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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Deux bonnes questions posées par notre consoeur Annick Merckx de la RTBF  au sujet de poisson d’avril. Pour la journaliste Annick Merckx de ce média belge, en  ces temps de fake news à gogo, le poisson d’avril a-t-il encore droit de survie ? La tradition a peut-être un peu de plomb dans l’aile, mais puisque le rire est le propre de l’homme (et ce n’est pas l’ami Rabelais qui me démentira), on va en profiter pour tenter de faire le point sur une coutume qui a fait rire et sourire des générations avant nous : le poisson d’avril.Qui n’a pas, étant gosse, ri sous cape en accrochant plus ou moins discrètement un poisson en papier dans le dos de ses parents, d’un de ses copains ou professeurs ? Et, le rire au bord des lèvres, attendu impatiemment le moment où la victime s’en rendrait compte, pour crier triomphalement « poisson d’avriiil » sous le rire des témoins !Qui n’a pas lu une information dans un journal, qui, si énorme soit-elle, avait tout de même l’air d’être vraie jusqu’au démenti du lendemain ? Qui n’a pas dit « m’enfin , ils n’ont pas osé ? ! » en entendant/voyant une actualité à la radio ou à la télévision ?La première mention de « poisson d’avril » ne date, en tout cas, pas d’hier : la locution est apparue pour la première fois dans le Doctrinal du temps présent de Pierre Michault, en 1466. Elle y désigne un « entremetteur, intermédiaire, jeune garçon chargé de porter les lettres d’amour de son maître ».Mais ce n'est que dans La vie de Charles V, duc de Lorraine, qu’elle prend le sens d’une « tromperie, ou mystification traditionnelle du 1er avril », en 1691.

Dans son commentaire  elle a aussi indiqué qu’une hypothèse de la farce du 1er avril pourrait cependant être qu’en 1564, suite à la décision du roi de France Charles IX, via l’Edit de Roussillon, de faire débuter l’année calendrier le 1er janvier, des petits farceurs voulant se moquer de ceux qui n’étaient pas au courant et qui continuaient à s’offrir des cadeaux et étrennes le 1er avril, eurent l’idée d’offrir des cadeaux pour rire, ou de faux cadeaux, dont des poissons.Poissons qui pourraient avoir un rapport avec la fête de Pâques et la chrétienté (le Carême, précédant Pâques, durant lequel on mange « maigre », c’est-à-dire pas de viande).A moins que ce ne soit en rapport avec l’ouverture (ou la fermeture selon les pays) de la pêche au 1er avril : on aurait accroché un (vrai) poisson au dos des infortunés qui, les habits étant larges et lourds, ne se seraient rendu compte qu’à… la longue, et à l’odeur, de la mauvaise blague !Ou encore, cette histoire qui prétend que le « poisson d’avril » viendrait du signe du zodiaque poisson dernier signe de l’hiver.Si tout cela est un peu flou, on peut en tout cas y voir un rapport avec la fin de l’hiver, un rite de passage des saisons et un moment de réjouissance en lien avec le Carnaval.Carnaval et peut-être « fête des fous », disent certains spécialistes du folklore, qui, au Moyen-Age, voyait mettre en vedette une personne simple, qui devenait le héros comme celui qui accroche le poisson au dos de la personne plus « responsable ».

Un rapport, du coup, avec l’April’s Fool Day, en vigueur dans les pays anglo-saxons, que l’on traduit plutôt par jour de la duperie, où l’on dit ou fait des blagues, mais sans l’entremise d’un poisson ?De même qu’en Allemagne, avec lAprilscherz, qu’on fait également remonter à plusieurs siècles.Plus près de nous, en tout cas, en France, au début au début du 20e siècle, on s’envoyait des cartes postales toutes ornées d’un poisson d’avril et richement décorées. Une tradition qui semble bien perdue, mais dont le musée du château de Dieppe conserve une très importante collection.Danemark, Pays-Bas, Pologne, Italie, Russie, Corée du Sud, Chine ou Inde, parmi d’autres ont eux aussi leur tradition de jour des blagues du 1er avril.En Espagne, mais aussi au Portugal ou au Brésil, même coutume de journée des farces et des blagues, mais un autre jour celui-là : le 28 décembre, jour de la fête des Saints innocents, le 28 décembre.Bref, une tradition de rire ensemble bien répandue à travers le monde et qui fait dire au philosophe Henri Bergson dans son essai sur le rire, que celui-ci a une « signification sociale : il doit répondre à certaines exigences de la vie en commun, le rire étant toujours le rire d’un groupe ». Allez, on se détend ?

Ahmat Zéïdane Bichara

 

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