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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Nous voulons rappeler chronologiquement les assassinats d'officiers à Chagoua et de civils dans une pharmacie à N’Djamena dès le mois de Décembre 1990.

                                                       Gaya - Ple Seid

En février 1991, en réponse à une marche pacifique des étudiants soutenus par les élèves réclamant leurs bouses, des élèves et étudiants sont tués et blessés par balles. Ils ont été pourchassés et traqués dans les rues, à leurs domiciles par les forces de l'ordre. En juin de la même année, des officiers et des sous-officiers sont arrêtés et détenus dans une prison souterraine. Leurs tort avoir  rédigé un mémorandum exigeant un traitement plus juste de leurs conditions  de vie, de promotion et de travail dans l'armée.

En février 1992, 216  citoyens tchadiens ont été  arrêtés au Nigeria et remis aux autorités tchadiennes, houf, ils ont été torturés, puis exécutés dans leur grande majorité, les 79 survivants ont été transférés à Abéché dans une prison souterraine.

Le 1er Août 1992, tuerie à Diguel-Est de N’Djamena la capitale des citoyens à leurs domiciles pour une affaire relevant d'une procédure judiciaire classique, la gendarmerie tire à balle réelle sur des civils sans défense.

Dans ce même mois d'Août 1992, massacre dans le sud notamment à Doba. Tuerie et mise à sac de la ville, les forces de la GR sont à la fois juges, exécutantes. Elles jouissent d'une totale impunité. Les manipulations, intimidations et assassinats politiques étaient les activités régulières des nouvelles autorités. Les manipulations, les intimidations et les assassinats politiques sont érigés en méthodes de gestion de la vie publique, politique administrative et sociale.

Le 13 octobre 1991, sous-couvert d'une tentative de coup d'Etat attribué à Maldoum Bada Abbas, paix à son âme, vice-président du MPS, une chasse à l'homme est organisée à NDjamena puis dans le reste du pays contre la communauté  Hadjaraï pendant plus des semaines. Les morts et les disparus sont évalués à des milliers et de nouveau une partie de la population a été  obligée de s'exiler ou de rallier l'opposition armée créée en réaction à ces événements. Dans la foulée,  le Front d'Action pour l'Instauration de la Démocratie au Tchad (FAIDT) a été mis en place. Les organisations syndicales et les associations des droits de l'homme sont combattues, leurs militants et leurs dirigeants sont intimidés régulièrement menacés de mort ou d'arrestations.

Le 17 février 1992, Me Joseph Behidi, Vice-président de la Ligue Tchadienne de Droits de l'Homme était abattu alors qu’il rentrait chez lui à domicile. Hissein Lamine,  paix à son âme un ressortissant Hadjaraï qui logeait chez son ami, Me Behidi, a été recherché par les mêmes assassins de l’avocat. Les meurtriers courent toujours, pourtant des preuves attestent que ces assassins sont des membres connus de la GR.La presse est directement menacée, les journalistes connaissent bastonnades et emprisonnements.

Trois journalistes ont été  successivement abattus en janvier 1992 parmi eux : Kladoumbaye, de l'Agence Tchadienne de Presse en janvier, Madjigoto le 04 octobre et Djerabé en Novembre de la même année.

En janvier 1992, après les événements du Lac-Tchad, le Centre de Recherche et de Coordination des Renseignements (CRCR), nouvelle police politique. Elle procède à des arrestations et liquidations. C’est ainsi que Mamadou Bisso, Moussa Mahamat, Ahmat Seid Ali, ont été assassinés froidement à leurs domiciles. Plusieurs  blessées se cachent. De nombreuses autres personnalités de l'opposition politique sont arrêtées.

Le 21 février 1992, une insurrection est dénoncée par le Gouvernement, après l'attaque du commissariat de Chagoua à N'Djamena par des mutins. Une répression aveugle est déclenchée par le pouvoir. Ce sont surtout des civils innocents et les militaires déflatés regroupés pour leurs démobilisation dans les centres d'instruction qui feront les frais des exactions de la GR: à Koundoul, Walia,  N'gueli et Boudouloum.

Des centaines de personnes sont exécutées, des corps sont repêchés dans le Chari-logone, la terreur répressive va s'étendre dans le sud du pays avec comme mobile officiel la lutte contre le Comité de Sursaut National pour la Paix et la Démocratie (CSNPD).

