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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

    Déli Sainzoumi Nestor, Journal Eclairages(Le 3ème œil)

Tout le monde sait que le dialogue national souhaité intervient dans un contexte de crise sociopolitique marqué par une rupture de confiance entre les populations tchadiennes, des conflits intercommunautaires, agriculteurs/éleveurs, des massacres, des viols, des exécutions sommaires et l’insécurité généralisée. Dans tout cela, la seule aspiration des détenteurs du pouvoir, c’est d’arriver à des élections générales. Mais jusqu’à présent, il me semble que le thème majeur de l’organisation de cette Grande conférence n’est pas encore connu du grand public. Même si l’on sait que la grande majorité voudrait qu’au Dialogue national inclusif, on parle de la Forme de l’Etat et de l’alternance au pouvoir.

Le Rejet de la main tendue de la rébellion armée par le Conseil militaire de transition (CMT) conduira à l’absence d’un dialogue sincère et fructueux. D’ailleurs, nous tendons actuellement vers un Dialogue tripartite, regroupant le Gouvernement, les Partis politiques et la Société civile. Avec une telle configuration, on ne pourra pas débattre des réelles revendications des Tchadiens axées sur les reformes profondes de l’Etat. En effet, la forme de l’Etat fera l’objet d’une nouvelle contestation. La rébellion armée si elle est absente à ces assises nationales, en fera un argument pour justifier la lutte armée contre le pouvoir central qui sera en place. Ce qui est d’ailleurs prévisible, car le Conseil militaire de transition (CMT) n’a pas jusque-là prévue une amnistie en faveur des prisonniers de guerre (FACT) et sera dans l’incapacité de justifier la mort des prisonniers tués ou morts dans les prisons.

A cela s’ajoute le cas de l’opposant politique Tom Erdimi qui aurait été enlevé dans son lieu d’exil en Egypte. Finalement, on comprend que l’échec du Dialogue national inclusif trouvera sa raison principale dans la volonté du pouvoir central de vouloir créer des raccourcis pour parachever la Feuille de route du Gouvernement de Transition, adoptée le 29 juillet par le Conseil des ministres. Selon des indiscrétions, le souci du pouvoir régnant est de conserver la forme actuelle de l’Etat à savoir : renforcer l’Etat unitaire décentralisé. Mais les réalités multiples et les faits vécus par les citoyens pousseront le grand nombre à faire d’autres expériences. C’est-à-dire proposer la nouvelle forme de l’Etat : le fédéralisme, le fédéralisme communautaire ou la sécession. Une question difficile à trancher lors du Dialogue national inclusif qu’organise le CMT tant que la vraie diaspora et l’opposition armée ne sont pas impliquées.

Au-delà de cette difficulté, les problèmes du Tchad seront toujours latents au sortir du Dialogue national inclusif de décembre 2021. On aura distrait des milliards de nos francs pour rien ! Le mieux serait de susciter actuellement un cadre pour la modification constitutionnelle afin de favoriser la convocation de la présidentielle. C’est à celui qui accèdera au pouvoir par les urnes que reviendra l’organisation d’un dialogue inclusif pour un Tchad nouveau. Ce qui se fait actuellement est loin de sortir le Tchad de cette crise déjà profonde. Le dialogue national est un couteau à deux tranchants : son échec viendra activer les foyers de tension qui conduiront le Tchad vers une guerre de sécession ; sa réussite partielle fera des mécontents, parce que toutes les préoccupations ne seront pas prises en compte. Le pouvoir en place doit faire appel à la conscience patriotique pour choisir le moindre mal.

Collaboration Journal Eclairages/Regards d’Africains de France

 

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