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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Publiée depuis le samedi 19 mars 2021, cette lettre ouverte au Président de la République du Tchad  Idriss Deby Itno écrite et postée  par monsieur Wardougou Kelley Sakine, aborde plusieurs éléments importants relatifs à la vie politique et sociale de ce grand pays de la Sous-région Afrique centrale. Ainsi, l’auteur de cette lettre ouverte dresse un tableau de  rappel au  Président de la République du Tchad, le Maréchal Idriss Deby Itno en le lui signifiant qu’il y a de cela 30 ans  et plus précisément en décembre 1990, il accéda à la tête de leur pays commun qui est le Tchad. Monsieur Wardougou Kelley Sakine considère que pour tous les Tchadiens, le nombre d'années à la tête du pouvoir importe peu, en dépit du fait que cela soit en contrariété avec l'un des principes de la démocratie, notamment celui de l'alternance au sommet de l'État. Par contre, vouloir s'éterniser au pouvoir en parlant justement au Président Idriss Deby Itno, sans pour autant être un facteur de stabilité sociale, de développement, d'union, bref, sans pour autant répondre présent aux besoins primordiaux de ses concitoyens constitue un hic, un grand problème. Ce jeune tchadienne rappelle aussi à son président que cela fait 30 ans que les principaux droits et libertés des Tchadiens sont bafoués, pourtant elles sont toutes garanties par la constitution et donc fondamentales, qui demeurent malheureusement soit ignorées, soit limitées dans la pratique, et ce, de manière très souvent arbitraire au vu et au su de tout le monde. 

Monsieur Wardougou Kelley Sakine estime que : «Ce qui est, bien entendu, en contradiction avec vos propos de décembre 1990, et, plus précisément votre slogan « je ne vous ai apporté ni l'argent, ni l'or mais la liberté »! Monsieur le Président, l'accès à l'eau potable, l'accès à l'électricité, l'accès à l'internet, l'accès à une éducation de qualité, l'accès à des soins médicaux, etc toutes ces choses qui, normalement pour un État, constituent le minimum à garantir aux populations. Mais au Tchad, tel n'est pas le cas, d'autant plus que la majorité des Tchadiens n'en ont pas accès. Monsieur le président, les jeunes, dans notre pays, nourrissent tous, en tout cas beaucoup, un souhait : celui de voir leur pays croître. Mais force est de constater que, l'accès à la fonction publique, l'une des voies qui nous permettent de servir notre patrie, est caractérisé par le clientélisme, la corruption, le régionalisme, le tribalisme, et j'en passe. Tout cela constitue une barrière pour les milliers de ces jeunes qui veulent servir leur pays ».

L'entreprenariat explique-t-il point par point les raisons qui l’ont poussé à dresser cette lettre ouverte au Président de la République de son pays : « est une des voies pour servir sa patrie, reste un terrain presque inexploitable, car les conditions pour y parvenir ne sont pas réunies au Tchad. L'État, non plus, ne garantit pas le minimum de sécurité allant dans ce sens ; il n'accompagne pas les entrepreneurs, et c'est la raison pour laquelle beaucoup de jeunes laissent ce chemin d'entreprenariat. Monsieur le Président, beaucoup de ces choses citées ci-haut et d'autres qui ne sont citées relèvent de la responsabilité de l'État, mais ce dernier est parfois totalement absent. Monsieur le Président, les futures élections présidentielles sont prévues pour le 11 avril 2021. Mais force est de constater que le contexte électoral est particulièrement émaillé de tensions socio-politiques, qui sont de nature à compromettre le bon déroulement de la présidentielle, qui sont de nature à engendrer des violences sanglantes, etc. En effet, parmi les nombreux candidats à la présidentielle, si certains sont écartés pour inéligibilité constatée par la Cour suprême, d'autres, par contre, ont décidé d'abandonner la course, tout en exigeant le report de ladite élection. Pour ces candidats, les conditions ne sont pas réunies pour organiser des élections crédibles et transparentes, et c'est d'ailleurs ce que beaucoup de Tchadien(ne)s pensent. Monsieur le Président, l'heure est grave, l'heure est plus que grave, l'heure est rouge! Monsieur le Président, pour reprendre le Dr Elhadj Abdrouhman Diouf, les conflictualités croisées que nous subissons ne sont ni un simple petit tourment à surmonter, ni des fulgurances colériques avec un effet du bulles de savon, encore moins de simples bravaches de salon. C'est la substantifique moelle de notre nation et de la démocratie corollaire que nous voulons bâtir qui sont en jeu ».

