volonté de la Mairie. Il est aussi membre du Conseil d’administration de la diaspora tchadienne de France(DTF). Il a une bonne maîtrise du français et de l’arabe littéraire langues officielles du Tchad. Après ses études de Droit à l’université de N'Djaména, il entre à l’école normale des instituteurs bilingues de N'Djamena, pour en sortir professeur d’école. Il réside à Toulouse depuis le 5 mars 2001 et aujourd’hui, père de trois enfants.

Depuis quand assurez-vous la présidence de l'Association des Tchadiens du Midi-Pyrénées et pour quelle raison? 

 

Oumar Ami Mahamat Dahab:Je suis à la tête de l’association des Tchadiens du Midi-Pyrénées dès sa création, le 2 février 2005. Je compte déjà quatre ans depuis mon élection afin de  servir et défendre les intérêts de  la diaspora tchadienne. Pour ce qui concerne les raisons de cette association, je préfère laisser  les adhérents donner leurs avis.

 

En quoi cette association est-elle importante pour tous les Tchadiens du Midi-Pyrénées et particulièrement ceux de Toulouse?

 

Son importance est capitale dans la mesure où elle créée et solidifie nos liens. Elle sert également d’interlocuteur entre les institutions et les autres communautés. Pour nos ressortissants, l’association est à côté de chacun de nous et particulièrement dans des moments difficiles comme  de joie. Elle réunit nos compatriotes et c’est un canal pour mieux se connaître et partager des informations ou des idées.

Comment vous est venue l'idée de créer une association des Tchadiens de la diaspora?

Nous nous donc sommes basés à partir d’un constat que la communauté tchadienne s’agrandit et il nous faut une structure représentative. C’est ainsi que l’idée de créer cette association nous est venue. Elle est évidemment reconnue par l’administration française sous  forme associative loi 1901. Honnêtement, je ne peux pas vous donné un chiffre exacte de nos adhérents. Les deux premières années, nous étions une centaine et par la suite il y avait eu de départ sans le notifier. On trouve également ceux qui n’ont pas payé leurs cotisations depuis plus d’une année ou deux. En outre, notre bureau n’avait pas pris la décision d’exclure ceux qui ne sont pas à jour, puisque  notre objectif est de  rester toujours unis et solidaires. On  en devient  membre sur une  demande écrite.

 

Quels sont les services que vous rendez aux ressortissants Tchadien à travers cette association?

 

Nous rendons un service d’aide financier en cas d’un décès d’un proche parent de nos adhérents. Dieu merci, jusqu’à présent nous n’avons pas connu un cas de malheur d’un membre. Sinon, l’association sera utile dans des situations similaires. Elle organise des rencontres des compatriotes. Il faut dire que tous les tchadiens ne sont pas membres de cette association et les raisons sont multiples, vous imaginez ? Il n’y a aucune obligation et nous respectons le choix de chacun. S’il y a des personnes qui veulent apportées leurs contributions, cela nous fera que du bien et surtout pour le bien de la communauté tchadienne du Midi-Pyrénées. La porte est donc ouverte  à tout le monde, peu importe son origine, sa confession ou sa  nationalité.

 

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au sein de cette association? Les problèmes ethniques ne sont-ils pas les raisons de vos difficultés? 

 

 Non ! Ma plus grande fierté  dans cette association ; c’est  que nous ne connaissons pas encore des problèmes d’ordre ethnique. C’est ce qui constitue notre force et notre particularité. Certes gérer une association, ce n’est pas gérer une famille. Nous surmontons les difficultés et on se focalise sur les objectifs, genre organisationnel. C’est du bénévolat après tout.  En outre, notre association vit que des cotisations de ses membres et ses activités qui se limitent pour l’instant à des soirées culturelles  regroupant plus de 140 personnes venant d’un peu partout de France et d’autres pays européens. Il ya également d’autres nationalités qui viennent se joindre avec nous  de façon consécutive dès sa première année.

 

Avez-vous des contacts avec d'autres associations tchadiennes de France,voire des associations africaines ou Maghrébines?

 

Il faut d’abord dire que c’est une association culturelle et non cultuelle et jusqu’à preuve du contraire, le  Tchad est un pays laïc où chacun est libre de ses convictions et pratiques religieuses. Ce qui nous unit ici, ce n’est pas une religion. On s’entend dans la mesure où on se respecte et chacun reste dans ses limites. Oui, nous avons des contacts avec d’autres associations tchadiennes en France et Africaines. Le Maghreb n’est pas d’Afrique ? Nous avons une cordiale entente avec les ressortissants des pays limitrophes du Tchad notamment  les Soudanais. Même si nos états respectifs sont en conflit politique, le peuple tchadien  n’a rien contre  le peuple soudanais, centrafricain, camerounais, nigérian ou nigérien. 

 

Quelle place occupe la femme tchadienne au sein de votre association? 
 

Pour ce qui est de la place de la femme tchadienne au sein de notre association, je tiens à vous dire que  nous  ne distinguons pas un Tchadien d’une Tchadienne.  C’est la contribution de la personne qui compte.

 

Comprenez-vous pourquoi beaucoup d'Africains prennent les Tchadiens pour des personnes violentes et agressives?

 

Quand vous dites que beaucoup d’africains prennent les Tchadiens pour des gens violents, cela dépend, mais au moins nous ne sommes pas cités parmi les narco trafiquants, les fossoyeurs  ou autres délinquants. Qu’ils reconnaissent aussi nos qualités.

 

Est-ce que l'Ambassade du Tchad à Paris est au courant de la création de votre association? 

 

Je tiens à préciser par ailleurs que  l’ambassade du Tchad à Paris est  bien  au courant de l’existence et du bien fondé de notre association, puisque le consul monsieur Williams Frendo Rosso subventionne même une partie de nos soirées.

 

Quel regard portez-vous sur le peuple français et à l'égard de la France?

 

Ce que je déteste le plus quand je parle de la France, c’est l’hypocrisie . Après tout, aucune personne n’est parfaite. Il y a aussi des aspects positifs que j’apprécie tel que le respect, l’accès à la santé, le savoir etc.

 

Quelles sont vos impressions suite à votre récent voyage effectué en Arabie Saoudite pour accomplir votre devoir de croyant?


La réaction que j’ai eue à l’issue de mon  pèlerinage en Arabe Saoudite,  j’ai remarqué à quel point  ce pays est  riche, toutefois mis à part, le désir d’accomplir  mon devoir religieux, je n’avais jamais eu l’envie de vivre là-bas. La richesse, ce n’est pas seulement avoir beaucoup d’argent, je n’envie personne. Je me contente de ce que j’ai et de ce que je suis.

 

Quel message voulez-vous adresser à vos compatriotes?

 

Le message que je tiens à cœur, c’est celui de la paix et cela concerne tout Tchadien d’où qu’il soit. Le Tchad nous appartient à tous, rien n’est éternel. La personne qui se considère fort aujourd’hui, ne le sera pas demain. Les gens qui ne sont pas saints et qui se considèrent comme des incontournables se trompent largement. Un changement ne viendra jamais par des gens manipulés. Tout change, tout évolue, dit-on. Le Tchad est pris en otage de deux côtés aujourd’hui. Toutefois, l’intérêt national vaincra. Je remercie chaque personne d’avoir pris son temps, faisons un examen de conscience et comptons sur nous-mêmes chers compatriotes.

Propos recueillis par Ahmat Zéïdane Bichara

 

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