Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Rien ne semble avoir changé depuis la mort tragique de l’autocrate le Maréchal Idriss Deby au sommet de sa gloire, le mardi 20 avril 2021, des suites de ses blessures reçues au combat. Par une manœuvre digne de la mafia sicilienne, le dauphin constitutionnel en l’occurrence le président de l’Assemblée nationale, le trouillard Haroun Kabadi a cédé le fauteuil présidentiel au digne fils de son père, le général Mahamat Idriss Deby, accompagné par quatorze autres généraux fidèles au défunt président tchadien. La version officielle suggère qu’il se soit volontairement désisté au profit de l’autre. Personne au Tchad ne croit à ce genre de balivernes. Le Conseil militaire de transition (CMT) voit ainsi le jour mettant tout le monde dos au mur. Malgré la condamnation de la classe politique, des syndicats et de la société civile, le CMT s’est progressivement imposé grâce à la bénédiction de la France et la complicité indigne de l’Union européenne, de l’Union africaine et même  de l’ONU. Bon an mal an, le CMT consolide peu à peu son pouvoir en utilisant tous les leviers de l’Etat, entre autres l’argent ou les prérogatives de nominations dévolues au président du CMT par la Charte de transition. Loin de rassurer ses nombreux détracteurs, les nominations opérées par le général Mahamat Idriss Deby prouvent la tendance communautarisme et clientéliste semblable aux anciennes pratiques à l’époque du feu Maréchal Idriss Deby Itno. Entre le 15 et 21 mai, ce sont trois décrets signés par le président du CMT qui font polémique et sont largement commentés en raison de leur caractère flagrant en termes de népotisme et d’exclusion d’une frange importante de la composante nationale.

L’un des trois décrets le plus décrié, celui portant nominations à la DGSSIE a curieusement disparu du site présidentiel. Les personnes concernées par ces différents décrets présidentiels s’élèvent à 66 parmi lesquelles on dénombre 6 gouverneurs, 23 conseillers techniques à la présidence et 37 hauts gradés à la DGSSIE. La plupart d’entre elles, surtout les officiers promus appartiennent majoritairement à la même communauté. Et comme toujours, ce n’est pas forcément les critères de probité, de compétences et d’égalité de chance qui ont conduit les plus hautes autorités actuelles du pays à attribuer ces postes. Quand on épluche ces trois décrets, on s’aperçoit que rien n’a vraiment changé. Ce sont pratiquement les mêmes personnes, les mêmes noms à connotation régionaliste voire confessionnelle qui sont placés à tel ou tel poste sans tenir compte de l’équilibre régional dans un pays laïc où cohabitent plus deux cents ethnies. Cela créée inéluctablement un sentiment d’injustice chez un nombre écrasant des Tchadiens qui se sentent au mieux marginalisés et au pire exclus de la gestion de la chose publique. Le président du CMT et le gouvernement de transition ont une mission essentielle de conduire le Tchad vers l’instauration d’un dialogue véritablement inclusif afin de créer les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel en organisant des élections libres, transparentes et crédibles. Tout autre agenda caché est voué à l’échec car les Tchadiens ne vont plus se laisser faire ni indéfiniment sacrifiés sur l’autel des ambitions égoïstes et sordides après le calvaire vécu pendant plus d’une trentaine d’années sous le régime déchu du MPS. Les autorités de transition n’ont pas vocation à s’installer durablement dans le temps. Chaque partie prenante de la transition doit faire en sorte que le Tchad surmonte ce défi majeur sans quoi le pays court le risque d’une forte implosion.

Moussa S. Yowanga

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article