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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

C’est une épineuse question, dont beaucoup de pays dans le monde sont confrontés, plus particulièrement dans le continent africain. Malheureusement, ils n’arrivent pas à obtenir des vraies réponses. Dans une publication  de la RTBF avec ses différentes Agences, datant de lundi 15 février 2021 portant la signature de notre confrère Paul Verdeau , ils ont justement abordé la difficile question religieuse dans la transition démocratique soudanaise. En effet, deux ans après la révolution qui a évincé le dictateur Omar el-Béchir, au pouvoir entre 1989 et 2019, la transition démocratique tente de se mettre en place au Soudan. Parmi les mesures entreprises, celle de se détacher progressivement de la charia, la loi islamique, qui était appliquée de manière très stricte, malgré une apparente liberté de religion. Il faut dire que la question religieuse était au cœur des tensions ethniques entre le nord, majoritairement musulman, et le sud du pays, chrétien, devenu indépendant en 2011.En juillet dernier, le gouvernement de transition annonçait notamment la fin de la condamnation à mort pour apostasie (refus de la religion). Cette mesure était particulièrement attendue, cinq ans après la polémique autour de la condamnation de Meriam Yahia Ibrahim Ishag, une femme de 27 ans, fille d’un musulman, qui s’était mariée à un catholique. Parmi les autres directives censées détacher le pays de la charia, le gouvernement soudanais avait autorisé les personnes chrétiennes à vendre et consommer de l’alcool.Mais quelque chose n’est pas passé cette fois : le nouveau programme scolaire d’histoire, et notamment la présence, dans le chapitre sur la Renaissance en Europe, d’une reproduction de « La Création d’Adam », une peinture de Michel-Ange présente sur le plafond de la chapelle Sixtine.

 

Le mois dernier décrit le journaliste Paul Verdeau de la RTBF, Mohammed al-Amin Ismail, un imam proche d’Omar el-Béchir, profitait de la prière du vendredi pour attaquer cette reproduction, jugée « hérétique », car elle représente Dieu de manière figurée, ce qui, selon de nombreux théoriciens, est interdit en Islam. « C’est une insulte odieuse envers l’Etre divin de représenter son incarnation auprès des élèves », a estimé l’Académie du Fiqh (jurisprudence islamique) qui a publié un décret religieux interdisant l’utilisation du livre. Pire encore : « ce livre glorifie la culture occidentale comme étant la culture de la science et de la civilisation, contrairement à sa présentation de la civilisation islamique », ajoute-t-elle.Sous la pression, le Premier ministre Abdallah Hamdok a suspendu la réforme de l’enseignement le 6 janvier.En signe de protestation, le président du Centre national pour la recherche sur le programme scolaire et éducatif Omer al-Qarray a démissionné, mais le débat fait toujours rage. Les défenseurs du programme rappellent que la représentation de Dieu est mise en contexte, dans un programme qui n’a rien de religieux. « C’est une question très technique qui ne devrait concerner que les experts pédagogiques », explique Othman Mirghani, un expert soudanais, à l’AFP. « Mais c’est maintenant devenu une question sociétale et d’opinion publique ». L’analyste reproche au gouvernement de « ne pas parvenir à adopter la position politique appropriée, notamment sur les problématiques sensibles ».D’autant plus que la religion est au cœur de négociations politiques entre le gouvernement et certains groupes rebelles du sud du pays, comme le SPLM-N, dans l’Etat du Kordofan du Sud, qui exige une « approche sécularisée » de l’islam, c’est-à-dire une séparation de la loi civile des principes islamiques stricts. « Le gouvernement de transition a déjà montré sa réticence à s’occuper de la question épineuse de la charia », explique la journaliste soudanaise Zeinab Mohammed Salih dans un billet pour la BBC. « Avec ce recul sur le programme, il semble être plus préoccupé par le fait d’être en bonne entente avec l’aile conservatrice du pays que de refléter la diversité du pays, sur le plan racial, religieux et culturel, qui pourrait aider à mettre fin au conflit », note la correspondante.

Ahmat Zéïdane Bichara

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