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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                           Déli Sainzoumi Nestor, Eclairages

Déclaration de guerre, affrontements meurtriers, retrait des candidatures, poursuites judiciaires contre les candidats déchus, etc. Tout cela montre que la crise est en train de s’installer au Tchad, sous le regard indifférent des partenaires. Depuis l’attaque du domicile de Yaya Dillo Djerou Betchi, le 28 février 2021, la terreur s’est installée au Tchad. La crise électorale commence à creuser son sillon. Le climat qui prévaut actuellement dans la capitale tchadienne montre que les tensions seront plus vives pendant la période de campagne électorale. Tout cela arrive par la faute des plus hautes autorités de la République, de la Cour suprême et de la CENI. Tous ont une grande part de responsabilité dans ce qui adviendra.

De nouveaux acteurs, même scénario

Contrairement aux précédentes élections présidentielles, les acteurs ont changé. Idriss Déby fera face non plus aux poids lourds de la sphère politique, mais aux grands inconnus tels que Yombombé Madjitoloum Théophile, Béassemda Lydie et Alladoum Djarma Baltazar. Pour beaucoup, ces personnalités ne sont que des accompagnateurs du maréchal du Tchad qui a une peur bleue pour le vide juridique. Ces nouveaux candidats et néophytes en politique constituent, à n’en point douter, une milice qui jouera essentiellement le rôle de marionnette. Ils sont pires que les présidents des partis politiques qui ont appelé au soutien de la candidature du candidat du MPS.

Yombombé  Madjitoloum Théophile.

L’élu de la circonscription de Mbaibokoum (Logone oriental), cet ancien député du RNDT-Le Réveil,  avait siégé impunément à l’Assemblée nationale avant d’être contraint par la Cour Suprême à quitter le parlement. Déchu, il sera investi pour la présidentielle, à partir de Moundou, par le parti Union de travailleurs progressistes pour la cohésion (UTPC), lors d’un congrès statutaire. Son seul projet politique serait de prendre sur son ancien camarade Pahimi Padacké Albert sa revanche. Une mission impossible qui lui aurait été confiée par la mouvance présidentielle.

Beassemda Lydie.

Elle est la fille du regretté fédéraliste Béassemda Djebaret Julien. Elle succède à son père en août 2018, en prenant les rênes du Parti pour la démocratie et l’indépendance intégrale (PDI), mais pour un concubinage politique avec le MPS. Ancienne ministre de la Production, de l’irrigation et des équipements agricoles, sa nomination à ce poste tire sa source de la promesse faite par Idriss Déby Itno à sa famille biologique, en marge des obsèques de son défunt père. A Moundou, beaucoup ont désapprouvé ces accointances du PDI avec le MPS. L’électorat est menacé de s’émietter lors de la prochaine échéance électorale dans le Logone occidental.

Alladoum Djarma Baltazar.

Il apparaît comme un phénomène dans l’histoire politique du Tchad indépendant. L’annonce de sa candidature a fait du buzz sur les réseaux sociaux et dans les sous quartiers de la capitale. Même si de la présidentielle d’avril prochain, il ne gagnera que le dénigrement et le mépris de l’électorat tchadien, Alladoum Djarma Baltazar sortira épanoui et sera promis ministre de Déby Itno. L’approbation de sa candidature par la Cour suprême confirme non seulement la légèreté et le parti pris de cette institution de la République, mais dévoile à l’opinion publique que certaines candidatures sont parrainées par les tenants du pouvoir central. Il n’y a donc non seulement de la filouterie dans l’organisation de la présidentielle, mais aussi une dose du folklorisme tchadien. Sacré Balta ! Pour jouer à fond la fourberie, notre prochain président de la République écrit, le 17 février, sur sa page facebook : « Avec moi le rêve est permis à tout citoyen tchadien(ne). Oui je crois à la première tour avec vous bien sûr», (dixit Baltazar).

Romadoumnngar Félix Nialbé.

