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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le nom du successeur de la gambienne Fatou Bensouda en poste à la tête de la Cour pénale internationale depuis le 15 juin 2012, est révélé par les médias ce samedi 13 février 2021. Il s’agit du britannique Karim Khan qui prendra les rênes de l’institution judiciaire internationale, le 16 juin prochain. Selon la correspondante du journal Le Monde à La Haye, il dirigeait depuis 2018 l’enquête de l’ONU sur les crimes de l’Etat islamique (EI) en Irak. Il sera désormais le patron de la Cour pénale internationale (CPI).

Son élection est le résultat d’une rude bataille longue de près de vingt mois. Il a été élu procureur général, le vendredi 12 février, par 72 voix sur les 123 Etats membres que compte la CPI, réunis à New York. Karim Khan fera ses adieux à son équipe à Bagdad, où il coordonne depuis 2018 l’enquête de l’ONU sur les crimes de l’organisation Etat islamique (EI) en Irak.Le mandat du nouveau procureur âgé de 50 ans durera neuf ans. C’est une tâche ardue et colossale qui attend le nouveau procureur général, «Presque une sentence ! », théâtralise un juriste de la Cour. Au nombre des dossiers (13 au total) qui l’attendent figurent notamment les enquêtes sur l’Afghanistan et la Palestine, pour lesquelles Washington avait émis des sanctions contre Mme Bensouda, sanctions que l’administration Biden promet de réexaminer. De quoi s’agit-il ? C’est une affaire ouverte en mars 2020 concernant les crimes commis en Afghanistan aussi bien par les Talibans et les services sécuritaires du pays sans oublier les forces américaines et internationales.

L’affaire vise également les prisons secrètes de la CIA, en Pologne, en Lituanie et en Roumanie. Le volet palestinien de l’enquête de la Cour pénale concerne également les crimes de l’organisation Hamas et de l’armée israélienne lors de la guerre de l’été 2014 à Gaza et sur la colonisation des territoires. «En tant qu’avocat britannique, Khan sera confronté à des questions difficiles sur sa philosophie de poursuites vis-à-vis des puissances occidentales, en particulier du Royaume-Uni mais aussi des Etats-Unis et d’Israël », a estimé le chercheur Patryk Labuda sur Twitter.L’affaire Palestine sème la zizanie au sein même des Etats membres de la CPI. Avant le vote, vendredi soir, la délégation palestinienne s’est insurgée contre les récentes déclarations publiques des ministres des affaires étrangères allemand et hongrois, opposés à la compétence de la Cour en la matière. Un petit groupe d’Etats dénie même à Ramallah le droit d’afficher «Etat de Palestine » au sein de l’Assemblée. «Difficile de prédire ce que fera Karim Khan sur ces dossiers-là », avoue le délégué d’un Etat européen, s’empressant d’ajouter qu' il fera ce qu’il veut, pour le meilleur et pour le pire ». Une chose est sûre, le britannique a le mérite d'être un homme de caractère, parfois imprévisible, comme lors de cet incroyable coup de théâtre à l’ouverture du procès de l’ex-président du Liberia, Charles Taylor, en 2007. Il avait alors quitté la salle d’audience, refusant d’obtempérer aux injonctions du juge lui ordonnant de défendre son client contre son gré.

Moussa S. Yowanga

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