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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Un climat tendu règne en Colombie où des centaines de manifestants ont été victimes de répressions policières les plus meurtrières, a rapporté le jeudi 13 mai, le journal de Montréal citant l’AFP. Dans la même publication, l’auteur souligne que les Colombiens dénoncent les exactions perpétrées par les forces de l’ordre et de sécurité, réclamant des réformes en profondeur de la police. En treize jours, les violences policières ont entraîné la mort de 42 personnes. Une vague de colère populaire sévit en Colombie depuis le 28 avril. La recrudescence de la violence résulte de l’extrême pauvreté de la population dont 42,5% vit en dessous du seuil de pauvreté aggravé par la pandémie du coronavirus. Les jeunes sont en première ligne de la contestation populaire en raison de leur situation sociale catastrophique. La goutte qui a fait déborder le vase, a été un projet de réforme fiscale, vite abandonné, porté par le président de droite Ivan Duque, qui visait à augmenter la TVA et à élargir la base de l’impôt sur le revenu. En plus de 42 morts parmi lesquels un agent de police, il y a eu 1500 blessés civils et policiers y compris, selon le ministère de la Défense dont dépend la police colombienne. Selon l’ONG Temblores, au moins 40 homicides incombent à la police.

L’AFP a visionné une quarantaine de vidéos d’une scène de répression policière condamnée unanimement par la communauté internationale dont l’ONU, l’Union européenne et des ONG internationales de défense des droits humains. « En Colombie, l’ennemi a toujours été intérieur : l’idée demeure dans l’imaginaire de la police et dans celui de l’armée », explique l’historien Oscar Almario, de l’Université Nationale, faisant allusion aux conflits avec les guérillas et les trafiquants de drogue. Les forces de l’ordre colombiennes considèrent les manifestants comme« Un ennemi potentiel défiant les institutions : c’est bien entendu le pire scénario », a ajouté M. Almario.  Malgré les bavures des forces de l’ordre, les autorités refusent de démilitariser la police de crainte de perdre sa capacité à combattre un ennemi intérieur qui n’a pas complètement disparu : des groupes armés financés par les narcotrafiquants ou l’industrie minière illégale. Pourtant, après des décennies de stigmatisation de la protestation sociale, associée aux rébellions de gauche, les jeunes, qui n’ont pas connu les années noires du conflit armé, « n’ont plus peur » et n’hésitent pas à filmer la répression à l’aide de leurs smartphones, souligne Luis Felipe Vega, professeur de sciences politiques à l’Université Javeriana. « Ils peuvent ainsi devenir victimes d’un nouveau conflit qui n’est plus rural mais urbain », fait-il valoir. Le signal d’alarme avait été donné en 2019, lorsqu’un mouvement étudiant inédit s’est déclenché donnant un avertissement à Ivan Duque, le plus jeune président de l’histoire contemporaine de la Colombie, aujourd’hui âgé de 44 ans.

 

A l’époque déjà, la Cour Suprême avait exigé une réforme en profondeur des unités antiémeute au lendemain de la brutalité dans la répression du mouvement. Selon Juan Carlos Vasquez, un expert en sécurité de l’Université du Rosaire,  ces unités sont aujourd’hui « mieux formées » pour faire face aux manifestations. Paradoxalement, « ce sont pour l’essentiel des unités de police de surveillance qui ont tiré à balles réelles sur des manifestants », s'interroge-t-il. « Le fait de tirer à brûle-pourpoint sur des manifestants sans réfléchir à deux fois révèle l’état de dégradation de cette police-là », selon M. Vasquez. Plus grave, les sanctions contre les agents de police sont rares. A ce jour, on dénombre seulement cinq policiers suspendus,  dont deux font l’objet d’une enquête pour l’assassinat par balle d’un étudiant de 19 ans à Ibagué (centre). Le gouvernement accuse les manifestants d’être infiltrés par des groupes armés, dont des dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et de l’Armée de libération nationale (ELN), responsables de tirs à balles réelles sur les policiers. Les membres de forces de l’ordre attaqués, ont agi en légitime défense, mais également pour tuer et se venger, explique M. Vasquez. L’image de la police a été écornée par la répression policière des manifestants. Et pourtant, les policiers ont longtemps bénéficié d’une bonne image lorsque la Colombie était confrontée à la fois à de nombreuses guérillas et aux puissants cartels de la drogue. Aujourd’hui, les Colombiens exigent une autre police issue de réformes en profondeur.

Moussa S. Yowanga

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