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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

A l’instar des leaders d’opinion soucieux de l’avenir du peuple et du Tchad, le compatriote Mahamat Nour Ahmed Ibedou s’acquitte d’un devoir habituel, celui de présenter ses vœux à la veille d’une nouvelle année qui s’annonce bien chargée politiquement. En avril 2021, aura lieu le 1er tour de l’élection présidentielle, suivie d’un second tour en mai s’il y a lieu, puis se tiendront les élections législatives en octobre et enfin les élections communales se dérouleront en avril 2022. Avant d’alerter les Tchadiens sur ce qui se trame sur leur dos, le défenseur infatigable des droits humains a tenu à présenter ses meilleurs vœux à tous les Tchadiens. Cependant, il invite les uns et les autres à la prise de conscience qui passe par une synergie d’action sans laquelle le pouvoir en place risque de se perpétuer ad vitam aeternam. Il met en garde les uns et les autres contre les divisions stériles qui font les affaires du système Deby. Il lance la sonnette d’alarme  sur les velléités rampantes d’Idriss Deby Itno devenu maréchal de se faire adouber empereur du Tchad avec la bénédiction de ses acolytes. Malgré la morosité de la situation du pays, il se veut optimiste en s’adressant à ses concitoyens : «Nous voilà aux portes de 2021 et à cette occasion, nous voudrions formuler une fois de plus comme nous l'avons toujours fait à l'aube de chaque nouvelle année, des vœux de bonheur, de prospérité et surtout de changement pour notre peuple dans son vécu quotidien. Parce que nous, Tchadiens, avons aussi comme les autres peuples, le droit d'aspirer au bien-être. Il est évident que le bonheur d'un peuple qui a subi et continue de subir depuis une trentaine d'années, les affres de la misère, de l'injustice au quotidien, des divisions ethniques et confessionnelles programmées ainsi que des conflits éleveurs-agriculteurs de plus en plus meurtriers suscités par le système Deby, le bonheur de ce peuple disais-je, passe impérativement par un changement de gouvernance. Ce changement de gouvernance passe à son tour nécessairement par une alternance à la tête du pays. Étant entendu qu'Idriss Deby que nous connaissons et qui a déjà installé son dispositif de fraude électorale à tous les niveaux, qui se prépare par conséquent à briguer un autre mandat présidentiel est réfractaire à toute idée de voir de son vivant, un autre citoyen à la tête du Tchad. La nécessité donc pour les forces vives (partis politiques d'opposition et société civile) de la nation de s'unir et d'agir est la seule alternative pour faire échec à cette folie des grandeurs qui se dessine à l'horizon. Le peuple tchadien, écrasé par 30 ans de dictature couverte par un saupoudrage démocratique, continue à subir la volonté de puissance d'un individu qui vient par son auto élévation au rang de maréchal, lui démontrer à lui, ce peuple exténué par la misère qu'il est le seul maitre à bords. Du coup, il vient de s'inscrire sur la sinistre liste des chefs d'Etat dont les noms sont et seront toujours synonymes de honte pour le continent africain tout entier».

Mahamat Nour Ahmed Ibedou de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de L’Homme(CTDDH) ne se fait guère d’illusion en ce qui concerne la crédibilité des futures élections. Il estime que l’opposition se fait flouer par le régime habitué à gagner par la fraude. Le plan machiavélique de Deby c’est de se maintenir vaille que vaille au pouvoir d’où : « Il n'est donc pas difficile pour des observateurs avertis de voir venir une dévolution monarchique du pouvoir avec la création de ce poste de vice-président du Tchad. Ce changement de la loi fondamentale a été au passage validé par une assemblée nationale aux ordres et du reste illégitime depuis 2015.Concocté à la faveur d'un « Forum inclusif », le poste de vice-président sera pourvu pendant quelques temps par un sous-fifre choisi à dessein, le temps pour Deby de limoger brutalement après quelques temps, le vice-président pour « incompétence », de créer une diversion qui occupera les attentions et à terme, c'est un de ses rejetons qui occupera ce fauteuil au moment où tout le monde sera occupé à commenter l'événement- diversion créé de toutes pièces pour la circonstance. Un troisième « forum inclusif » dont la prochaine tenue accouchera d'un statut d'empereur sera organisé dans deux ans et sera ainsi le couronnement de son rêve le plus secret qui sera celui de se voir appelé Empereur Idriss Deby Itno1er; se faisant, le statut de son fils qui sera entre temps prince héritier lui permettra de succéder à son père en toute légitimité. Ne nous y trompons pas; ce scénario que nous considérons comme surréaliste peut très bien se reproduire si un sursaut national ne se manifeste pas à temps. Il y'avait de cela dix ans, personne au Tchad n’aurait pu concevoir que Deby se ferait introniser Marechal en 2020. Le personnage nous a démontré à travers sa propension à vouloir humilier ses collaborateurs les plus brillants, sa volonté de chercher à écraser tous les Tchadiens par un pouvoir absolu, à les mettre sous coupe réglée à les faire souffrir au maximum, à les priver des besoins les plus élémentaires, à les maintenir dans la précarité à l'image des délestages intempestifs d'électricité etc. »

Pour faire barrage au rêve ultime de Deby de devenir à terme empereur, les Tchadiens ne peuvent pas compter sur les puissances occidentales qui brillent souvent par leur silence parfois complice. Il déplore le peu d’engagement de l’extérieur pour aider le peuple à se défaire d’un pouvoir dictatorial. Seule une mobilisation de forces vives pourra faire bouger les lignes et contraindre l’extérieur à porter un regard plus attentif concernant la situation au Tchad. Il consacre ainsi la fin de son message de vœux  au soutien incestueux de l’occident au régime impopimaore du président Idriss Deby Itno : «Traduit un sadisme primaire qui découle d'un complexe d'infériorité qu'il a toujours cultivé vis à vis des compétences du pays. Au regard de notre apathie et de nos divisions actuelles, l'absence de collaboration entre la société civile et les partis politiques d'opposition, la prochaine étape de cette démarche vers le trône d'empereur coulera de source parce qu’il n'y aura plus de répondant pour lui barrer la route. Jean Bedel Bokassa de la RCA de l'époque n'avait pas commencé autrement. Et la démocratie? Et les occidentaux? Et surtout la France ?, l'ONU? L’UA ? etc. Tout ce monde accepterait-il cette mégalomanie ? Me demanderez-vous? Je vous répondrai tout simplement que ce monde ne réagira que quand nous, nous aurons réagi. Ils viendront forcément nous appuyer parce qu’ils auront compris que nous aurons réagi contre une situation intolérable; mais tant que nous ne réagissons pas, ils continueront à observer comme nous, les dérives dictatoriales du système Deby et continuerons à entretenir des relations de coopération avec lui dont certaines lui permettrons à la limite de renforcer son appareil répressif contre ses concitoyens. Il est vrai par ailleurs que le courage et la détermination de nos camarades «les transformateurs »qui se sont traduits par l'organisation des marches pacifiques sauvagement réprimées est à saluer parce que ces actions citoyennes ont contribué à apprendre à nos jeunes la culture de la contestation; cependant, pour être efficaces elles doivent s'inscrire dans une dynamique d'ensemble qui permettra de fédérer les forces vives du pays pour des actions d'envergure; parce que nous avons en face de nous, une machine répressive qui a fait de la dispersion de nos énergies son principal cheval de bataille. Tous contre les velléités de Deby dans sa marche vers le pouvoir dictatorial et absolu et l'instauration d'un empire au Tchad. Bonne année à tous ! »

Moussa S. Yowanga/Ahmat Zéïdane Bichara

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