La Conférence Nationale Souveraine (CNS) ou la grande illusion du peuple tchadien.

Idriss Deby incarnait seul, le pouvoir absolu. Il était l’Etat, l'administration, les forces armées, la justice. Tout l'Etat était  au service de groupe d'individus et de clans dont la préoccupation est l'enrichissement rapide à tout prix. Pour sortir de ce cercle infernal, toutes les forces politiques et sociales du pays, avec l'appui des institutions internationales, des pays amis soucieux de la poursuite du processus démocratiques au Tchad avait obtenu l'organisation de la Conférence Nationale Souveraine ( CNS) en janvier 1993.

La Conférence nationale Souveraine(CNS) avait suscité beaucoup d'espoir dans le contexte de changement de l'environnement international avec un affaiblissement des groupes politico-militaires et une montée des forces démocratiques internes. Mais avec les manipulations du pouvoir qui ne voulait pas d'une véritable transition démocratique, elle s'est enlisée dans de faux compromis consensuels. Le pouvoir MPS et son président en sont sortis légitimés sans avoir tiré les conséquences des changements internes et externes survenus.

A l'issue de cette CNS, une Charte de transition, un Cahier de Charges, des Résolutions et des Recommandations ont été adoptés: un Conseil Supérieur de Transition était mis en place. Les résolutions et les recommandations de la CNS pourtant canalisées et contrôlées de bout en bout par ce pouvoir vont être ensuite violées systématiquement avec la complicité active d'une majorité mécanique du Conseil Supérieur de Transition (CST) pour être tout simplement oubliées et rejetées aux calendes grecques. Toutes les décisions et textes d’importances capitales devant régir la vie de la nation sont adoptés selon la volonté du président Déby. Les exemples ne manquent pas, censure et révocations des différents premiers ministres de la transition selon la bonne volonté de ce dernier, limitation des prorogations du gouvernement, inversion de l'ordre des élections. La mise en place du comité technique constitutionnel (en violation du cahier de Charte) composé des personnes qui avaient  pour tâche de rédiger les textes institutionnels à la mesure du Président. Élaboration, modification, amendements à répétition des textes régissant le processus électoral selon qu'ils sont favorables ou défavorables au pouvoir. Le pouvoir compose ou dirige les organes de l'Etat, il met sous une coupe réglée  les organes ou les individus qui ne partagent pas sa vision de la conduite des affaires nationales.

L'insécurité va de nouveau se généraliser avec des assassinats, des enlèvements et des morts: les 1 er, 2 et 3 juillet 1993 des « villes mortes » ont été organisées par des partis politiques et les associations de la société civile pour lutter contre les violations des droits de l'homme. Les libertés les plus élémentaires continuent d'être violées comme si la Conférence n'avait pas eu lieu. Parmi les nombreux exemples on peut encore citer: l’éviction des partis politiques de la concertation par la Garde Républicaine et les gendarmes du Palais du 15 janvier et des autres édifices publics selon l'humeur du prince de la République.

En février 1993, en pleine Conférence Nationale Souveraine des massacres des populations avaient eu lieu à  Goré dans le Logone Oriental. Une commission d'enquête évalue le nombre des victimes à 247 morts et à des dizaines de blessés.

En avril 1993, juste après la CNS, il y a eu des assassinats par égorgements de trois cents (300) hommes de Kouhou Goré.

En juin 1993, assassinat de M'Baïlao Mianbé, directeur du secrétariat permanent à la réinsertion des militaires déflatés est poursuivi dans les rues de N'Djamena avant d'être abattu.

Le 04 Août 1993, des militaires tirent sur des paisibles citoyens au marché de Gninguilin dans le Ouaddaï, plus d'une centaine de morts et de nombreux blessés, 27 villages endeuillés. Le 08 août juste après 4 jours, des ressortissants du Ouaddaï à N'Djamena après les événements de Gninguilin manifestent en signe de protestation, la GR tire, des dizaines de morts et les blessés pourchassés se cachent.

Le 23 janvier 1994, à la suite d'affrontement entre les éléments du Front National du Tchad (FNT) et de l'armée, les forces de l'ordre procède à des exécutions, des tortures, des viols et à des pillages à Abéché et dans les villages environnants.

