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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

C’était une énorme tombe, dans l’eau. Je crois que leurs espoirs s’étaient évanouis dans l’océan.

Aïcha, rare rescapée de 17 ans, raconte son calvaire.Un triste récit des candidats à l’immigration européenne, dressé par notre confrère Kamel Azzouz de la RTBF,  publié le dimanche 16 mai 2021. Selon le journaliste de la RTBF Kamel Azzouz, il s’agit  de la plus grande tragédie impliquant des bateaux de migrants au large des Îles Canaries. Après 22 jours à la dérive, une embarcation a été repérée fin avril par l’armée de l’air espagnole. À son bord, le bateau de fortune comptait 59 passagers à son départ de Mauritanie. Seuls trois d’entre eux ont survécu, dont Aïcha.Véritable miraculée, cette jeune ivoirienne de 17 ans espérait rejoindre les côtes des îles Canaries. Elle avait quitté sa ville natale au mois de novembre pour se rendre en Mauritanie où elle a pris la mer avec 58 autres migrants. Seule sa sœur était dans la confidence de son périple. Avec beaucoup d’émotions, Aïcha détaille les terribles conditions dans lesquelles les passagers ont vécu cette tragique traversée : « Deux jours après le départ, il n’y avait plus d’eau ni de nourriture. Le quatrième jour, il n’y avait plus d’essence. Il y avait des hommes qui ne pouvaient plus se lever et qui criaient de soif : S’il vous plaît, j’ai besoin d’eau ! Quelqu’un peut-il me donner de l’eau ? On a utilisé une chaussure pour leur donner de l’eau de la mer ».C’est d'abord un avion de l’armée de l’air espagnole qui a repéré le bateau. Un hélicoptère militaire s’est ensuite rendu à la rescousse des survivants pour les hélitreuiller. Lorsqu'Aïcha voit l'appareil s’approcher pour les sauver, elle fond en larmes éprouvée par 22 jours de cauchemar en pleine dérive : « Au début, quand quelqu’un mourait, nous disions une prière. A la fin, il n’y avait plus de prière. Nous n’avions pas la force de jeter d’autres corps à la mer ! »

Kamel Azzouz ne s’arrêta pas que là. Il eut recueilli les témoignages des  militaires ayant découvert les trois survivants entourés de dizaines de corps. Le caporal Juan Carlos Serrano commente-il, un membre de l’équipage de l’hélicoptère témoigne de la tragique découverte : « C’était une énorme tombe, dans l’eau, au beau milieu de nulle part. Je crois que leurs espoirs s’étaient évanouis dans l’océan. Ils (les trois rescapés, ndlr) étaient si faibles que nous avons dû nous y mettre à plusieurs pour les aider à se tenir debout ».Une fois sur la terre ferme, Aïcha et les deux autres migrants ont été emmenés vers un hôpital de Tenerife. Marqué par le sort d’Aïcha, Juan Carlos Serrano a souhaité aider la jeune fille en l’hébergeant. Trois semaines après son sauvetage, Aicha est rétablie avec le sentiment d’avoir trouvé une seconde famille.Les migrants étaient tous en provenance d’Afrique subsaharienne. Depuis la fin l’année 2019, les embarcations transportant ces personnes en transit se sont multipliées sur cet axe maritime. En 2020, les autorités ont recensé 23.023 migrants qui ont atteint les îles Canaries. Selon le ministère de l’intérieur, c’est huit fois plus que l’année précédente. La traversée fait une centaine de kilomètres, et est extrêmement dangereuse à cause de forts courants, comme le soulignent le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés et l’Organisation internationale pour les migrations : « L’état de la mer à cette période de l’année et la distance à parcourir rendent cette route particulièrement dangereuse. Les bateaux peuvent dériver pendant des jours, sans nourriture et sans eau ».Les embarcations sont en grande majorité surchargées et en mauvais état. L’an dernier, plus de 1800 migrants ont perdu la vie avec l’espoir d’atteindre les Îles Canaries.

Ahmat Zéïdane Bichara

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