Voilà un homme qui n’a aucune ambition pour la fonction présidentielle, mais qui se retrouve, comme par hasard, dans la course. Chef de file de l’opposition, président de l’Union pour le Renouveau et la Démocratie ( URD) du feu Wadal Abdelkader Kamougué, la candidature de Félix Nialbé ne dérange personne et n’impressionne pas non plus les Tchadiens. Tout ce qu’ils retiennent de cet homme qui hérite le parti de cette ancienne figure de l’opposition tchadienne, c’est son épaisse fourberie. Depuis sa désignation comme chef de file, il fait l’objet d’une critique acerbe des partis politiques de l’opposition qui estiment qu’il fait, constamment et sans vergogne, le jeu du parti au pouvoir. Pour les acteurs politiques, il n’est ni de l’opposition ni de la majorité présidentielle. Félix Nialbé a simplement trahi son camp. C’est un infidèle chef de file, lui qui sait pertinemment que l’opposition a des  défis à relever allant « des défis existentiels de l’opposition elle-même aux défis face au régime MPS qui ne répond plus aux aspirations du peuple ». Que faut-il retenir de cette image qu’affiche le président de l’URD, surtout qu’il ne s’accommode pas de l’habit qu’on lui a fait porter ? Entraîné dans une danse endiablée par le Secrétaire général du MPS, Félix Nialbé a perdu le nord et certaines personnes pensent qu’il fait acte de candidature, non pas pour briguer la présidentielle, mais pour faire la volonté du MPS. 

Débat sur la participation et/ou le boycott de la présidentielle

Cette année, on trouve sur la liste des présidentiables, deux candidats sérieux. Pahimi Padacké Albert et Mbaimon Guedmbaye Brice, ces deux habitués des élections sont sur le starting-block ! L’ancien Premier ministre a fait face à Déby Itno en 2011 (6,23% contre 88,26%) ; de même le président du Mouvement des patriotes tchadiens pour la République (MPTR), Mbaimon Guedmbaye Brice reste jaloux de son score à la présidentielle d’avril 2016 (00,99%). Parmi les 13 candidats en lice, il a pu classer les candidats Djividi Boukar (0,68%) et Béassemda Julien (0,65%) aux résultats du Conseil constitutionnel. Cette année, il compte mieux faire, surtout que sa candidature est saluée par une partie de la jeunesse et que les poids lourds de l’opposition ont déserté le grand Sud.

Le cas Pahimi Padacké Albert.

A la présidentielle de 2011, il ne pesait pas encore sur la balance sur le plan politique, mais il a pu récolter des suffrages exprimés pour plus de 3 millions de votants. Si en 2016, il avait accompagné le candidat Déby, cette année, son parti vient de l’investir candidat pour la présidentielle d’avril 2021. Poids lourd, allié du MPS, le parti du coq Blanc a décidé de tourner le dos à son partenaire qui a du mal à respecter la parole donnée. La suppression de la primature et la déresponsabilisation dans l’administration publique des militants du RNDT-Le Réveil sont des exemples connus de tous. Voilà pourquoi, après une analyse minutieuse de la situation, les militants du RNDT-Le Réveil ont décidé d’investir leur président national pour faire face au candidat de la majorité présidentielle. Ce qui n’est pas sans conséquence. L’ancien Premier ministre, va désormais lancer sa « marche victorieuse vers le palais rose » ! Cependant, à entendre son président, le RNDT-Le Réveil demeure conciliant et reste ouvert au dialogue. « Nous avons en partage avec eux, une partie du bilan en débat pendant cette campagne, ils peuvent être sûrs que notre victoire sera pour eux, une garantie de vivre en paix et sans inquiétude, sous notre protection, dans ce pays qui est aussi le leur ».

Débat sur la participation au scrutin

En 2016, Idriss Déby Itno a été réélu pour un cinquième mandat controversé sur un score fleuve de 59,92 % de voix au premier tour. Depuis lors, tout le monde sait qu’il n'est pas légitime. Mais cela ne l’a pas empêché d’être cautionné par l’opinion internationale qui voit en lui le bouclier dans la lutte contre le terrorisme. Aujourd’hui, le même scenario se prépare. La majorité présidentielle s’est servi des moyens de l’Etat pour commencer la campagne en février 2020, marquée par de nombreuses tournées du Chef de l’Etat dans le Tchad profond. Ne voulant plus cautionner le faux, les  vrais candidats de l’opposition ont décidé de retirer leur candidature pour ne pas subir une fois de plus l’humiliation. C’est le cas de Saleh Kebzabo, Ngarlejy Koji Yorongar Le Moiban, Bongoro Benzouné Théophile. Mais la Cour suprême leur force la main et refuse qu’ils se retirent de la course !

Impasse de l'opposition

Dans les semaines à venir, les débats seront focalisés sur le boycott de la  présidentielle d’avril prochain. A l’heure actuelle, l’opposition n’a pas encore dévoilé sa stratégie de riposte. Mais déjà, certains estiment qu’en boycottant cette élection, le tour sera joué. Même si cette démarche est perçue comme une aventure sans issue par ceux qui prônent le dialogue.

Collaboration Journal Eclairages/Regards d’Africains de France

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