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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

S’il y a actuellement une double préoccupation qui semble faire consensus au pays du défunt autocrate Idriss Deby Itno, autoproclamé maréchal du Tchad avant sa mort tragique, le mardi 20 avril 2021, c’est bel et bien la hantise de voir voler en éclat, l’apparente paix et l’inacceptable dévolution dynastique du pouvoir en marche depuis la mainmise de la bande des généraux sur le pouvoir et tout ce qui en découle. Les soubresauts politico-militaires ont toujours ponctué la vie de la nation tchadienne, d’où la méfiance des Tchadiens à toute prise du pouvoir par les armes. Raison pour laquelle l’option militaire prônée par le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) ou d’autres groupes armés n’est pas forcément la bienvenue. Comme Etat, le Tchad n’a jamais été un havre de paix depuis son accession à la souveraineté internationale, en raison de nombreuses contingences liées, d’une part, à l’exercice brutal du pouvoir politique, et d’autre part, à la conquête violente de celui-ci. L’immixtion extérieure a contribué à attiser les guerres fratricides et abîmer la fibre patriotique et le désir du vivre-ensemble. On a l’impression d’assister à un perpétuel recommencement voire un cycle infernal dans lequel, tour à tour, les militaires en 1975, puis les rebelles en 1979, 1982 et 1990, ont plongé le peuple tchadien dans une sorte d’instabilité chronique.

Quel que soit le pouvoir en place, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Ce sont pratiquement les mêmes dérives autoritaires reprochées au premier président NGarta Tombalbaye qui sont répétées quasi systématiquement par ses successeurs, le général Felix Malloum, Hissein Habré et le maréchal Idriss Deby Itno, si l’on prend en compte un certain nombre de similitudes dans l’espace et le temps. L’enrichissement illicite, le clientélisme, le népotisme, les nominations partisanes, l’exclusion, l’impunité, l’injustice, les persécutions politiques, les disparitions forcées, les arrestations arbitraires, les exécutions sommaires et extrajudiciaires, les interdictions de manifester, telles sont entre autres les pratiques décriées lors de leurs règnes respectifs. Au lendemain du décès tragique du maréchal IDI, beaucoup de souvenirs liés aux atrocités de la guerre ont refait surface chez nombre des Tchadiens qui appellent de tout leur vœu « la paix et la stabilité ». Ce sont justement les arguments de la stabilité, la paix et la sécurité qui ont été avancés par le Conseil militaire de transition pour convaincre une partie des Tchadiens et la plupart des partenaires et organisations internationales au rang desquelles figurent l’Union africaine, la CEEAC, l’ONU et bien d’autres. Le soutien indéfectible et suspect de la France au rejeton d’Idriss Deby fait encore couler beaucoup d’encre et de salive, comparé à l’attitude intransigeante du chef de l’Etat français vis-à-vis du coup de force de la junte militaire malienne.

Échaudés par plusieurs années d’autoritarisme étatique, les citoyens sont catégoriquement opposés à toute manœuvre de nature à instaurer la dévolution dynastique dans une république comme le Tchad. Pourtant, tout laisse à penser, hélas, qu’on en prend inéluctablement le chemin jour après jour, au regard de la duplicité du Conseil militaire de transition piloté par Mahamat Idriss Deby, le fils du défunt président. La désignation du Premier ministre et les membres de son gouvernement démontrent clairement que le nouveau chef de l’Etat se prépare à rouler tout le monde dans la farine, à commencer par les opposants résolus d’accompagner le CMT. Tous les signaux sont au rouge au stade actuel de la transition mais tous préfèrent regarder ailleurs et ne jurent que par le Dialogue national inclusif dont personne ne sait ni la date, ni le contenu, encore moins les conditions de participation. En attendant, c’est la bataille de places au sein du Conseil national de transition (CNT) et d’autres organes qui se joue en coulisse. Les préoccupations du peuple sont provisoirement renvoyées aux calendes grecques. Certains politiciens et leaders d’opinion sont prêts à vendre leur âme au diable pour tirer profit de la situation opportunément offerte à eux. Les beaux discours d’hier ne sont plus d’actualité à l’heure du partage de gâteau. Ce qui n’est pas du goût de Stéphane Théri pour qui, en politique, le devoir de faire devrait l’emporter sur le pouvoir de dire.

Moussa S. Yowanga

 

 

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