Monsieur le Président poursuit ce citoyen tchadien à la personne de Wardougou Kelley Sakine :« Vous êtes avant tout un être humain, donc vous n'êtes pas un éternel, et cela a été dit par vous même lors de votre rencontre avec le Président des transformateurs. Ce qui signifie qu'un jour ou l'autre, vous allez mourir et vous allez laisser votre place à une autre personne. Cependant, l'hypothèse d'une mort brutale ou brusque, que Dieu nous en éloigne, pourrait être de nature à engendrer un chaos ou un désastre dans notre pays. Et ça, vous le savez très bien, monsieur le Président. Nous disons cela non pas parce que nous voulons un chaos pour notre pays, non loin de là, mais nous le disons en connaissance de nos réalités socio-historiques. Monsieur le Président, pour éviter tout cela, si vous vous souciez de l'avenir de ce beau pays, nous vous demandons, avec un esprit hautement patriotique, d'annuler les futures échéances électorales, de mettre fin à ces dépenses exorbitantes de votre campagne et d'organiser, en lieu et place, des assises nationales, telle la conférence nationale souveraine de 1993, comme vous l'ont demandé le Dr Bé-Rammaj Miaro II, des personnalités politiques, les Transformateurs et beaucoup de Tchadien(ne)s ».

Monsieur le Président ajoute-t-il avec insistance:« Beaucoup de personnes se demandent, cependant, comment organiser ces assises en un moi, peut-être vous aussi ? En effet, pour la question de l'organisation de ces assises, faudrait-il le préciser, on est pas obligé de le faire le 11 avril ; on peut bien le faire dans un intervalle de temps allant de deux (2) à six (6) mois. Là encore, le temps importe peu, l'essentiel est de faire en sorte que toutes les forces vives de la nation puissent être impliquées, consultées, entendues et considérées, notamment pour la prise en compte de leur ressenti, de leurs points de vue, de leurs préoccupations, de leurs revendications, ou encore de leurs doléances. Monsieur le Président, l'organisation de ces assises, faudrait-il le rappeler, consiste à réformer l'essentiel des institutions de notre pays pour la fondation d'un Tchad nouveau sur des bases solides comme des murs en béton, et surtout avec la participation de toutes les forces vives de la nation sans exclusion aucune ».

Enfin conclut-il sa longue lettre ouverte:« Monsieur le Président, au sortir de ces assises, un gouvernement de Transition, auquel vous pouvez participer sans en être le président, serait mis en place pour diriger le pays suivant le délai prévu dans le cadre desdites assises nationales. Une transition devant se solder par la tenue des élections générales, aussi bien législatives que présidentielles. Monsieur le Président, une question non moins importante reste votre sécurité, qui requiert notamment l'adoption de garanties juridiques subséquentes. Cette question, de notre point de vue, pourrait trouver sa réponse ou sa résolution dans le cadre, bien évidemment, des assises nationales en questions. Celles-ci pourraient vous octroyer lesdites garanties, notamment contre des éventuelles poursuites judiciaires. En conséquence de quoi, vous allez, nous l'espérons bien, pouvoir vous reposer dans votre village natal, être derrière vos chameaux, boire suffisamment de lait et respirer de l'air pur comme vous le dites souvent. Monsieur le Président, si vous arrivez à faire tout cela, l'histoire du Tchad, de l'Afrique et du monde entier retiendra votre nom et vous serez un héros aux yeux de beaucoup de personnes. Monsieur le Président, écoutez vos concitoyens, écoutez nous, ne nous ignorez pas, ne nous méprisez pas, gérez la frustration de vos concitoyens, gérez nos frustrations, car jusqu'à ce que vous quittez le pouvoir, vous demeurer le pater familias des Tchadiens, vous demeurer le garant de nos institutions et vous avez le devoir de nous écouter, Monsieur le Président. Monsieur le Président, le peuple Tchadien n'est ni un peuple naïf, ni un peuple peureux, encore moins un peuple lâche, mais au contraire, c'est un peuple courageux, un peuple digne, un peuple de paix… Ce peuple en a eu suffisamment de cycle de violences, de crises, de guerres... C'est pourquoi il préfère le dialogue, car ce dernier constitue le principal facteur de développement et d'union national. Dans l'attente d'une suite favorable, veuillez recevoir, Monsieur le Président de la République, mes salutations les plus patriotiques et les plus sincères. Que Dieu bénisse le Tchad, que la paix soit sur les Tchadiens ! »

La Rédaction

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