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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Ce beau reportage sur le Tigré en Ethiopie décrite comme une région en souffrance, eut été produit par notre consoeur Clara Weerts de la RTBF. Publié depuis le mardi 22 décembre 2020 par sa Rédaction, la journaliste Clara Weerts identifie l’Ethiopie dans son reportage comme un pays d’Afrique particulièrement marqué par la diversité de ses peuples. On y trouve plus de 80 ethnies différentes dispersées géographiquement. Cette diversité de cultures fait de l’Ethiopie une terre particulièrement riche mais aussi fertile aux conflits. Le Tigré est la région la plus au nord du pays. Elle est le berceau des Tigréens, la quatrième ethnie la plus représentée avec environ 4,5 millions de personnes selon les résultats d’un recensement datant de 2007. Le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) était au pouvoir en Ethiopie, de 1991 jusqu’à 2018 où il est alors entré dans l’opposition. La relation conflictuelle entre le FLTP et Abiy Ahmed, Premier ministre en place est une des principales raisons de ce conflit. Pour Costantinos Costy, professeur à l’université d’Addis Abeba, une chose est sûre : « Ce n’est pas une guerre civile. C’est un conflit politique entre le fédéral et la région. Ces citoyens n’ont rien demandé ».Au mois d’octobre, le gouvernement Ethiopien décide d’annuler les élections en raison de la crise sanitaire. Les leaders du FLPT (Front de libération des peuples Tigréens) refusent cette décision et organisent leurs propres élections. Ils craignent que le Premier ministre profite de la situation sanitaire pour freiner l’envol de leur parti, opposé.Patrick Ferras, docteur en géopolitique et auteur d’une thèse sur les Forces de défense nationale éthiopienne explique que l’offensive a démarré dans la nuit du 3 au 4 novembre. « Deux discours s’opposent sans que l’on puisse déterminer lequel est le vrai. Le Premier ministre a annoncé que les Tigréens auraient attaqué des éléments de l’armée éthiopienne stationnés au Tigré. Les Tigréens dénoncent une action des forces spéciales éthiopiennes venues pour arrêter leurs leaders action qui aurait échoué, ils auraient attaqué la caserne mentionnée par le Premier ministre ».Il s’en suit alors une série d’actes très violets. Les miliciens Tigréens massacrent environ 600 civils Amharas. Ils lancent ensuite plusieurs roquettes vers Asmara, la capitale de l’Erythrée, alliée du gouvernement. Alors que celui-ci a coupé toutes les lignes de communication de Tigré.

Selon toujours le reportage de notre consoeur Clara Weerts de la RTBF, les milices Erythréennes et Ethiopiennes se sont unies pour prendre le contrôle du Tigré. Ce qui en résulte est un véritable bain de sang et des pillages en masse. Les populations Tigréennes fuient vers le Soudan. On compte environ 50.000 Tigréens dans les camps de réfugiés.Les armées Erythréennes, appuyées par le gouvernement Ethiopien, ont attaqué la ville. Ils en ont profité pour piller les maisons des Tigréens. Ils sont partis avec des matelas, des médicaments et de la nourriture, laissant les habitants déjà heurtés par la guerre dans un état de grande détresse.Pendant plus de 7 semaines, les lignes de communication au Tigré étaient coupées par le gouvernement. Une démarche très violente pour l’ensemble de la population qui ne pouvait plus recevoir de nouvelles de ses proches. Les communications ont finalement été remises en état la semaine passée.Au début de la guerre, les Tigréens ont fui la zone en vitesse. Les fermiers n’ont pas pu récolter leurs céréales. Ils craignent que leurs terres n’aient été saccagées, ce qui empirerait encore une situation alimentaire déjà catastrophique. Certains habitants ont confié à AFP : « Nous donnons de l’eau bouillie aux enfants pour qu’ils aient quelque chose de chaud dans l’estomac ». Cette année, comme si ce n’était pas suffisant, a également été marquée par la pire invasion de criquets pèlerins depuis des décennies.Finalement, en plus du manque d’eau, d’électricité et de médicaments, les banques sont restées fermées pendant des semaines. Alors que le conflit faisait grimper le prix des denrées déjà rares, il était devenu impossible de se procurer de l’argent pour en acheter.La situation est dramatique pour Costantinos Conty : « Il faut savoir que, si la guerre continue, ce seront les habitants qui en paieront le prix. Ils ont déjà presque tout perdu, leur maison, leur famille, … Qu’est-ce qu’ils peuvent encore endurer après cela ? »

Elle termine son reportage en observant que beaucoup de Tigréens ont tout quitté pour survivre. Une grande partie d’entre eux a fui vers le Soudan, dans des camps de réfugiés. D’autres se cachent dans les grandes villes d’Ethiopie comme Addis Abeba, la capitale. Ils sont isolés et craignent le regard des autres habitants. Costantinos Conty explique « Le gouvernement pointe les Tigréens du doigt. Les autres Ethiopiens commencent à être suspicieux à leur égard. On ressent une discrimination ».Une Tigréenne réfugiée à Addis Abeba a confié une partie de son histoire à un journaliste de la VRT. Sa sœur, Tigréenne également, a été renvoyée de l’armée à cause de son origine. La plupart des Éthiopiens fuyant le Tigré cachent leur identité pour ne pas devoir souffrir de discrimination.Pour Costantinos Conty, il faudra attendre la fin de la guerre pour savoir ce qui s’est réellement passé. « Elle a commencé il y a à peine un mois. Nous n’avons que la version du gouvernement. Nous devons attendre d’entendre les personnes qui ont vécu cette guerre de l’intérieur ». Une chose est sûre, ce conflit laissera des blessures permanentes. Tout d’abord économique puisque la reconstruction demandera du temps et de l’argent. Mais aussi car certaines grandes villes du pays comme Axoum ne sont plus accessibles aux touristes. Les blessures les plus profondes seront celles entre les Ethiopiens et leurs voisins comme l’Erythrée et le Soudan. L’Ethiopie est déjà en discussion avec ce dernier pour redéfinir les frontières.

La Rédaction

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