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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Rien ne va plus en Amérique latine où la situation alimentaire inquiète particulièrement le Programme Alimentaire Mondial (PAM). C’est le journal de Montréal qui a rendu publique samedi 12 décembre cette information très préoccupante. Il y a lieu de craindre une augmentation des conséquences désastreuses telles que la recrudescence de la violence, des migrations et des protestations sociales liées notamment à la persistance de la pandémie et la récurrence des catastrophes naturelles dans cette région du monde.  «Les enquêtes que nous menons dans les pays où nous sommes présents montrent que 3,5 millions de personnes étaient en situation de grave insécurité alimentaire, nous en comptons aujourd’hui plus de 17 millions», a déploré le directeur du PAM pour l’Amérique latine et les Caraïbes, le Péruvien Miguel Barreto, dans un entretien avec l’AFP lors d’une visite à Managua. «C’est une situation assez critique», si l’on considère que les chiffres n’incluent pas «les personnes en situation d’insécurité alimentaire modérée, c’est-à-dire celles qui peuvent manger un jour sur deux», a-t-il- expliqué.  Près de 14 millions de personnes supplémentaires manquent de nourriture, non seulement en raison de l’impact de la Covid-19, mais c’est surtout à cause des mesures d’isolement social qui ont empêché les gens de générer des revenus pour survivre.

Les pays «les plus touchés en ce qui concerne l’insécurité alimentaire sévère, ces dernières années, ont été le Pérou et la Colombie». Et «si l’on parle de malnutrition chronique, le pays le plus touché est le Guatemala, suivi par Haïti». Selon le directeur régional du PAM, «avec la faim, on ne peut pas avoir de paix». En Amérique latine, «si nous n’arrivons pas à une sécurité alimentaire adéquate, il y aura plus de criminalité, plus de migrations, plus de violence, plus de soulèvements sociaux», a-t-il prévenu. Pour ce responsable régional du PAM, les problèmes d’accès à la nourriture en Amérique latine sont également liés à la violence, aux migrations, aux inégalités sociales et au changement climatique, avec par exemple deux puissants ouragans Eta et Iota – qui ont ravagé une grande partie de l’Amérique centrale en novembre. «Je n’avais jamais vu cette situation auparavant dans cette région, c’est la première fois», a-t-il souligné, après avoir visité, jeudi, la communauté indigène nicaraguayenne de Wawabar, l’une des plus touchées par les cyclones. L’inquiétude du PAM, qui a gagné cette année le Prix Nobel de la paix, s’est accentuée jeudi, craignant le surgissement d’une « pandémie de la faim » aux effets potentiellement plus dévastateurs que le Coronavirus.

Moussa S. Yowanga

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