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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                           Déli Sainzoumi Nestor, Eclairages

Des scènes verbales, des meurtres, on en a vu dans les rues de la capitale tchadienne. Il y en a encore au moment où nous mettons sous presse. Et il y en aura toujours tant que le pouvoir judiciaire ne sévit pas pour dissuader d’éventuels actes ignobles. Ce qui a choqué les consciences en octobre dernier, c’est l’acte posé par des agents de la police municipale dans l’une des rues de N’Djaména. Une vidéo a capturé cette barbarie et on y voit des agents de la Mairie torturer une femme jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse. La vidéo montre clairement que c’est une action collective des agents municipaux, ces disciples d’Arès (du nom du dieu de la guerre offensive et de la destruction dans la mythologie grecque). Et c’est le lot quotidien des femmes tchadiennes (femmes Mossos, veuves et filles mères) qui se débrouillent, à travers les petits métiers, pour joindre les deux bouts.

La violence ingurgitée par cette commerçante à la place publique est une humiliation pour tous les citoyens tchadiens (femmes et hommes confondus). Qu’a-t-on fait pour mériter une telle brimade ? Le comble dans cette histoire, c’est le silence des plus hautes autorités de la 4ème République. Dans aucun pays de droit, on n’accepterait qu’une femme soit violentée, humiliée pour un petit panier qu’elle portait. C’est un crime contre la dignité humaine, un acte digne des terroristes, des hommes sans loi ni foi. La vidéo a fait le tour du monde. De toutes les extrémités de la terre, les hommes se sont indignés. Mais au Tchad, les auteurs de cet acte ignoble et barbare ne sont pas inquiétés. La ministre de la femme et de la protection de la petite enfance, Amina Priscille Longoh, à la place d’une déclaration officielle et fracassante, a préféré aller rendre visite, en catimini, au Maire de la ville de N’Djaména. Et ce dernier, de grommeler du fond de son bureau que des sanctions seront prises à l’encontre de ces agents indélicats.

On le comprend, cette promesse n’est qu’une parole d’ivrogne, à forte raison, une folie verbale dans ce pays où chaque jour, on ramasse des cadavres dans les rues sans que cela n’émeuve les autorités. On aura constaté, quelques jours après la visite d’Amina Priscille Longoh à Oumar Boukar, les femmes commerçantes continuent d’être malmenées dans les marchés de N’Djaména. Au point de pousser Charfadine Galmaye Salimi à écrire : « si dans les semaines à venir, aucun signal politique fort n’est donné aux Tchadiennes, nous serons dans l’obligation d’appeler au lynchage de ces voyous qui harcèlent, torturent et dépouillent nos femmes. Il faut identifier tous les responsables de la police municipale des différents arrondissements de N’Djaména ». Nous ne sommes pas loin de l’opération « les municipaux, trop c’est trop ! ». Il s’agira d’une forme de Comités de vigilance, de jurys populaires qui se donneront la charge de réprimer, en live, les agents véreux qui, au lieu d’officier avec respect, s’en prennent à nos braves femmes qui souffrent pour le bifteck quotidien de leurs enfants. Les bavures policières, l’insensibilité et l’apathie de nos gouvernants, ce n’est pas nouveau ! En février 2016, une jeune lycéenne a été enlevée, séquestrée et violée par une bande de voyous issus de familles d’officiers supérieurs et d’une haute personnalité de la diplomatie tchadienne. Il a fallu l’indignation de la jeunesse et de celle de la gent féminine face aux sévices subies par la lycéenne Zouhoura (Mlle Zara Mahamat Yesko) pour que les plus hautes autorités et les forces vives de la nation réagissent.

Des manifestants ont failli accoucher une révolution. Quatre ans après, la rage des indignés n’a rien porté. Les violeurs sont allés prendre des diplômes dans leurs lieux d’exil et occupent aujourd’hui de hautes responsabilités dans l’administration tchadienne. Mais pour ce qui est des régulières altercations des agents municipaux avec les femmes dans les marchés, la population ne se laissera plus faire. Le cas de la femme malmenée dans la rue le 20 octobre 2020, ne restera pas impuni. Les citoyens le promettent à travers les réseaux sociaux. « Que la mairie prenne ses responsabilités sinon, la rue parlera », lâche Abdallah Moussa Mardaimy. La Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH) entend faire sienne la cause de cette femme brutalisée par les agents municipaux. La mesure est prise puisque les pouvoirs publics se distancent de la population qui ne fait que revivre les périodes les plus sombres de l’histoire du Tchad ; lesquelles périodes ont été marquées par des bavures de toute sorte. La bonne guerre va bientôt commencer, contre les forces du mal, contre ces hommes en treillis, ces agents véreux de l’Etat. Ceux qui s’érigent en coupeurs de route dans les rues et ruelles de la capitale, ceux qui chatouillent, bousculent et violentent nos femmes dans les marchés, etc. C’est aussi cela, le jeu démocratique. Aux décideurs de faire l’arbitrage pour étouffer dans l’œuf la guerre contre ces fils aînés de l’Arès qui, selon Ngarmbatina Lamane, « se livrent à des raquettes, des arnaques et autres bakchich indûment prélevés avec les bonnes dames dans nos différents marchés». Vivement !

Collaboration Journal Eclairages/Regards d’Africains de France

 

 

 

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