Le 1er mai 1994, interdiction des manifestations de la fête du travail, occupation du siège des syndicats, de l'université et des établissements scolaires par les forces de l'ordre.

Le 1er juin 1995, N'Djamena Hebdo (journal) est mis à sac, le directeur de publication et ses journalistes sont battus; ils subissent de multiples sévices sur leur lieu de travail.

Sur le plan social on ne constate aucune volonté d'apaisement, blocage des négociations sociales avec les syndicats, puis adoption d'un pacte social dont les clauses ne seront pas du tout appliquées. En ce qui concerne l'administration, les recommandations de la CNS pour rendre neutre et opérationnelle celle-ci restent lettre morte. Le pouvoir judiciaire reste aux ordres du seul président Déby qui nomme aux principaux postes de responsabilités les hommes/femmes à sa dévotion. Les décisions sont prises sans le moindre respect des procédures judiciaires.

Le régime, après la tenue de la CNS en définitif, ne connait que la violation des lois nationales et des traités internationaux, les arrestations arbitraires, les tortures, les viols et les morts en détention. Tous ces faits expliquent qu'au lieu d'une transition après la Conférence Nationale Souveraine, il aura fallu pour parvenir aux élections trois transitions, trois premiers ministres de transition, trois présidents de CST avec une moyenne d'un premier ministre et d'un président de CST par an.

Le président prend des engagements, fait signer des accords qui sont systématiquement violés: avec le FROLINAT-CPR du président Goukouni Weddeye, avec le Mouvement pour la Démocratie et le Développement (MDD) de Djiddi Hissein, avec le MDD de Brahim Mallah et de Moussa Medella sous les auspices du Gabon de Oumar Bongo, avec le Front National du Tchad (FNT) du docteur Al-Harris sous l'égide du Soudan de Al-Béchir, avec le Conseil National de Redressement du Tchad (CNR) sous la garantie du Soudan et de la Libye, le 22 octobre 1993 Abbas Koty président du Conseil National du Redressement rentré dans le cadre de cet accord était assassiné en plein jour à N’Djamena, avec le Comité pour le Sursaut National, la paix et la Démocrite (CSNPD) de Ketté Nodji Moise.

Les groupes politico-militaires ne seront pas exclus de la vie nationale, ils sont à l'origine d'une instabilité politique et militaire périodique surtout aux frontières et seules des interventions étrangères sauvent toujours le pouvoir MPS. Le pays est dans une impasse totale en ce moment. C'est pourquoi la tenue de ce dialogue politique inclusif sera une nécessité absolue pour restaurer la paix, consolider l'unité nationale, relancer le processus démocratique afin de déboucher sur l'organisation des élections réellement démocratiques.Ce Dialogue Politique Inclusif doit réunir le gouvernement, les mouvements politico-militaires, les partis politiques, les associations de défense des droits de l'homme et les syndicats, enfin les représentants de la diaspora de cinq(5) continents.

Les événements politiques tchadiens ont été pratiquement analysés sous leurs principaux aspects ; toutefois les analyses liées aux contradictions interethniques et religieuses font souvent défaut. Ces problèmes ont été presque toujours volontairement passés sous silence par les principaux acteurs malgré le rôle déterminant qu'ils ont revêtu dans ces différents événements. Transcender, dépasser les états de consciences particuliers en vue de fonder une nation est possible et nécessaire. Les conditions objectives pour que des personnes attachées à des particularismes locaux acceptent de fonder une société commune sont celles de la citoyenneté civique. Cette citoyenneté civique pouvant concilier le particulier et l'universel représente l'identité supra-ethnique par excellence. Elle impose deux conditions: au delà des différences, il existe une égalité de dignité impliquant que tous les tchadiens soient traités de la même manière du point de vue civil, juridique et politique. Tous les citoyens sont donc égaux sur le plan civil, juridique et politique. Voilà, pourquoi, ce rappel historique doit permettre la tenue d’un véritable Dialogue National Inclusif au Tchad qui nous permettra de sortir définitivement de cette décennie de tragédie et de reconstruire enfin un État de droit.

Collaboration spéciale Gaya - Ple Seid/Regards d’Africains de France

bitkine2002@yahoo.fr.

Gaya - Ple Seid

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