Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Les temps sont durs  au Brésil, l’un des pays le plus vaste et peuplé de l’Amérique latine, confronté à la faim aggravée par la crise sanitaire, informe le journal de Montréal dans sa publication datant de mercredi 31 mars 2021. Les points de distribution de nourriture sont pris d’assaut par de nombreuses personnes dans les grandes villes du Brésil, où la faim gagne du terrain en pleine crise du coronavirus. Un habitant du centre de Sao Paulo s’est procuré une petite quantité de riz, un peu de viande et quelques légumes après une longue attente en présence d’environ 300 personnes. «C’est mieux de venir ici que de mendier», confie à l’AFP cet homme de 70 ans nommé Miguel da Silva. A Rio de Janeiro, la scène est la même avec des centaines de personnes dans une autre file interminable, sous un soleil écrasant, y compris des femmes enceintes. Pour la plupart, ce sera le seul repas de la journée. «Tout est cher. Si je devais acheter la nourriture qu’on nous donne ici, ça me coûterait plus de 1.000 réais [près de 150 euros] par mois», déplore Mario Lima, 72 ans, qui touche seulement 1 045 reáis de retraite, l’équivalent du salaire minimum. La catastrophe sanitaire a fait en un an plus de 317 000 morts au Brésil, mais elle a également eu pour conséquence la montée en puissance du chômage, avec son lot de nouveaux pauvres, de nouveaux affamés.

La pandémie n’est que le révélateur d’une tendance observée depuis six ans dans ce pays champion de l’agro-alimentaireEn 2020, le directeur du Programme alimentaire mondial de l’ONU au Brésil, Daniel Balaban, a prédit que le pays avançait «à grands pas» vers un retour dans la Carte de la faim, dont il était sorti en 2014. Ceux qui y figurent ont plus de 5% de leur population dans un état de pauvreté extrême. Selon les estimations de la Banque mondiale, 5,4 millions de Brésiliens tomberaient dans cette catégorie d’ici la fin de l’année dernière, pour porter à 14,7 millions le total de personnes extrêmement pauvres, sur une population de 212 millions d’habitants. «C’est clairement le moment le plus effrayant que nous ayons connu dans le combat contre la faim», assure Rodrigo Alfonso, directeur de l’association Action pour la Citoyenneté.Lors de la création de cette ONG en 1993, la faim sévissait surtout dans les régions les plus pauvres du Nord et du Nord-est. «Aujourd’hui, partout où on va, on voit énormément de familles qui n’ont pas les moyens de s’alimenter, et c’est de pire en pire», résume-t-il. Les conclusions d’une étude de la Fondation Getulio Vargas datant de novembre ont révélé que  près d’un tiers de la population brésilienne souffrait d’insécurité alimentaire. 

Très critiqué pour sa gestion catastrophique de la crise sanitaire, le gouvernement brésilien avait versé des allocations à près d’un tiers des Brésiliens les plus pauvres à partir d’avril dernier. Mais ces  «aides d’urgence» de 600 réais (environ 90 euros) ont été réduites de moitié en septembre, puis les versements ont cessé à la fin de l’année. Ces allocations ont été providentielles, mais cela fait trois mois que les plus vulnérables sont pratiquement privés de revenus, au pire moment de la pandémie, alors que l’inflation a fait grimper les prix alimentaires. «Avant la pandémie, on arrivait à s’en sortir, maintenant, on n’a plus rien», raconte Silvana da Silva, 22 ans, qui gagnait sa vie en ramassant des déchets recyclables de restaurants et de commerces à Sao Paulo.  Mais puisque tous les commerces non essentiels sont fermés, elle dépend de l’aide alimentaire de la mairie pour survivre. Vu le nombre de plus en plus croissant des pauvres, la municipalité a augmenté le nombre de repas quotidiens distribués en les faisant passer de 7 500 à 10 000 repas. Situation similaire à Rio, où le secrétaire au Développement social Bruno Dauaire évoque une situation d’urgence extrême». «Il n’y a pas si longtemps que ça, on ne parlait plus vraiment de faim ou de misère ici, mais ces problèmes sont de retour», dit-il. Les ONG impliquées qui opèrent pour pallier la carence des pouvoirs publics débordés par la pandémie font face pour leur part à une forte diminution des dons. En 2020, Action pour la Citoyenneté distribuait entre 80 000 et 100 000 repas par mois dans tout le Brésil, mais ce total a été divisé par dix cette année.  «On essaie d’être où les pouvoirs publics ne sont pas, mais malheureusement, ils ne sont pratiquement nulle part», regrette Rodrigo Afonso.

Moussa S. Yowanga

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article